Innovation : 6 startups qui modernisent l'agriculture

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De gauche à droite : Clément Soulier (Entomo farm), David Joulin (Ekylibre), Florian Breton (Miimosa), Jean-Michel Lamothe (votremachine), Pierre-Antoine Foreau (comparateuragricole) et Nicolas Daüy (Cap 2020 et inventeur du piège Captrap)
De gauche à droite : Clément Soulier (Entomo farm), David Joulin (Ekylibre), Florian Breton (Miimosa), Jean-Michel Lamothe (votremachine), Pierre-Antoine Foreau (comparateuragricole) et Nicolas Daüy (Cap 2020 et inventeur du piège Captrap) (Crédits : S.C.)
Dans le cadre du salon de l’agriculture de l’agriculture Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, Agri Sud-Ouest Innovation et le Crédit agricole d’Aquitaine ont mis en avant six startuppers qui innovent dans l’agriculture.

En guise de préliminaire à l'ouverture de la couveuse à startups du Village by CA Aquitaine, à Bordeaux, Le Crédit agricole d'Aquitaine a organisé le pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest Innovation une rencontre avec des startups innovantes du secteur agricole. Pierre Bougault, délégué territorial Aquitaine du pôle compétitivité de l'association Agri sud-ouest innovation, et Ludovic Charbonnier, responsable marché, agriculture, forêt et mer au Crédit agricole d'Aquitaine, ont profité du Salon de l'agriculture pour réunir, à l'occasion d'une conférence "Des startups au service d'une agriculture innovante", six entreprises dont cinq introduisent le numérique dans le financement, la production et la gestion agricole.

Parmi elles, comparateuragricole.com, lancée il y a un mois, propose ses services pour la vente et l'achat de produits agricoles. Cette startup donne une vision du marché agricole local et propose aux agriculteurs de comparer les prix et services que proposent des acheteurs de la région. Elle n'opère pour l'instant qu'en Eure et Loir, Loiret, Loir-et-Cher mais elle prévoit d'étendre son service sur tout le territoire national prochainement.

Les insectes : une alternative nutritive économe et écologique

La startup Entomo farm, elle, veut se servir des insectes pour nourrir le bétail plus sainement et de manière moins couteuse. Clément Soulier, directeur industriel d'Entomo farm, se prépare pour le jour où les humains mangeront des produits à base d'insectes pour palier les problèmes mondiaux de la surexploitation des terres, de la malnutrition et de la famine. En attendant, il a fondé avec Grégory Louis une entreprise qui élève des insectes et produit des farines et huiles d'insectes pour nourrir les bêtes d'élevages. Les insectes ont une forte valeur nutritionnelle car ils sont très riches en protéines. De plus l'élevage d'insectes est source d'économie : pour produire 1 kg d'insectes, il faut moins de 2 kg d'aliments et environ 5 litres d'eau. Cette production a aussi une faible empreinte carbone : les élevages de vers de farine, criquets et grillons émettent 100 fois moins de gaz à effet de serre que les élevages ovins et porcins.
La réutilisation de l'énergie et des sous-produits que l'entreprise assure à chaque étape de production limite encore plus les coûts et les nuisances sur l'environnement.

Lire également : "Fermes d'insectes : Entomo Farm lève 1,2 M€"

Ekylibre : le logiciel libre de la gestion agricole

Ekylibre est un logiciel de gestion pour les exploitations agricoles qui permet de faire la comptabilité de l'exploitation, de gérer les relations entre clients et fournisseurs, de gérer les stocks, les productions... Il met aussi à la disposition des agriculteurs des outils pour faire des calculs, gérer des documents, prévoir la météo etc.
David Joulin insiste sur le caractère libre de son logiciel, qui permet à ce dernier de se développer avec les modifications que peuvent apporter les utilisateurs. Les utilisateurs, qui doivent payer un abonnement de 29 € par mois, peuvent aussi modifier l'interface du logiciel à leur convenance.  
Ekylibre est une startup qui vise haut : 6 personnes vont bientôt rejoindre les 8 qui y travaillent aujourd'hui et l'entreprise a l'objectif de "faire l'administration de 500 millions de fermes dans le monde".

La météo des parcelles agricoles en temps réel

Cap 2020


Cap 2020 fournit à ses clients des informations climatiques et agro-climatiques à l'échelle de la parcelle agricole grâce à des stations météo virtuelles. Des prévisions météo pour les 6 jours à venir servent d'outil d'aide à la décision tout comme les données d'observation fournies au jour le jour et les données d'observation des 10 dernières années.
Cap 2020 va aussi commercialiser un piège à insectes connecté dont l'inventeur est Nicolas Daüy, un jeune ingénieur agronome de 24 ans. Cette invention à été primé en novembre 2015 au concours vendéen "Agreen Proto". Ce piège, géolocalisé et autonome en énergie, permet de compter les insectes  piégés en reconnaissant leur signature sonore. L'agriculteur, en utilisant ce piège, peut savoir en temps réel et à distance le nombre de ravageurs piégés ce qui permet de repérer leur période de reproduction. Il peut ainsi adapter sa conduite pour traiter ses cultures.

L'économie collaborative et participative dans le secteur agricole

Jean-Michel Lamothe, agriculteur de 45 ans et fondateur de Votremachine.com, a présenté sa startup, qui est, pour l'instant, principalement active dans le Sud-Ouest. Votremachine.com assure la location de machines agricoles entre particuliers. Cette démarche est à l'origine de collaboration entre agriculteurs et permet d'optimiser le matériel agricole. Les annonces sont postées gratuitement sur le site par les propriétaires de machines. Pour se rémunérer, la société de sept personnes prend une commission sur chaque transaction.

Une autre startup nommée Miimosa a lancé en novembre 2014 une plateforme de financement participatif  dans le secteur agricole et alimentaire. Florian Breton, fondateur et président de Miimosa, a présenté fièrement le succès que connaît sa plateforme : un projet collecte en moyenne 7.000 €  et 80 % des projets postés ont atteint leur objectif de financement. Miimosa encourage le financement local de projets innovants qui portent un intérêt sociétal pour développer l'économie rurale. Son objectif est d'avoir financé 3.000 porteurs de projets d'ici à 2017.

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