L’UIMM met en garde Bordeaux Métropole contre un risque de chaos urbain

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Tramway, gaz, fibre optique... les chantiers se multiplient à Bordeaux.
Tramway, gaz, fibre optique... les chantiers se multiplient à Bordeaux. (Crédits : Agence APPA)
Les conditions de circulation deviennent beaucoup trop difficiles et dangereuses à Bordeaux et dans sa Métropole dénonce l’Union des industries et métiers de la métallurgie Gironde-Landes (UIMM-GL).

Alors que les chantiers se comptent par centaines dans la ville de Bordeaux et Bordeaux Métropole, les entreprises membres de l'Union des industries et métiers de la métallurgie-Gironde Landes (UIMM-GL) ont décidés de lancer un cri d'alarme. Entre la construction de la future ligne D du tramway, les changements des tuyaux du gaz, l'installation de la fibre optique, la mise à deux fois trois voies de la rocade ou plus simplement la construction d'immeubles, la vie des automobilistes bordelais, entre ralentissements, déviations et bouchons devient chaque jour plus héroïque. Dans ce contexte l'UIMM-GL, présidée par Yannick Dufau (ASTF à Mérignac), entend faire connaître aux autorités métropolitaines la vive préoccupation de ses adhérents.

L'UIMM-GL met ainsi sept préjudices subis, avec, par ordre décroissant de nuisance :

  • l'augmentation des temps de déplacements professionnels ;
  • l'accroissement du risque routier pour les salariés, son incidence très importante pour les personnes et l'entreprise ;
  • le stress des salariés au travail, dans leurs déplacements et entre leurs déplacements ;
  • les difficultés pour les salariés de respecter les horaires de l'entreprise, avec des incidences en termes d'organisation et d'activité ;
  • la désorganisation des relations clients-fournisseurs, qui nécessitent rendez-vous, chantiers et déplacements ;
  • l'impact sur la capacité de l'entreprise à recruter (déplacement des candidats, estimation de leur futur temps de trajet par les salariés) ;
  • et l'impact global sur l'activité de l'entreprise.

Une invitation irresponsable aux déplacements doux

Le fort impact de ces nuisances renvoie à cette idée de sous-dimensionnement des infrastructures bordelaises qu'avait dénoncée l'an dernier Catherine Coutellier, alors présidente des syndics de Nouvelle-Aquitaine.

L'UIMM-GL stigmatise ainsi notamment une "insuffisante anticipation collective des infrastructures nécessaires au regard du développement des activités dans certaines zones", comme l'aéroport ou la rocade, "la mise en chantier simultanée de multiples et très nombreux travaux de voieries, grands travaux et petits travaux, sur des axes de circulation importants comme des voies moins importantes", l'aggravation "des conditions de circulation et du risque accidentogène dus dans ce contexte à l'anarchie actuelle des déplacements des deux roues, vélos, trottinettes, trottinettes électriques, rollers, etc.".

L'Union souligne que les salariés n'ont plus d'autre choix dans ce contexte que de prendre davantage de risques pour aller travailler en utilisant des deux roues et fustige le discours des élus sur les "déplacements doux", que le syndicat patronal juge "pour partie irréaliste, donc irresponsable".

Créer un outil de veille sur les travaux

L'UIMM-GL entend faire savoir que si les entreprises doivent faire face à davantage de risques et de contraintes, c'est à la suite de décisions prises sans suffisamment de réflexion et appelle "à la responsabilité et à la vigilance les décideurs et les services publics". L'UIMM-GL réclame au bout du compte un suivi spécifique de l'évolution des accidents de la circulation dans la Métropole.

Mais également la mise en place d'un outil de veille pour les entreprises concernant les travaux de voiries et leurs conséquences sur la circulation, un moratoire dans l'ordonnancement des travaux en cours, avec l'engagement d'une concertation opérationnelle impliquant "les représentants des activités présentes sur le site". Pour l'Union des industries et métiers de la métallurgie, Bordeaux Métropole, faute de créer une cellule de crise dédiée à la circulation, devrait au moins faire preuve de davantage "de prévention anticipatrice" à l'égard des usagers, dont bien sûr les entreprises et leurs salariés.

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Commentaires
a écrit le 05/07/2018 à 8:49 :
A ce niveau de bordellisation de la ville, on a largement dépassé le stade du risque.

En cadeau, on voit des (gros) rats en plein centre ville (dommage qu'on ne puisse pas poster de photo).
a écrit le 04/07/2018 à 16:23 :
Bordeaux et son grand bordel journalier. Mais le franchouillard du sud ouest aime sa bagnolle et ne veut pas y renoncer. Il utilise des moyens de déplacements cool type planche à roulette, etc. Il n'y a que le roller qui n'est pas trop pratiqué. Et comme la municipalité et la collectivité rigole de tout cela, dépassés par le succès de Bordeaux, qui va vite devenir un cauchemar : bientôt baisse de l'immobilier, fuite des emplois, etc..
Manqait plus qu'un syndicat, celui qui fournit les ouvriers pour Thalès etc.. vienne mettre son grain de 'sable' dans cette cette machine qui va s'arrêter.
Bordeaux, endormie, s'était légèrement réveillée, va pouvoir terminer sa sieste avant de devenir une ville de retraités, buveurs de narpi et amateurs de plages.

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