E-commerce : la startup Akewatu lève 1M€ pour s'imposer sur le marché des sports de glisse

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Julien Martel (à gauche) est l'un des trois fondateurs d'Akewatu dont le lancement commercial est intervenu au printemps 2017.
Julien Martel (à gauche) est l'un des trois fondateurs d'Akewatu dont le lancement commercial est intervenu au printemps 2017. (Crédits : Akewatu)
Acheter ou vendre son matériel de surf, de ski ou de snowboard, neuf ou d'occasion, avec des conseils clients et une garantie qualité : c'est la promesse d'Akewatu, une place de marché sur internet créée fin 2016 par trois entrepreneurs du Cap-Ferret. La jeune pousse vient de lever 1 M€ auprès de business angels pour exporter son modèle au Royaume-Uni et s'ouvrir au kite-surf et au cyclisme. Une croissance impérative pour s'imposer face aux concurrents, dont un autre Girondin : le site La Bonne Glisse.

"Nous sommes partis du constat que Facebook et Le Bon Coin ne répondent pas aux besoins des amateurs de surf qui cherchent à s'équiper et/ou à revendre leur matériel. Nous avons donc décidé de lancer une place de marché dédiée aux sports de glisse - surf, ski et swowboard - avec des produits neufs, déstockés ou d'occasion amenés par des professionnels ou des particuliers", raconte à La Tribune Julien Martel, 36 ans, le PDG et l'un des co-fondateurs d'Akewatu avec Nicolas Drouet, 36 ans, qui tient le surfshop Nico Beach à Grand Piquey, et Franck Bonniface, 45 ans, ancien responsable financier de Vestiaire Collective, site de dépôt-vente en ligne dédié au luxe.

15 à 25 % de commission

Fin 2016, les trois entrepreneurs réunissent 260.000 € auprès de leurs proches pour lancer le projet Akewatu qui prend la suite du site worldgliss.com, sur lequel Julien Martel et Nicolas Drouet travaillaient depuis 2015. La nouvelle place de marché est finalement opérationnelle en avril 2017. Un an plus tard, Akewatu revendique 6.000 références, dont la moitié sont des planches de surf, et 1.300 produits vendus pour un panier moyen de 425 € et un volume d'affaires de 550.000 € (*). Le chiffre d'affaires s'établit à 105.000 € issu des commissions perçues auprès des vendeurs qu'ils soient particuliers ou professionnels. C'est là le cœur du modèle économique de la plateforme :

"Nous prélevons entre 15 et 25 % du montant de chaque transaction effectuée par le biais d'Akewatu. Cela peut paraître important mais c'est en ligne avec les gros acteurs de l'e-commerce et cela correspond au service que nous apportons", explique Julien Martel.

En contrepartie, Akewatu met en avant des facilités de paiement, assure la partie logistique sur un marché où "90 % des ventes se font à une distance moyenne de 500 km" et, surtout, offre une garantie qualité qui n'existe pas sur les sites classiques de petites annonces :

"Si vous voulez vendre votre planche de surf, on vous propose de l'amener dans l'un de nos 170 magasins partenaires en France pour qu'elle soit certifiée par un professionnel. On peut aussi faire une validation par vidéo. Cela permet d'être certain de ce qu'on achète ! On propose également des conseils par téléphone qui sont neutres puisque nous n'avons aucun intérêt à vendre une marque plutôt qu'une autre", assure le PDG.

Akewatu

L'équipe d'Akewatu lors d'un séminaire d'entreprise (Crédits : Akewatu)

1 M€ pour se déployer au Royaume-Uni

18 mois après sa création, la jeune entreprise compte déjà, en plus de ses trois fondateurs, onze salariés en CDI et trois stagiaires - essentiellement des développeurs web et des responsables marketing - et cherche à recruter un développeur web full stack. Et pour poursuivre sa croissance, Akewatu vient de réussir un joli tour de table en levant 1 M€ exclusivement auprès de business angels privés. Il s'agit notamment de Didier Kuhn, membre du board d'Invivox, Blalacar et Drivy, Marc de Beffort, entrepreneur et ex cadre de Monster, Henrique Fernandes, co-fondateur de Vestiaire Collective, et Stépahne Enten, directeur technique d'Iguane et ancien cadre de Dailymotion.

"On a validé notre preuve de concept et on veut montrer que ce modèle est duplicable dans d'autres pays et pour d'autres sports mais en continuant à travailler avec des personnes de confiance qui nous apportent aussi leurs conseils", fait valoir Julien Martel, qui continue à détenir 61 % du capital de l'entreprise avec ses deux associés. Avec ce million d'euros, la startup va pouvoir se financer pendant 18 mois et engager plusieurs chantiers de front. Le support technique du siteen améliorant l'interface, les algorithmes de ciblage et le suivi des tendances d'achats et de recherche ; le développement de l'application mobile ; l'intégration des matériels de kite-surf et de vélo et l'implantation au Royaume-Uni dès le début du mois d'août. La startup du Cap Ferret prépare également une offre de location de planches de surf en leasing.

La plateforme est actuellement opérationnelle en France ainsi qu'en Belgique et en Suisse mais seulement pour les acheteurs. Le marché britannique sera lui-aussi réservé aux seuls acheteurs, le temps de constituer un réseau de magasins partenaires. Si le marché britannique réagit bien, viendront ensuite l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie afin d'asseoir une dimension européenne. "L'objectif est d'atteindre 2,5 M€ de volume d'affaires en 2019 et 12 M€ en 2020", indique le PDG. Une croissance forte qui doit permettre d'atteindre l'équilibre l'an prochain sur le marché hexagonal et à l'horizon 2021 en Europe.

Une 3e levée de fonds déjà dans les tuyaux

Tout l'enjeu sera en effet de grandir suffisamment rapidement alors que la concurrence se densifie sur ce créneau de l'e-commerce des sports de glisse : outre le britannique Surfdome, spécialisé dans le neuf, deux autres acteurs régionaux ont un modèle proche de celui d'Akewatu : les Biarrots de Woodstockshop et les Girondins de La Bonne Glisse, installés à La-Teste-de-Buch, qui ne prélève que 7 % de commission. "La concurrence est positive parce qu'elle confirme qu'il y a une demande même si nous ne sommes pas tous sur le même modèle. Bien sûr qu'on regarde ce qui se fait chez les autres et il y a d'ailleurs de bonnes idées mais on se concentre sur notre propre développement avec l'objectif d'aller vite sans s'éparpiller", réagit Julien Martel.

Parallèlement, Akewatu prévoit déjà de procéder dans 18 mois à une troisième levée de fonds de plus grande ampleur auprès de fonds en capital risque pour un montant de 5 à 6 M€. L'objectif sera alors de traverser l'Atlantique pour se frotter au marché américain.

(*) Le volume d'affaires est un indicateur utilisé par les places de marché de vente en ligne. Il correspond aux montants des transactions effectuées par le biais du site sur la base des commandes validées et expédiées TTC. Le chiffre d'affaires d'Akewatu correspond aux commissions perçues par l'entreprise sur ces transactions.

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