Logement et mobilité : quelles solutions pour avancer en 2018 ?

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(Crédits : Pascal Rabiller - Objectif Aquitaine)
Les maux sont bien connus : les prix des logements anciens et les temps de trajet s'envolent dans l'agglomération bordelaise. Chaque groupe politique avance ses solutions plus ou moins consensuelles. Un syndicat mixte des mobilités pourrait voir le jour dès 2018. Suffisant pour débloquer la situation ?

Prix de l'immobilier et temps de déplacement : deux valeurs qui sont clairement orientées à la hausse dans la métropole bordelaise ces derniers mois. Si bien que ces questions n'ont cessé de cristalliser l'attention politique et médiatique tout au long de l'année 2017 qui s'est d'ailleurs conclue par un conseil métropolitain extraordinaire dédié, jeudi 21 décembre. L'occasion pour chaque camp politique de présenter ses idées à court, moyen et long terme.

"Ce conseil extraordinaire a été très riche et très constructif et a notamment permis l'adoption d'une délibération sur la mobilité par tous les groupes politiques à l'exception des Verts qui s'opposent au grand projet ferroviaire du Sud-Ouest et au grand contournement autoroutier", s'est félicité Alain Juppé, le maire de Bordeaux et président de la métropole.

Le président de l'agglomération a, à nouveau, renvoyé l'Etat et la région Nouvelle-Aquitaine à leurs responsabilités respectives sur l'élargissement de la rocade, la réalisation du grand contournement et le fonctionnement des TER.

Vers un syndicat des mobilités dès 2018 ?

Le principal point de convergence entre tous les acteurs est la mise en place d'une gouvernance commune et resserrée sur la question des mobilités associant l'Etat (le préfet) et les présidents de Bordeaux Métropole, du Département de la Gironde et de la Région Nouvelle-Aquitaine. "Il y a une volonté unanime pour avancer rapidement sur cette instance que je réclame depuis trois ans. Je suis disponible pour y travailler dès le mois de janvier", indique Alain Juppé. Cela pourrait permettre d'accélérer les prises de décisions et, à terme, de dessiner les contours d'un titre de transport unique et multimodal dans l'agglomération.

Le maire de Bordeaux souhaite par ailleurs relancer le grand contournement autoroutier de la ville, au grand dam des écologistes qui jugent ce projet caduque et irréalisable, tandis que les socialistes n'y sont pas opposés. "Certains serpents de mer finissent par s'imposer mais je ne me fais aucune illusion, ce n'est pas pour demain", reconnaît cependant Alain Juppé qui doit faire face à l'agacement croissant des usagers de la rocade.

A plus court terme, en 2018 et 2019, la Métropole prévoit donc un plan d'une vingtaine d'actions plus concrètes pour tenter de fluidifier la circulation dans l'agglomération. Cela passera notamment par le développement du réseau cyclable (plan vélo de 3 M€ en trois ans) et le réaménagement de plusieurs points de congestion (pont François Mitterrand et pont Saint-Jean notamment).

La mobilité : un service public ?

De son côté, le PS porte la "notion de service public de la mobilité pour éviter une fracture sociale et territoriale" en développant notamment les lignes de bus et les stations VCub là où elles sont encore manquantes. "Il faut penser le déplacement comme un service public de base pour tout le monde quel que soit le lieu de résidence. Aujourd'hui, on réserve le pont de pierre aux vélos mais il n'y a pas de VCub à La Benauge !", fait valoir Emmannuelle Ajon (PS).

Plus largement, les élus socialistes et les écologistes proposent de développer le télétravail, le covoiturage, les tiers-lieu, les pistes cyclables, l'usage de la bande d'arrêt d'urgence sur la rocade aux heures de pointe, la réalisation de parkings de délestage pour les poids lourds, les véhicules électriques, etc... "Mais sur tous ces sujets, pour l'instant on reste à l'échelle de politiques gadgets : il est grand temps d'investir réellement et massivement en moyens financiers et humains", remarque Vincent Feltesse (PS), qui propose un péage urbain et une écotaxe régionale pour financer ces actions.

