Pesticides : la Nouvelle-Aquitaine veut doubler la part des produits de biocontrôle d'ici 2026

Le président (PS) de la Région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset entend tenir son objectif de sortie des pesticides d'ici 2030. D'où l'importance de la signature de la feuille de route sur le biocontrôle et les biosolutions 2022-2026 dans le cadre de l'ambition régionale Neo Terra. Ce document doit notamment permettre de doubler la part des solutions de biocontrôle dans le total des produits phytosanitaires utilisés dans la région.

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La Région Nouvelle-Aquitaine veut doubler d'ici 2026 la part des produits de biocontrôle utilisés par les agriculteurs et viticulteurs sur son territoire.
La Région Nouvelle-Aquitaine veut doubler d'ici 2026 la part des produits de biocontrôle utilisés par les agriculteurs et viticulteurs sur son territoire. (Crédits : iStock)

"Nous sommes la seule Région où l'État et le Conseil régional ont initié le lancement d'une filière dédiée au biocontrôle et au biosourcing (biosourçage, ndlr) et aux biosolutions... Depuis plusieurs années nous appuyons les entreprises pour les aider à réussir leur sortie de la chimie de synthèse. Ce n'est pas la seule action, en plus nous lançons aussi « One Health » (1), pour une seule santé, humaine, vétérinaire... ", a ouvert Alain Rousset.

C'était à l'occasion de la signature de la feuille de route biocontrôle et biosolutions 2022-2026, le 15 avril dernier dans l'amphithéâtre de l'Hôtel de Région, avec une série de partenaires (2) et notamment en compagnie d'Andréa Brouille, vice-présidente en charge du développement économique, de l'innovation et de l'accompagnement de la RSE des entreprises, et de Jean-Pierre Raynaud, vice-président en charge de l'agriculture.

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Ne plus attendre aussi longtemps pour les homologations

Avec cette feuille de route, la Nouvelle-Aquitaine veut s'imposer comme la première région pilote en matière de développement du biocontrôle et des biosolutions. En utilisant par exemple les microalgues pour lutter contre le mildiou et l'oïdium, des maladies récurrentes et très pénalisantes pour de nombreuses cultures, dont celle de la vigne. Il s'agit de mobiliser des ressources naturelles pour combattre pathologies et prédateurs. C'est le fondement de la démarche agroécologique et du biocontrôle qui sont les voies royales pour en finir avec l'usage des pesticides de synthèse dans les filières agricoles et agroalimentaires en 2030, comme annoncé par la Région. Si la route est encore longue, le président de la Région s'est félicité du chemin parcouru.

"Nous sommes sur la bonne voie mais il faut s'adosser au cluster biosécurité biocontrôle que nous avons créé il y a deux ans à Buzet [en Lot-et-Garonne, ndlr]. La créativité est possible, avec la mise sur le marché de produits testés, comme les microalgues contre le mildiou et l'oïdium. Il est normal que ces produits soient testés pour homologation mais on ne va pas non plus passer notre temps à attendre ! On ne peut pas tester ces produits en 2025 en attendant de les faire homologuer en 2030 par l'Anses !" a prévenu Alain Rousset avec une pointe d'agacement contre l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.

Le patron de la Région n'apprécie que modérément les méthodes d'analyses, d'une durée qu'il juge anormalement longue, utilisées par l'Anses vis-à-vis de ces nouvelles techniques de lutte écologique au profit des cultures.

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Le biocontrôle en chiffres


  • En France, le marché des produits phytosanitaires chimiques et naturels pèse autour de deux milliards d'euros. Dans ce total, le biocontrôle représentait en 2020 12 % de parts de marché, soit 236 millions d'euros (+9 % sur un an), selon les chiffres de deux lobbys professionnels UIPP et IBMA. Environ 18 % de ces 236 millions d'euros est acheté par des entreprises de Nouvelle-Aquitaine, selon la Région. Parallèlement, 13 % de tous les produits phytosanitaires achetés en Nouvelle-Aquitaine sont des produits de biocontrôle. Une part que la feuille de route souhaite porter à 25 % en 2026. Dans le même temps, l'objectif est aussi de doubler le chiffre d'affaires des 25 entreprises industrielles productrices de solutions de biocontrôle en Nouvelle-Aquitaine.

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Une feuille de route en quatre axes

Pour favoriser la sortie des pesticides et accompagner la transition agroécologique, la feuille de route Neo Terra 2022-2026 s'appuie donc sur un plan d'actions organisé en quatre axes :

  • Fédérer les acteurs du biocontrôle et des biosolutions en Nouvelle-Aquitaine. En s'appuyant sur le cluster existant, en développant une plateforme Internet dédiée, en organisant des journées thématiques.
  • Accompagner la recherche et soutenir l'innovation. Et pour cela mobiliser la recherche, soutenir le développement des structures de transfert, créer des liens entre recherche et entreprises, assurer le financement de l'innovation, obtenir l'appui des pôles et des clusters.
  • Faciliter l'accès au marché des produits de biocontrôle et biosolution. En guidant les entreprises dans les circuits réglementaires, en instaurant une collaboration avec l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), en faisant des propositions concrètes pour faire évoluer la règlementation.
  • Accélérer le déploiement des produits. Ce qui consiste en Nouvelle-Aquitaine à structurer un réseau d'expérimentation pour avoir des données robustes ; diffuser les résultats et vulgariser les pratiques ; accompagner le changement sur les plans technique et financier ; recourir à la formation initiale et continue.

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Le regard du Ceser

Dans son avis sur le sujet, le Ceser (conseil économique, social et environnemental régional) salue l'adoption de cette feuille de route mais appelle à ne pas s'en contenter et à "repenser globalement les pratiques agricoles" :

"Pour pleinement atteindre l'objectif de transition agroécologique, la feuille de route devrait par ailleurs s'inscrire plus résolument dans la volonté de préserver la biodiversité, notamment par une gouvernance élargie aux acteurs de la biodiversité et par un suivi spécifique de l'effet des produits de biocontrôle et des biosolutions sur les écosystèmes", ajoute cette instance régionale consultative.

(1) « Une santé » (ou plus sûrement « Une santé globale »). Ce mot d'ordre, qui en français et même en anglais n'a pas vraiment de sens par lui-même, est censé représenter un concept aussi complexe qu'engageant, celui qui définit la santé comme un bien public mondial, au carrefour des mondes animal, humain et environnemental.

(2) La Draaf, Agri Sud-Ouest Innovation, la Chambre régionale d'Agriculture de Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux Sciences Agro, l'Inrae Nouvelle-Aquitaine, l'Acta, la Coopération agricole de Nouvelle-Aquitaine, le GIE de la transition écologique en agriculture et le Négoce agricole centre Atlantique.

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Commentaire 1
à écrit le 22/04/2022 à 18:52
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Une.posture courageuse de la part de Rousset, on comprend son agacement étant donné que le lobby agroindustriel contrôle les contrôles mettant du temps à valider les méthodes plus naturelles tandis que sur 500 nouvelles molécules sorties chaque année...

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