Une centrale solaire de 40.000 panneaux photovoltaïques inaugurée en Gironde

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Les 40.000 panneaux photovoltaïques de la centrale de Merle-Sud s'étendent sur 22 hectares à Saint-Magne, en Sud-Gironde.
Les 40.000 panneaux photovoltaïques de la centrale de Merle-Sud s'étendent sur 22 hectares à Saint-Magne, en Sud-Gironde. (Crédits : Mathieu Goddefroy / Terra Energies)
Initié en 2008, le projet de centrale solaire de Merle-Sud à Saint-Magne (Gironde) a enfin vu le jour. Moyennant un investissement public-privé de 12 M€ associant une filiale de Total, un fonds piloté par la Région Nouvelle-Aquitaine, un autre par le Crédit agricole Languedoc, la centrale permettra de produire l'équivalent de la consommation électrique de 3.200 foyers, confortant le leadership régional en matière d'énergie solaire

En retard sur l'éolien, la Nouvelle-Aquitaine est en effet en pointe sur la production d'énergie solaire puisqu'elle compte les deux départements les plus avancés en la matière (Gironde et Landes), le plus grand parc de panneaux photovoltaïques de France et la plus forte progression du volume de nouvelles installations. Si bien que la région accueille près de 27 % de la puissance solaire raccordée en France. Après la récente mise en service de deux nouvelles centrales solaires en Dordogne, et avant l'ouverture d'une autre infrastructure à Pontenx-les-Forges, dans les Landes, c'est au tour de la Gironde d'inaugurer une vaste installation solaire de 22 hectares sur une ancienne parcelle boisée à Saint-Magne, une commune rurale de 950 habitants.

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Lancé par le conseil municipal dès 2008 et confirmé après l'élection de 2014 pour réaménager une parcelle boisée ravagée par la tempête de 1999, le projet de la centrale de Merle Sud a vu deux entreprises jeter l'éponge avant finalement d'aboutir avec l'arrivée de Quadran, rachetée entre temps par Total qui en a fait sa filiale dédiée aux énergies renouvelables. La centrale est portée par une société de projet ad hoc dont le capital est détenu à 40 % par Total Quadran, à 40 % par Terra Energies, un fonds régional destiné à financer les énergies renouvelables (*) et à 30 % par le fonds Calen (Crédit Agricole Languedoc énergies renouvelables).

L'investissement de 12 M€ comprend notamment une campagne de financement participatif qui a permis de récolter 200.000 € auprès de 192 personnes. La centrale devrait être rentabilisée d'ici une quinzaine d'années, sachant que la société de projet a signé un bail longue durée de 30 ans avec la commune et qu'elle bénéficie pendant 20 ans d'un tarif garanti pour vendre sa production d'électricité, dans le cadre d'un appel d'offres de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) de 2016.

Des panneaux recyclables à plus de 90 %

Les 40.000 panneaux photovoltaïques déployés disposeront d'une puissance de 12 MWc et produiront 15.000 MWh/an, soit de quoi alimenter près de 3.200 foyers girondins puisque la consommation moyenne d'un ménage français s'établit à 4.770 kWh/an, chauffage compris. De quoi éviter l'émission d'environ 5.000 tonnes de CO2 par an, selon Total Quadran.

Les travaux ont duré six mois et l'ensemble des installations est amovible. "Le bail avec la commune prévoit l'entretien de la parcelle et le démantèlement dans 30 ans avec une remise en état du terrain. Plus de 90 % des panneaux photovoltaïques utilisés sont recyclables en France", précise Xavier Messing, directeur du développement solaire chez Total Quadran. Les panneaux solaires ont été fabriqués en Europe et aucune installation n'est définitivement fixée dans le sol afin de faciliter le démontage de la centrale à l'horizon 2050. "A cette échéance, soit la commune décide d'arrêter l'activité solaire et on lui rendra le terrain, soit elle décide de poursuivre avec les mêmes partenaires ou avec d'autres et alors il faudra de toute manière renouveler les panneaux solaires actuels dont la capacité s'érode de 0,4 à 0,5 % par an", explique Mathieu Godefroy, directeur de Terra Energies. D'ici là, ce sont des moutons qui s'occupent des espaces verts dans le cadre d'un accord de pâturage passé avec un éleveur basé à Cestas.

Prioriser les surfaces déjà artificialisées

De son côté, Françoise Coutant est vice-présidente du Conseil régional et administratrice du fonds Terra Energies, doté de 8,2 M€ de fonds propres et qui finance ici son premier projet de centrale solaire. Elle salue la démarche tout en insistant sur la nécessité de sanctuariser à l'avenir les surfaces boisées : "La Nouvelle-Aquitaine a fixé l'objectif de 45 % d'énergies renouvelables en 2030, c'est très ambitieux mais on n'a pas le choix ! Pour y arriver, nous devons utiliser les surfaces déjà artificialisées disponibles qui vont très au-delà de nos objectifs !".

En effet, Total Quadran, qui compte 300 salariés, dont sept à Villenave-d'Ornon (Bordeaux Métropole), prévoit d'obtenir d'ici fin 2020 des permis de construire pour dix centrales solaires supplémentaires en Nouvelle-Aquitaine. D'autres acteurs portent aussi des projets de parcs photovoltaïques dans la région, notamment Valorem et la SEM 24 Périgord Energies à Pontenx-les-Forges, dans les Landes, où plus de 10.000 panneaux solaires seront installés sur dix hectares l'été prochain pour une puissance de 4,4 MWc et un investissement public/privé de 4,5 M€.

Ces futurs projets devront prendre en compte une rigueur renouvelée de l'Etat en matière d'autorisation, comme l'a souligné Houda Vernhet, la sous-préfète d'Arcachon, qui est à l'unisson de la vice-présidente régionale : "Ce projet de Merle Sud remplissait tous les critères environnementaux mais d'autres projets seront refusés à l'avenir s'ils sont situés sur des parcelles boisées car le département de la Gironde dispose de suffisamment de friches, de toitures et de parkings pour tenir ses objectifs énergétiques sans consommer de nouvelles surfaces naturelles, agricoles et forestières. Les acteurs de la filière solaire doivent prendre en compte cet impératif !"

(*) Le fonds Terra énergies associe la Région Nouvelle-Aquitaine, la Caisse des dépôts, le Crédit agricole, la Banque populaire, la Caisse d'épargne, le Crédit coopératif, la SEM Sergies, Total Quadran, EDF/Safidi  et Valorem.

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Commentaires
a écrit le 31/10/2019 à 12:15 :
Bravo pour cette initiative je recherche un partenariat pour installer une petite centrale en algerie
a écrit le 31/10/2019 à 9:30 :
Actuellement les PLU et PLUi ne prennent pas suffisamment en compte le souhait des particuliers de participer à cet effort d'évolution. Les bâtiments de France et les mairies raisonnent sur la base de périmètres systématiques sans analyse réelle des implantations.(barrages bureaucratiques ).
Ex interdit : panneaux tuiles qui ne denaturent en rien la toiture, à 450m d'une jolie petite église, versant toiture qui n'est pas visible de l'église....
Merci de se préoccuper du local...

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