Grippe aviaire : en Aquitaine, 29.500 têtes de volailles abattues

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Les autoriltés sanitaires soulignent que cette épizootie ne représente aucun risque pour les consommateurs.
Les autoriltés sanitaires soulignent que cette épizootie ne représente aucun risque pour les consommateurs. (Crédits : DR)
L’épidémie de grippe aviaire qui a démarré fin novembre au nord de la Dordogne s’est étendue au sud des Landes, à plus de 200 kilomètres. Le risque d’une nouvelle extension est réel.

Des mesures drastiques de contrôle des mouvements, d'animaux comme de véhicules, ont été mises en place dans les zones touchées par la grippe aviaire, en Dordogne comme dans les Landes. L'infection par le virus de la grippe aviaire H5N1 a tout d'abord été confirmée le 24 novembre au soir après la mort brutale de 22 poules sur 30 dans la basse-cour d'un particulier qui les élevait pour sa consommation personnelle, à Biras, au nord de Périgueux. Deux autres foyers infectieux ont ensuite été identifiés à Domme (sud de la Dordogne), dans un élevage de 1.000 têtes d'oies, et Saint-Paul-La-Roche (au nord), dans une grosse structure d'élevage de 14.000 têtes de canards.

Mais hier lundi 7 décembre, le ministère de l'Agriculture a confirmé l'apparition d'un nouveau cas infectieux à Cénac-et-Saint-Julien, non loin de Domme, concernant 4.500 canards et 1.500 poulets. En moins de quinze jours, entre l'épisode de Biras et celui de Cénac-et-Saint-Julien, la Dordogne a ainsi perdu 21.000 volailles.

Eleveurs dédommagés

"Les réunions entre services sanitaires et représentants des éleveurs s'enchaînent. Il peut y avoir des dérogations pour vendre la viande d'animaux de zone protégée après contrôle vétérinaire. Si les animaux sont malades, le troupeau est abattu et l'éleveur dédommagé. Le plus dur, c'est pour les élevages situés dans la zone de protection" commente-t-on à la Chambre d'agriculture de la Dordogne.

Dans ce cas un vétérinaire doit intervenir pour garantir l'absence d'infection virale, moyennant 2.400 €, indique-t-on à la chambre consulaire. Hier lundi, le ministère de l'Agriculture a également confirmé la détection de deux nouveaux cas d'infection dans les Landes, à Josse (sud des Landes) et Doazit (sud de Mont-de-Marsan). L'élevage de Josse comptait 500 canards et celui de Doazit 4.000 pintades. La suspicion d'infection qui plane sur l'élevage d'Horsarrieu et ses 4.000 pintades, tout près de Doazit, sera officiellement levée ou confirmée par les analyses demain mercredi.

Abattages massifs

En attendant toutes ces volailles ont été tuées, y compris par mesure de précaution, ce qui porte à 29.500 le nombre de têtes abattues depuis le début de la crise.

"Une fois les produits détruits et l'élevage désinfecté, il faut compter un vide sanitaire de trois semaines, correspondant à l'incubation du virus, avant de recommencer. Les mesures de biosécurité sont drastiques. Elles consistent notamment à protéger les abreuvoirs des animaux d'élevage, à leur éviter tout contact avec des aliments extérieurs... tout ce qui entre et qui sort de la zone de protection doit être désinfecté. Le plan de vigilance et de biosécurité implique les vétérinaires et les organisations d'éleveurs", détaille Eric Lafuente, directeur de la Chambre d'agriculture des Landes.

La plupart des volailles (poulets, pintades, oies...) étant élevées en liberté, il faut aussi les empêcher d'être en contact avec des animaux sauvages, comme les canards, cette grippe se propageant entre volatiles.

Restrictions au Japon

Même si les autorités de la santé et le ministère de l'Agriculture appellent à la sérénité, puisque "la consommation de viande de volailles et les produits dérivés ne présentent aucun danger sanitaire", à trois semaines des fêtes de fin d'année, où se vendent les volailles festives, l'inquiétude est là même si elle ne se manifeste pas vraiment. La France a décidé de suspendre les échanges et les exportations d'oiseaux vivants et d'œufs à couver depuis la Dordogne et les Landes. En plus de la souche H5N1, une souche H5N2 de la grippe aviaire a été identifiée dans cette épizootie qui reste pour le moment cantonnée à deux départements.

Premier marché à l'export pour le foie gras, avec près de 600 tonnes en 2014 (pour une production hexagonale de 18.820 tonnes de foie gras cru), le Japon a adopté quelques restrictions. Mais ces dernières ne concernent que les produits frais dont la production est postérieure au 24 octobre : les conserves de foie gras ne sont pas concernées, pas plus que les produits frais ou surgelés fabriqués avant le 23 octobre. Si les éleveurs font le dos rond, tout le monde croise les doigts pour que l'épizootie, qui touche des territoires aquitains éloignés, ne se répande pas dans tout le pays.

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Commentaires
a écrit le 09/12/2015 à 15:01 :
Un vétérinaire doit intervenir moyennant 2 400 € : Qu'est ce à dire ?

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