Coupe du monde de rugby à Bordeaux : pourquoi elle plait à Alain Anziani et Pierre Hurmic

 |  | 1032 mots
Lecture 5 min.
Claude Atcher, Alain Anziani et Pierre Hurmic
Claude Atcher, Alain Anziani et Pierre Hurmic (Crédits : Agence Appa/Thibaud Moritz)
La future Coupe du monde de rugby, qui se tiendra en France à l'automne 2023, suscite aussi bien l'enthousiasme du socialiste Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole, que celui de Pierre Hurmic, maire écologiste de Bordeaux. Une adhésion qui n'allait pas de soi au départ mais qui a pris corps grâce à l'écoute des organisateurs de la compétition, dont le patron opérationnel, Claude Atcher a fait le déplacement à Bordeaux.

La pandémie de Covid-19 aurait tendance à laisser penser que les grandes manifestations, culturelles ou sportives, ont définitivement disparu : c'est sans doute pourquoi la venue ce 11 décembre à Bordeaux Métropole de Claude Atcher, directeur de France 2023, et donc patron opérationnel de la future Coupe du monde de rugby organisée en France (du 8 septembre au 23 octobre 2023) avait quelque chose de rassurant.

Lire aussi : UEFA Euro 2016 : pourquoi la France a mal joué la partie (1/2)

Peut-être même de merveilleux puisqu'il avait amené dans ses valises l'authentique coupe Webb Ellis, celle-là même qui sera remise au futur champion du monde de rugby. Un Graal mondial que les rugbymen français n'ont jamais encore eu l'occasion de brandir, même si le titre était à portée de main puisque le XV de France s'est hissé en finale à trois reprises en 1987, 1999 et 2011. En 2023, après le tirage au sort réalisé ce lundi 14 décembre, les Bleus se retrouveront dans le groupe A avec la Nouvelle-Zélande, l'Italie et deux autres équipes pas encore connues.

Un engagement local de l'ordre de 3 millions d'euros

L'organisation de quatre matchs à Bordeaux, peut-être même cinq a laissé entendre Claude Atcher, ne sera pas financièrement neutre pour Bordeaux Métropole en 2023 : sans pour autant dépasser les enjeux écolo-socio-économiques portés par la manifestation ont démontré Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole et le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic.

"Accueillir la Coupe du monde de rugby est un atout pour Bordeaux Métropole, où la culture rugbystique locale est très importante, c'est un événement économique d'ampleur métropolitaine et régionale, mais aussi un événement dans le domaine social, avec la création d'emplois et la mise en place de formations, mais aussi un événement exemplaire, de premier plan, dans le domaine écologique.

C'est pourquoi la Métropole va apporter entre 900.000 et 1,2 million d'euros de subventions. Somme que nous complèterons avec un budget annexe qui devrait être de l'ordre de 2,2 millions d'euros", a déroulé en substance Alain Anziani.

L'Euro 2016 inquiétait, la Coupe du monde de rugby rassure

Alors que l'organisation de l'Euro 2016 avait suscité de nombreuses critiques à Bordeaux, en particulier de la part de Pierre Hurmic, alors opposant EELV au maire (LR) Alain Juppé, l'accueil de la Coupe du monde de rugby se présente pour ce dernier sous de bien meilleurs auspices.

Coupe du monde de rugby Webb Ellis

L'authentique coupe Webb Ellis qui sera remise au prochain champion du monde et qui était à Bordeaux ce vendredi (photo Agence Appa/Thibaud Moritz)

"A la mairie de Bordeaux, nous sommes très heureux d'être associés à ce partenariat, sur lequel nous avons eu une réunion extrêmement sérieuse avec l'organisateur, qui nous a rassurée. L'Euro 2016 était une manifestation extrêmement coûteuse, qu'avait notamment été refusée par Nantes", a tout d'abord recadré Pierre Hurmic.

Le maire de Bordeaux s'est ensuite attaché à montrer pourquoi il soutenait avec sa majorité municipale cet événement sportif.

Les raisons de l'enthousiasme bordelais pour la coupe

"Avec la Coupe du monde de rugby 2023 nous abordons un partenariat de nouvelle génération. Par la méthode tout d'abord, nous nous y prenons à l'avance et je remercie Brigitte Bloch (conseillère municipale de Bordeaux déléguée pour le tourisme et l'économie du vin -Ndlr), qui participe depuis plusieurs mois déjà aux négociations, a entamé le maire de Bordeaux.

Le directeur de site sera implanté à Bordeaux, ce qui crée un circuit court très appréciable. Enfin, a-t-il poursuivi, troisième point : il n'est pas question dans ce partenariat que de sport et d'économie puisqu'il comprend un volet social. Le programme Héritage n'est pas une peau de chagrin, mais une véritable contrepartie aux moyens que nous mettons avec enthousiasme dans cette grande manifestation".

350 jeunes recrutés et formés en Nouvelle-Aquitaine

Claude Atcher a souligné le caractère franc de la discussion qu'il a eu ce vendredi matin 11 décembre avec Alain Anziani et Pierre Hurmic.

"Nous venons toujours avec plaisir à Bordeaux, à cause de la qualité des échanges que nous y avons", a éclairé le patron de France 2023.

Il a rappelé que le schéma qui s'est dégagé de la Coupe du monde de rugby au Japon prédit la venue de 600.000 visiteurs étrangers, qui dépenseront 5.000 euros par tête pendant 15 jours. Du pain béni par les temps qui courent... Après avoir souligné que tout le programme avait été coconstruit avec les collectivités, le président de France 2023, qui a tenu à relever qu'un "événement sportif peut être exemplaire", a annoncé que 2.023 jeunes seraient recrutés et formés en France à l'occasion de la Coupe du monde de rugby 2023, dont 350 en Nouvelle-Aquitaine.

Lire aussi : Quel est l'impact du stade Matmut Atlantique sur l'économie locale ?

Aide au financement du permis de conduire

Ces jeunes seront formés localement, a-t-il souligné, afin de ne pas être à plus de 50 kilomètres du lieu de leur stage.

"Nous financerons également une partie de leur permis de conduire. Nous recruterons 50 % d'hommes et de femmes, et 10 % d'handicapés. Toutes nos équipes seront à 90 % transportées en train", n'a pas oublié de préciser Claude Atcher.

L'implantation des camps de base, il y en aura 12 en Nouvelle-Aquitaine pour un total de 78 en France, n'est pas encore connue. Les premières visites dans ce sens doivent commencer en novembre 2021. Dès le mois de mars, 200.000 billets seront disponibles. Pas plus qu'Alain Anziani le maire de Bordeaux n'aime les Fans zones, et ça tombe bien parce que le directeur de France 2023, qui préfère parler de « Rugby Village », en attendant mieux, non plus...

Paul Couet-Lannes, le directeur de site

Tout juste âgé de 29 ans, Paul Couet-Lannes, originaire de Pau et futur directeur du site aquitain pour la Coupe du monde de rugby, qui vient de s'installer au port de la Lune, a déjà une carrière de joueur de rugby professionnel derrière lui, qu'il a achevé à Anglet après être passé notamment par les équipes de Mont-de-Marsan et Bayonne. Son épouse est bordelaise et à terme il dirigera une équipe d'une dizaine de personnes.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :