L’équipementier automobile girondin Le Bélier s'inscrit à la baisse

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Le Bélier fabrique pour les constructeurs automobiles américains depuis le Mexique
Le Bélier fabrique pour les constructeurs automobiles américains depuis le Mexique (Crédits : Handout .)
Le recul de l’activité du groupe Le Bélier s’est confirmé d’avril à juin. Si la direction du groupe ne s’appesantit pas sur le sujet et évoque d’autres causes, il est probable que la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine commence à peser. Ce qui ne suffit pas à casser l’optimisme des dirigeants.

L'évolution au 2e trimestre 2019 du chiffre d'affaires du groupe Le Bélier, à Vérac (Gironde), équipementier automobile au rayonnement international coté en bourse, n'a fait qu'amplifier l'orientation dépressive de l'activité enregistrée au 1e trimestre. Le chiffre d'affaires de l'équipementier a ainsi reculé de -16,1 %, à 79,1 M€, au 2e trimestre, par rapport à la même période en 2018. Alors qu'il avait reculé de -5,5 % au 1e trimestre, à 88,4 M€. Spécialisé dans la fabrication de pièces automobiles en aluminium, Le Bélier est le leader mondial de la fabrication de pièces de fonderie pour les systèmes de freinage (étriers, maîtres cylindres), tout en produisant notamment des châssis ou pièces pour l'admission d'air.

Au total le 1er semestre 2019 s'inscrit en net retrait, soit -10,8 %, à 167,6 M€, par rapport à la tendance suivie par le groupe depuis une longue période. Installé à la campagne Le Bélier a des usines en Serbie, Hongrie, au Mexique et en Chine. Le groupe, dont Philippe Dizier, directeur général, est le patron opérationnel, travaille exclusivement l'aluminium dont la variation des cours influe sur ses chiffres. Corrigé de ces variations le chiffre d'affaires du 2e trimestre recule de -14,8 % au lieu de -16,1 %. Tandis que celui du 1e semestre diminue de -10,4 % contre -10,8 %.

Philippe Dizier, directeur général de l'ETI Le Bélier

Philippe Dizier, DG du groupe Le Bélier (Agence Appa)

Le Bélier maintient son objectif d'un CA à 400 M€

Cette baisse de près de 11 % des tonnages vendus n'est pas homogène selon les régions : alors qu'elle est très marquée en Chine, à -23,1 %, et sensible en Europe, à -9,7 %, elle est orientée à la hausse au Mexique, à +4,4 %. La direction du groupe souligne que la fabrication d'outillages, "non linéaire dans la facturation", est en retrait de -43,7 %, quand l'activité usinage progresse sur la période de +3,3 % "grâce à la montée en puissance des nouvelles usines serbe et chinoise ... Malgré les tensions environnantes, le free cash flow est une nouvelle fois positif et l'endettement net se maintient à un très bas niveau" éclaire Le Bélier.

Le groupe girondin, qui emploie 3.900 salariés, dont 300 en Gironde, travaille pour de très grandes firmes automobiles, qu'elles soient allemandes (Volkswagen, Audi, BMW), américains (Ford, General Motor, Tesla...) ou françaises (PSA, Renault) désireuses d'alléger le poids de leurs véhicules grâce à l'intégration de pièces en aluminium, beaucoup plus léger que les matériaux traditionnels. La direction de l'entreprise annonce la mise en œuvre de réductions de coûts et reste optimiste pour 2020, de nombreux projets en cours de développement garantissant une évolution positive de la croissance.

Ce qui ne veut pas dire que le marché aura repris la voie d'une croissance sereine. Le Bélier n'y croit pas mais confirme maintenir l'atteinte de son objectif de 400 M€ de chiffre d'affaires à moyen terme. Selon le groupe les tensions internationales ne devraient pas entraver la marche en avant des pièces aluminium dans l'automobile au regard des enjeux liés à la perte de poids des véhicules, y compris électriques.

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