"L'Université du futur va permettre aux citoyens de s'interroger sur le monde de demain"

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François Vincent, conseiller régional délégué à l'Université du futur
François Vincent, conseiller régional délégué à l'Université du futur (Crédits : Twin)
Face au tsunami technologique, l'Université du futur vise à informer les citoyens et à leur "apprendre à désapprendre" pour inventer un monde de demain plus égalitaire et moins soumis aux géants technologiques. La première étape de cette initiative du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine aura lieu le 28 mai à Poitiers. Conseiller régional en charge de l'Université du futur, François Vincent présent la philosophie de ce "think tank collaboratif" à La Tribune.

L'Université du futur organise sa première conférence grand public dans quelques jours à Poitiers. Comment est née cette initiative et quelle est sa philosophie ?

François Vincent : "La Nouvelle-Aquitaine est, comme partout ailleurs, confrontée au tsunami du numérique et plus largement au grand défi des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, intelligence artificielle, sciences cognitives). On pensait l'ancien monde immuable mais nous évoluons maintenant dans un univers où tout va extrêmement vite. Les gens n'y comprennent plus rien, les élus non plus d'ailleurs. Jusqu'à présent, pour le grand public, il n'existait pas de lieu où faire un pas de côté et prendre le temps de se poser des questions sur ce tsunami. Le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset a eu l'ambition de créer un épicentre de cette réflexion, ouvert à toutes les personnes, citoyens, entrepreneurs, responsables associatifs... impactées par ces bouleversements et qui souhaitent réfléchir aux moyens d'en faire des opportunités en devenant des acteurs du changement."

Quelle est la forme précise de cette Université du futur ?

"On peut parler d'un think tank collaboratif, un cercle de réflexion ouvert à tous et dématérialisé pour le moment, avec un site internet en cours de construction, un premier cycle de conférences qui auront lieu le 28 mai à Poitiers, en septembre à Bordeaux et en novembre à Limoges, mais nous avons aussi l'ambition d'ouvrir sur le territoire de Nouvelle-Aquitaine, probablement à Bordeaux, un lieu physique où tout un chacun pourra trouver l'ensemble des ressources sur les NBIC et leurs impacts."

Le poids écrasant des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et de leurs rivaux asiatiques les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) fera forcément partie des débats. L'Université du futur a-t-elle vocation à prendre partie, à former des "citoyens combattants" ces méga-puissances ?

"Non, elle ne sera ni pour ni contre. L'Université du futur a pour objectif initial d'informer sur le monde dans lequel on vit déjà et d'anticiper sur ce qui peut se passer, mais pas de prendre position. Nous chercherons à être accessibles au plus grand nombre et à accélérer la réflexion. Ce qui amènera peut-être certains dans l'auditoire à modifier leurs comportements, leur future orientation professionnelle..."

Comment peut-on devenir un "acteur du changement" selon vos propres mots quand on est simple citoyen face aux superpuissances économiques à l'œuvre ? Le levier est-il de changer son comportement de consommateur ?

"Si l'on se dit que le monde musical de demain sera gouverné par les algorithmes de recommandation des géants du streaming tels que Spotify par exemple, il y a des raisons d'être pessimiste. On peut aussi être optimiste et constater qu'aux Etats-Unis, on voit le retour dans les villes de libraires et de magasins de disques indépendants. Le changement sera difficile mais l'Université du futur a pour ambition d'aider les gens à « apprendre à désapprendre », à se poser pour réfléchir et à contribuer à l'égalité des savoirs. L'enjeu n'est pas de se rebeller mais de gentiment disrupter le système avec ses propres armes, la technologie, pour imaginer un monde plus égalitaire, plus en phase avec les logiques citoyennes, plus fun aussi."

Université du futur, 1re conférence grand public le 28 mai au TAP - théâtre auditorium, 6 rue de la Marne à Poitiers. Parmi les intervenants : le général Denis Mercier, Commandeur suprême de l'Otan, Antoine Petit, président du CNRS, l'anthropologue Pascal Picq, l'économiste Nicolas Bouzou...

Programme complet, renseignements et inscriptions ici

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BIO EXPRESS

Pneumologue au CHU de Limoges, François Vincent a été désigné le 7 avril 2016 président de la commission de l'enseignement supérieur et de la recherche au sein du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Conseil régional délégué à l'Université du futur, il est par ailleurs responsable de la chaire de pneumologie expérimentale à la faculté de médecine de Limoges.

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