Sommet Afrique-France : Bordeaux sonne la mobilisation générale

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Patrick Bobet, le président de Bordeaux Métropole, Stéphanie Rivoal, secrétaire générale du sommet, Nicolas Florian, maire de Bordeaux, et Pierre de Gaétan Njikam, 3e adjoint au maire de Bordeaux chargé des partenariats avec l'Afrique.
Patrick Bobet, le président de Bordeaux Métropole, Stéphanie Rivoal, secrétaire générale du sommet, Nicolas Florian, maire de Bordeaux, et Pierre de Gaétan Njikam, 3e adjoint au maire de Bordeaux chargé des partenariats avec l'Afrique. (Crédits : PC / La Tribune)
Bordeaux accueillera le 28e sommet Afrique-France du 4 au 6 juin 2020 sous le signe de la ville durable. A cinq mois de cet évènement de très grande ampleur où 25.000 participants sont annoncés, les pouvoirs publics ont affiché leur enthousiasme et leur mobilisation tous azimuts. Plus de 50 évènements sont prévus pendant trois jours tandis qu'un "contre-sommet" se tiendra également.

Pas encore de programme détaillé mais une liste d'évènements, conférences, projections, colloques, ateliers, concerts et rencontres sportives déjà longues de plus de 50 items. Les contours de cet évènement où seront invités 54 chefs d'Etat, 15.000 acteurs, 2.000 journalistes et 500 entreprises françaises et africaines pour un total de 25.000 participants attendus ont déjà été présentés en septembre dernier.

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En ce début d'année, c'est davantage sur la mobilisation générale des acteurs du territoire métropolitain et girondin que l'accent a été mis. Le Football club des Girondins de Bordeaux, l'Université de Bordeaux, l'Université Bordeaux Montaigne, le réseau So Coopération, la CCI de Bordeaux Gironde, le Barreau des avocats de Bordeaux et le Grand port maritime de Bordeaux ont tous exprimé leur adhésion et leur soutien actif à la réussite pleine et entière de ce sommet, multipliant les propositions de d'évènements et de partenariat autour du slogan "Bordeaux à l'unisson du Sommet Afrique-France".

500.000 € pour les entreprises girondines

"C'est une opportunité inespérée pour Bordeaux et la Gironde de rayonner et de démontrer leur attractivité", a insisté Patrick Bobet, le président de Bordeaux Métropole, rappelant que la Métropole et la ville de Bordeaux tiendront un stand commun de 300 m2 situé à l'entrée de la Cité des solutions. Ce vaste salon professionnel sera dédié aux projets et aux solutions pour la ville et les territoires durables autour de sept thématiques : les services essentiels, nourrir les villes, la vie dans la ville, se connecter, construire et embellir, se déplacer et financer les projets. "Il faut mettre en avant le dynamisme de notre territoire avec un maximum d'entreprises locales !", ajoute l'élu métropolitain. La Ville et de la Métropole ont précisément reçu en ce sens une enveloppe de l'Etat de 500.000 € pour faciliter la participation des entreprises girondines à la Cité des solutions.

"Il ne s'agit pas d'aller expliquer aux autres ce qu'il faut faire ou ne pas faire mais de mettre en avant nos expertises tout en gardant à l'esprit qu'il reste beaucoup à faire ici", ajoute Nicolas Florian, le maire de Bordeaux, qui se réjouit de voir "Bordeaux tenir sa place dans le rayonnement international".

Sommet... et sontre-sommet

Dans le même temps, c'est un événement à l'autre bout du spectre qui se prépare. Présenté en décembre dernier au Club de la presse par un collectif de plusieurs associations soutenu par plusieurs mouvements politiques d'extrême-gauche, ce "Contre-sommet Françafrique 2020" prend le contre-pied de la manifestation programmée du 4 au 6 juin. Dans la ligne de mire des organisateurs du contre-sommet, la philosophie même du sommet officiel. Ces derniers écrivent ainsi dans leur manifeste : "Un continent face à un pays. Une cinquantaine de chefs d'États face à un seul gouvernement. [...] Nous dénonçons tout d'abord cette forme de domination néocolonialiste qui perdure 60 ans après les indépendances des États africains. Sur tous les plans, la France continue d'exercer une domination sur le continent africain : monétaire, économique, culturelle, militaire, diplomatique... Quand bien même il s'agit « d'aider » les pays du continent, comment peut-on encore en 2019, le faire main dans la main avec des régimes qui bafouent les droits humains et interdisent l'émancipation des peuples ? [...] Interventionnisme politique et militaire, permanence des réseaux d'influence « françafricains » et étranglement monétaire par le Franc CFA conduisent à des renoncements démocratiques et environnements dramatiques pour les peuples africains."

Plusieurs intervenants d'horizons divers (présidentes d'associations, étudiant...) ont pris la parole lors de cette conférence de presse de décembre, chacun livrant une vision abrupte (mais pas moins réelle) des relations entre la France et les Etats africains, taclant une politique et plus largement un comportement jugé néocolonialistes. Dépeignant une France qui pillerait et manigancerait pour conserver une relation dominant-dominés, les organisateurs ne font preuve d'aucune tendresse pour le Sommet Afrique - France, accusé de faire perdurer le rapport de force déséquilibré, cinglant un entre-soi éloigné des réalités des populations africaines, et qui plus est organisé à Bordeaux, ancien port colonial. Le thème de la ville durable ne trouve pas non plus d'écho, "néocolonialisme repeint en vert" coupable d'importer la vision française d'entreprises jugée prédatrices.

Les discussions lors de cette conférence de presse, menée par Karfa Diallo, chef de file de l'association Mémoires et Partages, ont aussi laissé la porte ouverte aux participants du sommet Afrique - France qui voudraient découvrir également les propositions portées lors du contre-sommet. Sans vouloir perturber le sommet, qui aura lieu à la même période, les organisateurs imaginent pour l'heure plusieurs dimensions à leur événement annoncé "alternatif et festif" mais aussi très concret, incluant des pans économiques, culturels, sociaux... Trois commissions ont été constituées pour plancher sur le projet et notamment sur le programme, son financement et sa communication.

Contre-Sommet Françafrique 2020

Les représentants des associations qui œuvrent à un Contre-sommet (photo La Tribune / Mikaël Lozano)

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