Arrosia substitue la gemme de pin landais aux résines pétrochimiques (3/5)

Fondée en mars 2020, la startup angloye Arrosia a lancé début janvier sa première ligne de production de résine 100 % biosourcée, à base de gemme de pin maritime. Avec déjà une centaine de clients au compteur, séduits par ce substitut aux résines pétrochimiques. Explications.

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Camille Suarez, à gauche, et l'équipe d'Arrosia.
Camille Suarez, à gauche, et l'équipe d'Arrosia. (Crédits : Arrosia)

Proposer une alternative aux résines d'origine pétrochimiques, en misant sur une ressource à la fois locale, naturelle, et à forte identité culturelle : tel est le défi que s'est lancé Camille Suarez il y a près de cinq ans, jetant son dévolu sur la résine de pin maritime. Depuis, elle a fondé en mars 2020 la société Arrosia, implantée à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), qui fournit déjà cette résine 100 % biosourcée à une centaine de clients européens, dans les secteurs de l'ameublement (décoration, mobilier, agencement, PLV) et des packaging (cosmétiques) notamment.

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Outre une moindre dépendance aux énergies fossiles, ces clients y trouvent aussi une ressource plus efficiente. "Notre résine est réutilisable jusqu'à six fois sans pertes de propriétés, cela signifie que les clients réduisent considérablement les pertes et déchets en phase de fabrication de leurs produits", explique Camille Suarez à La Tribune.

« Un pied dans la forêt, un pied dans l'usine »

Son leitmotiv : travailler dans une logique écosystémique avec les acteurs du territoire. "Notre développement est basé sur la synergie des acteurs locaux", poursuit-elle. "Nous voulons travailler à partir de l'existant, pour mutualiser les ressources et ne pas réinventer tout un système".

C'est donc logiquement qu'elle s'est associée à l'entreprise Holiste, qui a mis au point une technique d'extraction de la résine de pin respectueuse de l'environnement, ainsi qu'à Biolandes, producteur d'huiles essentielles et d'extraits naturels à base d'aiguille de pin. "De notre côté, notre rôle est d'assurer l'expertise de l'amont jusqu'à l'aval : un pied dans la forêt, un pied dans l'usine" !, résume la fondatrice d'Arrosia qui compte sept collaborateurs.

Arrosia

Des éléments produits en résine de pin (crédits : Arrosia).

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Neuf tonnes à produire en 2023

Et à l'aval, la logique de coopération reste de mise, via le bureau d'études créé en interne pour accompagner les clients dans l'élaboration du produit fini. "Nous sommes dans une démarche de co-création assez poussée", poursuit Camille Suarez, expliquant travailler à des formulations adaptées aux procédés de fabrication de sa clientèle. La condition sine qua non "pour qu'ils intègrent le plus de biosourcé possible dans leurs process".

Forte d'une première levée de fonds en 2021, la start-up a mis en place une première chaîne de production pilote, opérationnelle depuis janvier 2022. De quoi viser la production de neuf tonnes de résine en 2023, et passer de la phase prototypage à l'industrialisation.

Puis la montée en échelle se fera progressivement, au gré des capacités d'Arrosia à répondre à la demande. Qui ne manque pas : "Nous sommes de plus en plus sollicités", assure Camille Suarez, qui envisage une nouvelle levée de fonds d'ici à 2025, pour lancer une deuxième ligne de production. Pour l'heure, le chiffre d'affaires 2021 s'élève à 60.000 euros, alimenté uniquement par le bureau d'études.

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