Nouvelle-Aquitaine : Alain Rousset visé par une plainte pour détournements de fonds publics

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Alain Rousset fait l'objet d'une plainte pour détournements de fonds publics pendant la campagne électorale de 2015 déposé par David Angevin, un ancien agent contractuel de la collectivité.
Alain Rousset fait l'objet d'une plainte pour détournements de fonds publics pendant la campagne électorale de 2015 déposé par David Angevin, un ancien agent contractuel de la collectivité. (Crédits : Agence Appa)
Le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, candidat à sa réélection, fait l'objet d'une plainte pour détournements de fonds publics pendant sa campagne électorale de 2015. Une plainte déposée par David Angevin, un ancien collaborateur de la collectivité. De son côté, Alain Rousset dément toute infraction.

Révélée par l'hebdomadaire Marianne, une plainte contre X pour détournements de fonds publics visant Alain Rousset a été déposée, lundi 8 mars, par David Angevin, un ancien collaborateur de la Région Nouvelle-Aquitaine. Membre du cabinet d'Alain Rousset dont il était la plume pendant trois ans de 2015 à 2018, David Angevin a ensuite été embauché en CDD pour piloter le programme Université du futur. Après des désaccords politiques notoires sur le contenu et la pluralité des évènements de l'Université du futur, en particulier avec Nicolas Thierry, le vice-président (EELV) du conseil régional, également candidat aux régionales de juin 2021, David Angevin a fait l'objet d'une procédure de licenciement pour insuffisance professionnelle début 2020.

"Une plainte de 400 pages"

Dans sa plainte, que La Tribune n'a pas pu consulté, David Angevin déclare vouloir dénoncer la mobilisation d'agents de la collectivité régionale et de membres du cabinet au service de la campagne électorale de 2015 sur leur temps de travail. Une pratique interdite par la loi. "C'est une plainte de 400 pages qui prouve, notamment à l'aide de mails et de SMS, que les trois cabinets des anciennes régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes et d'autres agents, soit une quarantaine de personnes payées par l'argent public, ont travaillé pour la campagne électorale d'Alain Rousset pendant toute l'année 2015", explique David Angevin à La Tribune. "C'est un système qu'il faut dénoncer parce qu'il a octroyé à la campagne d'Alain Rousset des moyens démesurés par rapport à ses concurrents en termes de personnels, de locaux, de véhicules. L'argent public, qui est l'argent des Français, n'est pas et ne peut pas être au service d'une majorité politique", ajoute le plaignant.

En réponse, via un communiqué, Alain Rousset déclare "s'inscrire en faux contre les allégations le mettant en cause. Aussi, il se réserve la possibilité de déposer plainte contre monsieur Angevin pour dénonciation calomnieuse et chantage." Le président du conseil régional note également que "cinq ans après les faits allégués et à quatre mois du scrutin régional, le dépôt de plainte de monsieur Angevin et la publicité par voie de presse qu'il lui donne attestent d'une intention de nuire."

Un licenciement contesté

Le conseil régional rappelle que David Angevin "a déposé le 5 mars 2020 un recours gracieux [après son licenciement] qui a été rejeté puis il a saisi le tribunal administratif de Poitiers. Par une ordonnance du 18 août 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande de suspension de la décision de licenciement. L'instance est toujours pendante au fond". Le dossier du licenciement devrait être examiné sur le fond fin 2021, confirme David Angevin qui dément toute stratégie en lien avec le calendrier électoral : "J'ai été licencié en avril dernier. Sans indemnités, que j'avais demandé comme n'importe quel salarié qui se fait virer sans raisons. C'est un licenciement politique. Cela prend du temps de se relever, de décider de déposer plainte et de rassembler tous les éléments. Ce n'est pas lié à la campagne électorale."

L'actuel directeur général des services de la Région, François Poupard, qui n'était pas en poste à l'époque des faits, évoque de son côté des questions de non respect des procédures pour justifier ce licenciement : "Les relations s'étaient tendues progressivement et les motifs de son licenciement sont clairs : non-respect des règles publiques, notamment de mise en concurrence, auxquelles on ne peut déroger car cela met le président en risque pénal. Après une période de six mois de rappel à l'ordre, nous nous sommes résolus à engager cette procédure", a-t-il déclaré ce 8 mars au quotidien Le Populaire du Centre. Des accusations démenties par David Angevin.

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