Circouleur lève les freins au recyclage de peinture et accélère (1/3)

Circouleur va pouvoir accélérer son développement. L’entreprise bordelaise qui fabrique des peintures recyclées à partir de déchets de peintures depuis 2017, vient de lever 1,2 million d’euros et a signé un partenariat opérationnel avec Sarp Industries, filiale de Veolia. Elle accèdera plus facilement aux déchets de peintures et augmentera sa production pour viser un fonctionnement industriel.

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Maïlys Grau, présidente fondatrice de Circouleur, s'occupe de la reformulation en laboratoire.
Maïlys Grau, présidente fondatrice de Circouleur, s'occupe de la reformulation en laboratoire. (Crédits : Circouleur)

"Si nous sommes aujourd'hui très soutenus, au début, il a fallu convaincre ! Nous étions vus comme des originaux, des idéalistes", reconnait Maïlys Grau, présidente fondatrice de Circouleur qui franchit une nouvelle étape. La société bordelaise, qui fabrique des peintures recyclées depuis 2017, annonce avoir levé 1,2 million d'euros auprès d'investisseurs et de prêts bancaires.

Dans le détail, 242 investisseurs ont rejoint l'aventure via la plateforme de financement participatif Lita qui soutient les projets à impact positif et à qui avait été allouée 330.000 euros. Circouleur entend ainsi renforcer l'équipe commerciale et développer sa propre usine de fabrication. Elle recherche actuellement des locaux de 1.000 m2, idéalement dans les environs de Blanquefort où elle est déjà installée.

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L'accès à la matière première

Mais au-delà de ces financements, Circouleur annonce surtout avoir signé un partenariat opérationnel avec Sarp Industries, filiale de Veolia, qui va lui permettre d'accéder plus facilement aux déchets de peintures et d'augmenter ainsi considérablement sa production.

"Le plus gros frein pour nous aura été l'accès au gisement de déchets alors que celui-ci est potentiellement énorme : 28 millions de litres de peintures acryliques sont envoyés à l'incinération chaque année", explique Maïlys Grau.

Pour Circouleur, le process est le suivant : elle récupère les pots de peinture inutilisés en déchetterie, prend ce qui peut être recyclé, trie les peintures en fonction de leur famille de couleurs et les place dans de grands fûts. C'est alors que débute le travail de reformulation en laboratoire qui constitue le savoir-faire de Maïlys Grau, chimiste de formation. La recette est ensuite appliquée à grande échelle. "Nos peintures contiennent au moins 70 % de matière recyclée", assure-t-elle. 66 tonnes de peintures ont, jusqu'à présent, été fabriquées par Circouleur à partir de déchets de peintures.

Structuration de la filière

Pour y parvenir, "il a fallu structurer la filière et tisser des partenariats avec des structures qui ne sont pas dans la même temporalité que les startups", reconnait Maïlys Grau. Première étape ? Elle s'est installée sur la plateforme de Pena Environnement à Bordeaux où elle effectue le tri des peintures. Avec ce nouveau partenariat signé avec Sarp Industries, leader du traitement des déchets dangereux en Europe, Maïlys Grau affiche ses ambitions :

"Nous avons vocation à être sur toute la France tout en nous rapprochant au plus près de la source des déchets, pour une empreinte carbone réduite."

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Ce partenariat se matérialisera par l'ouverture de nouvelles plateformes de recyclage Circouleur en France, directement sur les sites existants de Sarp Industries. Une première plateforme en cours d'installation sera opérationnelle dès le premier trimestre 2022.

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