Dassault Aviation rapatrie la pyrotechnie près de Bordeaux

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Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, le mercredi 27 novembre pour l'inauguration des nouvelles installations pyrotechniques à Martignas-sur-Jalle.
Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, le mercredi 27 novembre pour l'inauguration des nouvelles installations pyrotechniques à Martignas-sur-Jalle. (Crédits : Dassault Aviation V.Almansa)
Les activités pyrotechniques de Dassault Aviation, auparavant basées à Argenteuil et Poitiers, sont désormais toutes réunies à Martignas-sur-Jalle, dans la métropole bordelaise. L’inauguration des nouvelles installations a eu lieu ce mercredi 27 novembre alors qu’une cinquantaine de salariés viennent de rejoindre le site dont l’activité principale reste l’assemblage de voilures des avions civils et militaires. 500 personnes travaillent désormais au sein de l’usine Dassault de Martignas.

Le PDG de Dassault Aviation était de nouveau en terre girondine ce mercredi. Après avoir lancé, en mai dernier, le chantier de construction d'un bâtiment tertiaire à Mérignac où sont assemblés les Falcon et les Rafale, Eric Trappier a inauguré de nouvelles installations pyrotechniques sur le site de Martignas-sur-Jalle, quelques kilomètres plus loin. Une cinquantaine de spécialistes viennent de s'y installer. Parmi eux, des salariés auparavant basés à Argenteuil et Poitiers qui ont accepté la proposition de mobilité géographique. D'autres personnes ont ensuite été recrutées localement.

Le regroupement des activités pyrotechniques à Martignas s'inscrit dans le plan de transformation de Dassault "Piloter notre avenir" lancé fin 2016 qui prévoit justement une spécialisation des sites industriels. La pyrotechnie ne se fera donc plus qu'à Martignas. "Le site renoue ainsi avec sa vocation première", précise Eric Trappier. C'est ici, en effet, que Dassault a développé dans les années 60, à la demande de l'Etat, un missile balistique, le MD 620. "Martignas s'était imposé en raison de sa proximité avec l'usine de Mérignac et des installations de la Société nationale des poudres et explosifs (SNPE). A la fin du programme, en 1969, l'usine a été reconvertie dans l'assemblage des voilures des avions civils et militaire." Cette activité regroupe aujourd'hui 450 personnes sur le site.

La pyrotechnie, un élément clé

Concernant les activités pyrotechniques, Eric Trappier évoque donc un retour aux sources mais aussi "un élan vers le futur avec une infrastructure ultramoderne" composée d'un espace de stockage des composants explosifs. Pas de classement Seveso en revanche. La quantité d'explosif est peu importante. Le bâtiment principal  de 2.500 m2 en forme de tripode regroupe, quant à lui, la production de produits longs, la fabrication de pyromécanismes, et les activités d'études et laboratoires d'essais. C'est donc ici que seront désormais conçus, essayés, développés, industrialisés, fabriqués tous les éléments pyrotechniques produits par Dassault.

Dassault Martignas

Chaque aile du nouveau bâtiment de 2.500 m2 est dédiée à une fonction (crédit Dassault Aviation).

"La pyrotechnie est un élément clé pour la sécurité des équipages de nos avions de combats. Elle permet la transmission instantanée de l'ordre d'éjection et fragilise la verrière à travers laquelle doit passer le siège éjectable. Le pilote sort ainsi en 1 seconde. Sur les avions d'armes, la pyrotechnie est également essentielle pour le largage des armements. Enfin, dans le domaine des lanceurs spatiaux, elle est utilisée pour séparer les étages et les coiffes. Elle sert à l'éjection des satellites et au déploiement des panneaux solaires. Ces compétences sont notamment déployées sur Ariane 5 et la fusée Vega", explique Eric Trappier.

A cette occasion, le PDG de Dassault Aviation a rappelé vouloir jouer un rôle dans le spatial, au travers des véhicules spatiaux. "Non pas pour prendre la place d'autres acteurs, mais pour contribuer à cet écosystème. Nous avons des compétences notamment en matière d'aérodynamique." Dassault s'est justement positionné sur le programme Space Rider, le véhicule de retour d'orbite réutilisable de l'Agence spatiale européenne (ESA) dont le conseil ministériel se tient en moment à Séville.

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