Nautisme : à Rochefort Bavaria Catamarans va retrouver son premier nom de Nautitech

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Un des modèles de Bavaria Catamarans en sortie d'usine.
Un des modèles de Bavaria Catamarans en sortie d'usine. (Crédits : Simon David-Caro)
Alors que Bavaria Yachtbau, sa maison-mère bavaroise, est en difficulté, Bavaria Catamarans, à Rochefort (Charente-Maritime), doit faire face à une forte hausse des commandes. Les dirigeants allemands du fonds CMP, qui a repris le groupe, en sont conscients et vont rendre à Bavaria Catamarans son nom originel de Nautitech, bien ancré dans le marché.

Acheté en 2014 par le groupe allemand Bavaria Yachtbau, le chantier naval Nautitech, à Rochefort (Charente-Maritime), devenu Bavaria Catamarans, se retrouve dans une situation paradoxale après la mise en dépôt de bilan de sa maison-mère bavaroise. En septembre dernier le fonds de retournement allemand CMP (Capital Management Partner), qui investit dans des entreprises en difficulté pour les redresser, a repris le groupe Bavaria Yacthbau (550 salariés en Allemagne), un géant du nautisme international, dont le siège se trouve à Giebelstadt, en pleine zone rurale bavaroise.

Les investisseurs allemands sont parfaitement conscients du potentiel de Bavaria Catamarans et convaincus que cette filiale française doit reprendre son nom de Nautitech déjà bien connu sur le marché, même s'ils n'ont pas encore donné de date pour le retour du patronyme français. Ils rappellent ainsi, comme La Tribune l'a souligné dans son enquête sur le sujet, que les chantiers français produisent près de 90 % des catamarans de plaisance mis à l'eau dans le monde. Ce qui a représenté 718 unités vendues en 2017, moyennant 333 M€ de chiffre d'affaires. Une construction navale essentiellement concentrée en Nouvelle-Aquitaine (Charente-Maritime, Gironde) et Vendée.

De la trésorerie transformée en capital social

"Quand je regarde ce que nous avons fait en quatre ans, je vois que nous sommes passés de la fabrication de 15 bateaux avec 50 personnes en 2015, à la production de 75 bateaux avec 250 personnes en 2018 ! Aujourd'hui nous avons besoin de consolider tout cela. L'entreprise a connu une très forte accélération de son chiffre d'affaires et il faut éviter la crise de croissance" commente Gildas Le Masson, dirigeant de Bavaria Catamarans.

Cette croissance accélérée, qui s'est soldée par la réalisation d'un chiffre d'affaires de  20,2 M€ l'an dernier, n'a pas été sans conséquences sur l'équilibre de l'entreprise.

"Notre site actuel ne nous permettra pas de dépasser les 100 unités par an alors que le marché actuel a un potentiel de 150 bateaux. Nous sommes dans une logique de discussion avec la mairie de Rochefort pour pouvoir continuer à nous développer dans le périmètre de l'agglomération. Comme nous avons privilégié le développement et les investissements, au détriment des résultats, notre équilibre économique est fragile. D'où le fait que nous ayons enregistré des pertes au cours des trois exercices précédents. C'est pourquoi je suis heureux d'avoir convaincu l'actionnaire précédent de faire passer en capital social le compte courant qui avait été ouvert pour financer la croissance. Ce qui fait que notre capital est passé de 1,5 M€ à 4 M€ et que j'ai pu clôturer le dernier exercice à zéro", décrypte pour La Tribune Gildas Le Masson.

Nautitech contre CNB-Lagoon et Foutaine-Pajot...

Le patron de Nautitech sait bien qu'il ne s'agit pas là d'une nouvelle page blanche pour l'entreprise, qui n'a selon lui jamais été endettée, sinon auprès de de ses actionnaires, mais un socle nécessaire pour aborder l'avenir avec sérénité. Gildas Le Masson estime que le chantier, qui dispose de 7.000 m2, doit pouvoir doubler la surface de ses installations, à 14.000 m2, pour pouvoir porter sa production annuelle à 200 unités.

"Nautitech n'a pas de concurrents. Les autres grands chantiers fonctionnent sur une offre de confort au détriment de la navigation. Un catamaran c'est un bateau avec deux flotteurs et une nacelle entre les deux. L'espace de vie se répartit entre la nacelle et les flotteurs. Plus ces derniers sont larges et ventrus, confortables, plus on est en mesure de proposer de véritables suites aux propriétaires... Et plus c'est difficile de les faire naviguer !" attaque le président de Nautitech.

Ce dernier vise sans les nommer ses grands concurrents mondiaux que sont CNB-Lagoon, à Bordeaux, et Fountaine-Pajot, à La Rochelle, Nautitech étant pour lui le prototype du catamaran de plaisance à la fois sportif et suffisamment confortable.

Le maire de Rochefort prêt à racheter des terrains

L'impact de la crise financière de 2008, qui a très fortement secoué le marché, n'est plus qu'un mauvais souvenir et la croissance des chantiers navals spécialisés dans les catamarans hauturiers a été l'an dernier de l'ordre de +35 %. La tension sur les effectifs est donc forte et Gildas Le Masson, qui emploie une part significative de salariés en contrats à durée déterminée (CDD) dans son chantier, veut réaliser 35 recrutements sous contrats à durée indéterminée (CDI), en transformant majoritairement des CDD déjà présents en CDI.

"La Caro (Communauté d'agglomération Rochefort océan) veut intervenir pour reprendre des terrains que nous pourrons racheter pour nous y installer. Parce que Hervé Blanchet, le maire de Rochefort, estime que c'est une activité porteuse pour son territoire, qui bénéficie aussi de l'implantation de Stelia Aerospace. Le Département de Charente-Maritime, la Région Nouvelle-Aquitaine, la ville de Rochefort et l'Etat sont intéressés par ce dossier" éclaire Gildas Le Masson.

Au terme de sa dernière phase d'investissements, Nautitech dispose d'un catalogue composé de quatre tailles différentes, avec une longueur maximale de 54 pieds (16,45 mètres) pour le plus grand des catamarans, déclinés en six modèles. L'objectif est désormais de doubler la capacité de production du chantier.

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