La CCI pousse un coup de gueule contre la desserte de l'aéroport de Bordeaux

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L'aéroport de Bordeaux enregistre une croissance du trafic quasi-constante, mois après mois
L'aéroport de Bordeaux enregistre une croissance du trafic quasi-constante, mois après mois (Crédits : DR)
Le président de la CCI de Bordeaux Gironde, de passage à la conférence de presse d'Hop ! Air France, a profité de sa prise de parole pour remettre en question les investissements programmés par Bordeaux Métropole en faveur de la desserte de l'aéroport. Pour l'élu consulaire, l'accès routier est trop oublié.

Tout droit sorti d'une réunion à la Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux Gironde, son président Patrick Seguin est arrivée au beau milieu de la conférence de presse bilan d'Hop ! Air France. Mais l'intervention de l'élu consulaire à la fin de ce rendez-vous n'est pas passée inaperçue. Avec le franc-parler dont il est coutumier, Patrick Seguin s'est fendu d'une charge dirigée contre Bordeaux Métropole et ses élus. La CCI girondine est actionnaire de la SA Aéroport de Bordeaux Mérignac à hauteur de 25 %. Relevant que la zone aéroportuaire se développe avec notamment l'opération d'intérêt métropolitain (OIM) sur Aéroparc, Patrick Seguin fait néanmoins le constat suivant :

"Le problème, c'est la thrombose du trafic routier matin et soir. Nous sommes en désaccord sur les investissements qui se font dans ce secteur. Nous sommes bien sûrs ravis que le tramway desserve l'aéroport, même si on parle maintenant de 2021 plutôt que de 2019. Mais tout le monde ne viendra pas en tramway à l'aéroport, ni via les pistes cyclables qui sont envisagées dans le programme."

Patrick Seguin, CCI Bordeaux Gironde

Patrick Seguin, président de la CCI Bordeaux Gironde (crédit Agence Appa)

Des voyageurs à vélo ?

Charentais d'origine, Patrick Seguin cite en exemple des amis qui préfèrent désormais se tourner vers l'aéroport de Nantes plutôt que de risquer d'affronter la rocade bordelaise pour accéder à l'infrastructure de Mérignac. Et s'il se dit parfaitement conscient que "parler voitures n'est pas politiquement correct", il enfonce le clou :

"Jusqu'à preuve du contraire, je n'ai pas vu beaucoup de voyageurs venant prendre l'avion mettre leur grosse valise sur le porte-bagage de leur vélo. 82 % des passagers y viennent en voiture. Demain, que les véhicules soient électriques ou sur coussins d'air, ils resteront principalement terrestres, à 78 % selon nos calculs. L'aéroport de Bordeaux est le seul desservi par un fichu carrefour à l'entrée, il nous faut un flux direct de circulation."

Et d'appeler la métropole et ses élus à investir également dans le réseau routier.

De son côté Pascal Personne, président du directoire de la SA Aéroport de Bordeaux Mérignac, a complété en mettant en valeur la capacité des parkings de proximité de l'aéroport, "avec 4.400 places soit presque trois fois celle de la gare Saint-Jean", et précisé deux opérations à venir : le parking P2 va être entièrement rénové et équipé d'un système de détection des places libres, d'auvents surmontés de panneaux photovoltaïques... et le P4 sera agrandi avec 700 places supplémentaires.

