La Food Factory, un projet à 10 M€ pour réinterroger l'alimentation des métropoles

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La Vieille Cure, qui s'étend sur 5.200 mètres carrés, sera intégralement restaurée
La Vieille Cure, qui s'étend sur 5.200 mètres carrés, sera intégralement restaurée (Crédits : Illustration Antoine Fraysse + cabinet King Kong)
Faire se rencontrer le monde du numérique, de l'économie alimentaire et de la paysannerie : le projet de Food Factory imaginé à Cenon, près de Bordeaux, est ambitieux et compte, par son modèle innovant, répondre à une problématique actuelle : comment nourrir les métropoles ? A terme, l'ancien site industriel pourrait héberger jusqu'à 450 emplois.

La ville de Cenon, près de Bordeaux, a tranché. L'ancienne distillerie du XXe siècle de la Vieille Cure va reprendre vie sous la forme d'une Food Factory. Ce projet, qui implique plusieurs acteurs locaux dont le spécialiste des circuits courts Tauziet & Co, propose de développer une activité économique tournée vers les habitants en intégrant la question de la transition alimentaire.

"La Food Factory constituera le premier cluster food de France qui permettra la rencontre entre le monde du numérique, l'économie alimentaire et la paysannerie", annoncent Géraldine et Vincent Sillègue, fondateurs de la société girondine Tauziet & Co, installée à Sabres dans les Landes. C'est ce projet, justement imaginé par ce spécialiste des circuits courts et porté par le groupement mené par le promoteur Aqprim, qui a été choisi par la ville de Cenon dans le cadre d'un appel à manifestation d'intérêt visant à présenter un projet global de développement économique en vue de valoriser le site de la Vieille Cure du XXe siècle. Le projet de Food Factory entend, en l'occurrence, répondre à une problématique actuelle : comment nourrir les grandes métropoles de demain ? "Nous n'avions pas vocation à lancer de l'agriculture urbaine mais nous pouvons montrer de nouvelles habitudes de consommation", commente le maire de Cenon Jean-François Egron.

Tauziet & Co, qui a créé une plateforme web mettant en relation producteurs locaux du monde agroalimentaire et consommateurs, sera l'animateur principal de cette Food Factory. "Il manquait un lien entre la paysannerie et les consommateurs métropolitains, souligne Vincent Sillègue. Cela passe, pour nous, par la création d'un lieu permettant aux acteurs de cet écosystème de se rencontrer. Le monde agricole a besoin de supports dont la métropole a également besoin. La conserverie solidaire qui verra le jour est un bon exemple. » Les surplus non écoulés des producteurs membres de Tauziet & Co y seront transformés pour être vendus à prix coûtant à des habitants de la métropole.

450 emplois

 "Mais nous avons besoin d'autres acteurs ayant d'autres idées", poursuit Vincent Sillègue. Un incubateur a ainsi été intégré au projet, de même qu'un espace de coworking qui accueillera entre 20 et 30 entreprises. A l'intérieur également, une micro-distillerie, un espace polyculturel, un restaurant et une école de cuisine mixant le fonctionnement d'une école type "école de la seconde chance" et celui d'une école plus "académique". "La dimension insertion et emploi est très importante dans ce projet qui relève de l'économie sociale et solidaire", insiste Géraldine Sillègue.

Tauziet & Co qui installera son siège social au sein de la Vieille Cure, prévoit pour sa part de recruter une trentaine de personnes en trois ans. Mais en tout, 450 personnes travailleront quotidiennement dans les bâtiments de la Vieille Cure. "Ce sont des projets de la sorte qui prouvent que sur la métropole, on peut penser, raisonner et manger différemment, souligne le maire Jean-François Egron. "Il y a une vraie densité de consommation dans les métropoles. 60 % des clients de notre plateforme sont situés dans des zones urbaines », reconnait Géraldine Sillègue. Tauziet & Co ne s'en cache d'ailleurs pas : "Notre volonté est d'aller conquérir d'autres métropoles." A Cenon, la Food Factory pour qui l'investissement nécessaire est estimé à 10 M€, devrait ouvrir en 2022.

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Commentaires
a écrit le 09/04/2019 à 9:15 :
"Food Factory", rien que le nom me révulse. Quant au contenu, aucun mot ne pourra jamais en décrire la vacuité.

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