A Darwin, Résurrection lève 800.000 euros pour ses crackers bios certifiés AB

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Marie Kerouedan et Nathalie Golliet
Marie Kerouedan et Nathalie Golliet (Crédits : Résurrection)
Les deux associées de Résurrection ont conçu une nouvelle génération de crackers au profil sexy : issus de la valorisation de déchets de céréales et de marc de pomme, ils sont bios, certifiés AB et vendus dans des emballages zéro plastique et 100 % recyclables. Qui dit mieux ?

Marie Kerouedan et Nathalie Golliet, créatrices en janvier 2018 de la marque Résurrection, ont développé une gamme de crackers fabriqués à partir de drêches de malt issues de la fabrication de bière. Ces résidus produits par le brassage de céréales sont ordinairement jetés ou donnés aux animaux. Comme le rappelle Nathalie Golliet, c'est lors d'un atelier sur la fabrication de bière suivie en 2016 que Marie Kerouedan s'est aperçue que la fabrication de 1.000 litres de bière générait la production de 300 kilos de drêches de malt, qui étaient perdues.

"Quel gâchis ! Comment cette céréale riche en fibres, vitamine B, sélénium, phosphore, fer, zinc, cuivre et magnésium pouvait se retrouver à la poubelle ou envoyée en alimentation animale ? Très vite l'idée a émergé, se souvient Nathalie Golliet. Nous devions trouver une manière de donner une seconde vie à cette matière qui sent bon les tartines grillées. Nous savions qu'un modèle vertueux était possible, poursuit-elle, il fallait le penser. Nous voulions du local, du bon, du gourmand et du sain. Nous avons testé, exploré, inventé et développé six recettes, épaulées par Madeleine York, ingénieure en recherche et développement, qui a rejoint notre équipe dès 2018".

Le Club des Prophètes et Le Duff parmi les investisseurs

Les créatrices de Résurrection, dont le concept est né à Paris, viennent de boucler cette première levée de fonds de 800.000 euros avec un tour de table qui a réuni de nombreux investisseurs dont le groupe breton Le Duff, plus connu par sa marque La Brioche dorée ou encore le Club des Prophètes. La petite fragrance biblique qui se dégage de cette association avec Résurrection ne dépasse pas le stade de l'anecdote.

"Nous avons trouvé le nom de notre marque en faisant travailler des ateliers sur le sujet. Nous voulions une marque forte, et comme nous avons mis au point une recette qui redonne une deuxième vie aux drêches, Résurrection s'est imposée. Quant au Club des Prophètes c'est un pool d'investisseurs implanté à Paris et à Bordeaux qui a décidé d'investir dans notre projet. Tout comme le groupe Le Duff et d'autres investisseurs. Nous avons pris du temps pour les sélectionner. Cette levée de fonds ne va pas remettre en cause notre positon dans le capital de la société où nous allons rester largement majoritaires, Nathalie et moi", déroule Marie Kerouedan.

Résurrection, marque de la société Intelligence culinaire, est aussi appuyée par le groupe familial breton Triballat Noyal (à Noyal-sur-Vilaine), très engagé dans le bio et dont la marque Sojasun a une forte notoriété.

Une startup innovante et bien accompagnée

Installée à Darwin-Ecosystème, à Bordeaux Bastide, la startup a démarré avec de fortes ambitions et trouvé une solution originale pour se lancer. "Nous avons pu installer une ligne de production dans une usine partenaire, en Dordogne", relève Marie Kerouedan, qui précise que Résurrection bénéficie du soutien de Charente Périgord Expansion, filiale du Crédit agricole Charente Périgord. La startup a le statut envié de Jeune entreprise innovante et est également appuyée par la pépinière Le Campement, à Darwin, et Le Village by CA Aquitaine, mais aussi Bpifrance, la French Tech Bordeaux ou encore la Région Nouvelle-Aquitaine, pour ne citer que ces exemples.

"Avec cette levée de fonds nous poursuivons trois objectifs : accélérer la commercialisation des crackers puisque nous avons déjà commencé à faire nos preuves sur le marché ; installer la marque en identifiant son bon positionnement marketing, et financer notre recherche et développement pendant les trois prochaines années, car nous sommes pionnières, éclaire Marie Kerouedan. Actuellement, poursuit-elle, nous proposons six recettes différentes, avec deux gammes de drêches : maltées issues de la brasserie (quatre recettes) et depuis 2019 avec le marc de pomme, collecté avant fermentation auprès de nos partenaires bios", décrypte Marie Kerouedan.

Les crackers issus des six recettes de Résurrections sont aujourd'hui distribués dans plus de 300 points de vente, hors GMS (grandes et moyennes surfaces), via les réseaux Biocoop, des magasins Naturallia, et So.Bio D'ici deux ans Marie Kerouedan compte bien avoir sa propre usine en Dordogne.

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