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Commentaires
a écrit le 07/12/2017 à 9:55 :
@rouelibre : oui, les faibles capacités des transports en commun sont ciblées pour accéder à la zone aéroportuaire. So what ? Imaginer des transports en commun "rapides" est un doux rêve quant à ce jour, partant en tram du terminus du Haillan, il faut 45' pour rejoindre le centre de Bx. Comment faire mieux ? Un métro aérien ? Stop au délire. Comme le dit le Pdt de la CCI, ce n'est pas à vélo que l'on vient à l'aéroport. Et on n'y vient pas que du centre de Bx par la navette. Arrêtons de fustiger la voiture qui permet aux non résidents de la CUB de venir en périphérie bordelaise, histoire de bosser, de se cultiver ou se faire soigner. Virons les 13.000 semi-remorques quotidiens de la rocade, principal facteur direct et indirect de la pollution urbaine, en construisant les "barreaux" est pour contourner Bx puisque le lobby du transport freine un vrai plan ferroutage national. Arrêtons d'alimenter une rocade à 2x3 voies avec des voies uniques ou complètement sous-dimensionnées (qui doivent faire rire les Toulousains et le Lyonnais). Un plombier, expert en fluide, se verrait condamner s'il est concevait une distribution d'eau à l'image de cette rocade conçue d'une façon cartésienne car ne tenant aucun compte de l'impact de son environnement qui l'alimente. La vision de l'aménagement de Bx Métropole et de ses satellites, est une vision auto-centrée que porte le Bordelais gentrificateur pur jus... même si Juppé est landais. L'exemple de la sortie 8 qui alimente le sud-ouest médocain, est aussi significatif que les axes qui alimentent la nouvelle zone de Thalès : obsolète dès leur inauguration car inefficace et générateur d'un merdier quotidien. Le transport des marchandises serait-il devenu prioritaire sur le déplacement de l'humain ? A croire que oui. Il y a un siècle, les Girondins bénéficiaient de multiples trains/trams quotidiens et réguliers pour se déplacer dans tout le département. Comparativement, alors que le réseau TBM est le premier réseau français de transports en commun (en nombre de km parcourus/jour), le Girondin d'aujourd'hui, privé de voiture, se déplace comme au début du XVIIème siècle. Les seuls qui fustigent la voiture (c'est branché), sont ceux pour lesquels ce n'est pas une besoin vital ou qui bénéficient d'un aménagement urbain "auto-centrifugé"... ou les amoureux des semi-remorques. Il s'agit donc de penser à un juste équilibre entre transports en commun et déplacement individuel, en y apportant une réflexion systémique et non partisane, et en y remettant l'homme au centre. Ce que nos aménageurs cartésiens ne semblent toujours pas comprendre, en déployant des actions parcellaires et court-termistes. Allo !? Y'a un politique qui réfléchit au-delà de son mandat ???
a écrit le 19/10/2017 à 14:29 :
Si il y a des problèmes d'accès à l'aéroport (et alentours), c'est justement du fait du manque de transports en commun rapide efficaces et d'infrastructures cyclables continues dans et autour de l'aéroport. Les zones proches de l'aéroport sont peuplées et l'activité importante, et par ailleurs Bordeaux métropole est un plan boom démographique. Dans ce contexte continuer à miser uniquement sur la voiture, mode de déplacement coûteux et à tout point de vue sous-optimal en zone dense, est un mauvais investissement pour l'avenir.
a écrit le 14/10/2017 à 15:41 :
Cet aéroport est géré d'une façon absurde, c'est évident.
Par exemple les longues déambulations des passagers "Volotea" pour arriver aux rampes à bagages...Pourquoi faire simple alors que l'on peut faire compliqué ,telle est votre devise.
a écrit le 12/10/2017 à 20:32 :
Quid dun coup de Gueule concernant le parking?
Le parking est saturé. Il faut la plus part du temps se garer au l'autre bout du parking; ce qui en temps de pluie un plaisir extrême....
À la gare be Bordeaux, le parking couvert permet directement d'accéder dans la gare et aux quais.
Une situation à améliorer qui entre dans la balance des plus en faveur de la LGV
PhC
a écrit le 12/10/2017 à 17:22 :
Oui les accès sont ''minables'' pour une métropole comme Bordeaux. Et en plus des accès, l'écoulement des taxis, cars, bus, véhicules est au dessous de tout. Les temps d'approche sont trop long. Les aménageurs doivent considérer que l'avion c'est pour les vacanciers qui ont le temps de trouver un parking. Réduire à une seule voie pour des raisons ''vigipirate'' est une véritable absurdité.

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