Addiction au cannabis : Aelis Farma réunit 20 M€ pour déployer son traitement innovant

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Le docteur Pier-Vincenzo Piazza, le co-fondateur et président d'Aelis Farma.
Le docteur Pier-Vincenzo Piazza, le co-fondateur et président d'Aelis Farma. (Crédits : Agence APPA)
La société bordelaise issue de l'Inserm, Aelis Farma, annonce avoir bouclé un tour de financement de 20 M€ auprès d'acteurs locaux, nationaux et internationaux. Objectif : financer le développement clinique aux Etats-Unis de ses médicaments ciblant l'addiction et la psychose liées au cannabis, d'une part, et les déficits cognitifs de la trisomie 21, d'autre part.

Les médicaments développés par Aelis Farma depuis 2014 se fondent sur des inhibiteurs sélectifs permettant de cibler une pathologie sans dégrader le fonctionnement normal de l'organisme et donc sans induire d'effets indésirables. Une innovation thérapeutique développée par Pier-Vincenzo Piazza saluée par le Grand prix de l'Inserm et le prix de neurologie de l'Académie des sciences en 2015. Après avoir levé 1,5 M€ à sa création, cette société de biotechnologie issue de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), franchit un nouveau cap dans son développement.

Une levée de fonds de 11 M€

Aelis Farma, basée à Bordeaux, annonce ainsi avoir levé 11 M€ auprès de partenaires locaux et nationaux : la Région Nouvelle-Aquitaine, les fonds régionaux ACI (piloté par Aquiti Gestion), Naco et Aelis Innovation (piloté par Irdi Soridec Gestion), Inserm transfert initiative, et Bpifrance. Cette augmentation de capital déjà conséquente est complétée par des subventions obtenues auprès de ses partenaires scientifiques aux Etats-Unis, dont l'Institut national de la santé (NIH, NIDA), à hauteur de 9 M€. Ces moyens financiers, négociés depuis près de deux ans, doivent permettre à Aelis Farma de finaliser en 2020 ses premières études cliniques internationales de phase II, en particulier dans le traitement de l'addiction au cannabis.

"La stratégie d'Aelis Farma repose sur une découverte de rupture en neuropharmacologie qui peut transformer la façon de traiter des pathologies neurologiques graves sans thérapies disponibles. Cette levée de fonds nous procure les moyens nécessaires pour poursuivre le développement de nos deux médicaments "first in class". L'AEF0117, est actuellement en phase II aux Etats-Unis dans le traitement des troubles liés à l'utilisation du cannabis, enjeu de santé publique majeur dans le contexte de la légalisation progressive de cette substance. L'AEF0217 rentrera en phase clinique en 2020, pour le traitement des déficits cognitifs et notamment ceux de la trisomie 21, aujourd'hui sans traitement. Nous envisageons une autorisation de mise sur le marché américain du médicament le plus avancé, l'AEF0117, à l'horizon 2025", déclare Pier Vincenzo Piazza.

Deux marchés ciblés prioritairement

L'étude de phase II sur l'addiction au cannabis, qui s'achèvera courant 2020,  est conduite aux Etats-Unis en collaboration avec l'Université de Columbia, analyse les effets de l'AEF0117 sur 64 patients dépendants au cannabis. Avec une autorisation espérée pour 2025 aux Etats-Unis, Aelis Farma vise un marché du traitement des troubles liés à la consommation du cannabis plutôt dynamique. "Son usage récréatif est croissant dans les pays développés. En France, le taux d'expérimentation du cannabis est passé de 12,7 % en 1992 à 44,8% en 2017 et 3% de la population française (18-64 ans), soit plus de 1,5 million de personnes, en font un usage problématique", souligne l'entreprise bordelaise qui emploie 12 salariés.

L'autre pathologie visée par Aelis Farma concerne les troubles des capacités cognitives et en particulier celles des patients souffrant de trisomie 21. "Les déficits cognitifs de la trisomie, pour lesquels il n'existe à ce jour pas de traitement,ont des conséquences lourdes en termes sociaux et économiques pour les patients et leurs familles", rappelle Aelis Farma qui débutera en 2020 l'étude de phase I.

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Commentaires
a écrit le 14/12/2019 à 9:20 :
Encore un projet fumeux imaginé par les partisans de la prohibition du cannabis,dont on voit l'incompétence et l'ignorance faire place aux croyances. En effet, la plante n'est pas addictive et son usage même intense n'est ni une pathologie, ni une intoxication. L' usage problématique en France n'est pas le cannabis, mais la mauvaise foi et le mépris des politiciens qui continuent de noyer notre pays dans les trafics, et de persécuter nos concitoyens en opposition à cette inacceptable incrimination idéaliste. L'objectif sous-entendu de ce projet inique, consisterai à obliger nos concitoyens à subir ce placebo toxique par injonction thérapeutique pénale, comme c'est déjà dans le cadre arbitraire de la loi.
a écrit le 13/12/2019 à 22:50 :
Le cannabis est connu depuis longtemps pour ne pas être addictif. C'est la nicotine associé à cette drogue qui l'est.

La consomation régulière exacerbe les problèmes psy des sujets.

Trouver un médicament à ce sujet revient à trouver un médicament contre l'oméhopathie, le syndicalisme ou les crise financières. En gros, c'est idiot...
a écrit le 13/12/2019 à 17:30 :
Difficile de faire confiance aux médicaments quand on sait que la pilule qui "calme" les enfants "turbulents" est de plus en plus vendue. Quelle crédibilité alors qu'avec une absence totale de prise de recul sur les modes de vie de plus en plus anxiogènes que nous adoptons du fait de la financiarisation de notre économie et de son exigence que nous allions toujours plus vite ?

LE médicament, une économie comme une autre ?

Bah de toutes façons je me fais censurer systématiquement sur ce sujet là, questionner le secteur semblant déjà interdit, tu m'étonnes vu comme il est allé loin, c'est bien que mes doutes sont fondés hein...

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