Le groupe Le Bélier rattrapé par la dépression automobile internationale

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Avec l'aluminium Le Bélier est convaincu d'avoir la solution gagnante.
Avec l'aluminium Le Bélier est convaincu d'avoir la solution gagnante. (Crédits : DR)
Fabricant d’équipements automobile en aluminium le groupe girondin Le Bélier, à Vérac, présent sur plusieurs continents, est rattrapé par la dépression qui balaie le marché mondial. Sa direction reste néanmoins optimiste.


Les tensions commerciales internationales, attisées par la politique protectionniste des Etats-Unis, pèsent de plus en plus sur un marché automobile affaibli par le tassement de la croissance chinoise, et les entreprises régionales du secteur n'échappent pas à ce courant dépressionnaire. Le groupe Le Bélier, qui travaille en direct aussi bien pour des équipementiers (Valeo, Kongsberg, Yamashita...) que des constructeurs (PSA, Renault-Nissan, BMW, Daimler), n'échappe pas au mouvement.

Le Bélier, qui dispose d'un important bureau d'études, se définit comme l'équipementier leader au plan mondial pour la fabrication de pièces de freinage aluminium (maîtres-cylindres, étriers). Il n'est pas inutile de rappeler que le groupe girondin est implanté en particulier en Europe (Hongrie, Serbie) mais aussi en Chine et au Mexique. Le Bélier fabrique également des systèmes aluminium en admission d'air, châssis et structure. Grâce à l'aluminium toutes ces pièces sont plus légères et donc moins consommatrices de carburant. D'autre part Le Bélier a commencé à se diversifier dans l'aéronautique.

Un recul d'activité qui s'est accentué au fil des mois

Malgré tout le groupe de Vérac (Gironde) n'échappe plus à la tourmente internationale. Le recul d'activité confirmé depuis avril dernier s'est poursuivi. Ainsi le chiffre d'affaires, en baisse de 10,8 % au 1e semestre 2019 sur un an (par rapport à la même période en 2018), ne s'est pas redressé au 3e trimestre. Période au cours de laquelle il a reculé de 14,7 % sur un an, à 73,8 M€.

Ce 3e trimestre marque cependant une petite amélioration par rapport au 2e trimestre 2019 où l'activité de Le Bélier a reculé de 16,1 % (à 94,3M€). La tendance 2019 reste toutefois nettement orientée à la baisse puisqu'au 1e trimestre 2019 le chiffre d'affaires de l'équipementier girondin n'avait baissé que de 5,5 % (à 88,4 M€). Sur les neuf premiers mois de l'année les ventes affichent une baisse de 12 % sur un an, à 241,4 M€. Corrigé des variations du prix de l'aluminium et taux de change le chiffre d'affaires est en retrait de 11,1 % sur le 3e trimestre et de -10,6 % à fin septembre.

Un atterrissage prévu en ligne avec le 1e trimestre

Exprimé en volume l'activité montre que le tonnage d'aluminium vendu au 3e trimestre baisse de 10,9 % sur un an, à 49.231 tonnes. Le recul est marqué sur le marché chinois, qui chute de -23,6 %, tandis que la baisse est moindre en Europe tout en restant bien nette, à -9,3 % et que le Mexique (où Le Bélier travaille notamment pour Tesla) est en hausse de 4,2 %. La direction du groupe, dont Philippe Dizier est le directeur général, reste optimiste.

"A fin septembre 2019, le point d'étape permet d'anticiper un atterrissage de fin d'année en ligne avec le premier trimestre, grâce notamment au plan d'économies mis en œuvre au T2 (deuxième trimestre -NDLR) et à un moindre écart attendu entre les T4 2019 et 2018" observe ainsi Le Bélier.

Tout en prenant acte de cette situation déprimée du marché automobile mondial, Le Bélier souligne que "les plans de développement de 76 nouveaux produits se poursuivent". La nécessité de réduire les émissions de dioxyde de carbone plaide pour l'aluminium, ce qui renforce le modèle du Bélier, qui évoque aussi « des opportunités de consolidation » et maintient son objectif d'atteindre la barre des 400 M€ de chiffre d'affaires à moyen terme.

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