Ce dernier pointe également "l'absurdité d'avoir trois contributions différentes aux Assises de la mobilité au niveau de la métropole, du département et de la région : c'est révélateur des problèmes de gouvernance actuels."

Réduire le poids de l'investissement locatif

Sur le front du logement, la situation n'est pas meilleure avec le prix des appartements anciens qui a encore bondi fin septembre. Alain Juppé considère qu'il faut continuer à construire pour répondre à la demande et privilégier "l'urbanisme négocié" pour influer sur les choix des promoteurs.

Mais alors que l'investissement locatif représente 70 % des logements neufs de la métropole (58 % à Bordeaux), l'opposition réclame un rééquilibrage rapide vers l'accession à la propriété : "A Lyon, l'investissement locatif ne pèse que 35 %. Il faut au moins tendre vers 50/50 en conventionnant avec les promoteurs. Ce rééquilibrage est peu coûteux et facile à mettre en œuvre", observe Emmanuelle Ajon tandis que sa collègue Michèle Delaunay rappelle que "l'offre de logements neufs doit répondre aux besoins et aux souhaits des Bordelais pas aux attentes des investisseurs !"

Du côté de la majorité, Alain Juppé partage l'objectif de 50/50 mais estime qu'il n'a "pas de moyens de contraintes sur les acteurs privés" tout en rappelant que Jacques Mangon, son vice-président à l'urbanisme, discute actuellement avec les aménageurs, promoteurs et lotisseurs pour aboutir à une charte de bonne conduite en 2018, notamment pour limiter la densité et l'inflation du prix du foncier.

Enfin, le groupe PS appelle à mener une réelle évaluation du fonctionnement des ZAC (zones d'aménagement concerté) déjà réalisées, comme à Ginko, pour ne pas reproduire les mêmes erreurs à Bastide-Niel par exemple.

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a écrit le 02/01/2018 à 13:46 :
La "mobilité", c'est la quadrature du cercle ne serait-ce que parce qu'il faut bien vendre les voitures qui sont produites...qui représentent des centaines de milliers d'emploi chez les constructeurs, les sous-traitants. Les politiques sont impuissants devant les enjeux économiques, le futur de la "mobilité" ne peut aller que de mesurettes en cataplasmes si on continue à vouloir faire grandir les villes, alors qu'il leur faudrait une cure d'amaigrissement.
Réponse de le 02/01/2018 à 16:23 :
Vous avez bien raison et c 'est itou à Paris ,Toulouse , Marseille , Lille ,Lyon ...
Et comme plus personne ne veut de rocades, voies ferrées ou aéroport à coté de chez lui et que amaigrissement rime avec appauvrissement ...
No future .
a écrit le 02/01/2018 à 13:20 :
pour bien avancer, un impot ! apres les impots sur les carburants, on attend avec impatience les impots sur le logement.......... quand les gens ne peuvent plus bouger, c'est la qu'il faut les tartinner!
Réponse de le 02/01/2018 à 16:28 :
"les impots sur le logement"
j'ai des idées : impôts locaux et impôts fonciers, voire droits de mutation (frais de Notaire + impôts + impôts) quand on achète un bien. Ça ira ? Y a aussi le loyer virtuel pour les propriétaires (Norvège).
"quand les gens ne peuvent plus bouger" dans quels cas ? Trop âgés ? Si vous travaillez dans votre rue, rien ne vous empêche de vous éloigner en banlieue pour payer moins cher (sauf les transports à ajouter)
a écrit le 31/12/2017 à 17:56 :
Il y a beaucoup de non dits et de petites phrase assassines. Un article qui n'éclaire en rien le bordelais métropolitain sur les luttes intestines au sein de la métropole.
" Pas les moyens de contraintes sur les acteurs privés" bien oui quand la loi, le PLU sont largement profitables aux acteurs de l'immobilier.
Une charte n'a aucune valeur juridique par conséquence pas efficace cela a pour seul effet de faire de la communication politique.
Dans le problème du logement il y a l'intérêt bien compris de ceux qui bénéficient ou qui espèrent bénéficier d'avantages +/-cachés de l'offre;

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