Pérennité des startups, emplois créés... Unitec à l'épreuve des chiffres

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Stéphane Rochon, directeur général d'Unitec
Stéphane Rochon, directeur général d'Unitec (Crédits : Bordeaux Unitec)
Basée à Pessac, la technopole Unitec publie un très bon bilan chiffré de son action. Il en ressort que les 447 entreprises accompagnées par ses soins sont globalement très pérennes, restent sur le territoire girondin et qu'elles ont généré 4.221 emplois depuis 1989.

"Nous ne sommes pas Y Combinator ni un incubateur fun où on joue au baby-foot. Nous faisons du développement économique en cherchant à placer les entreprises dans les meilleures conditions possibles au moment de leur lancement", cadre en préambule Stéphane Rochon. Le directeur général d'Unitec, ancien entrepreneur lui-même, fait référence à un des emblèmes ayant contribué au succès d'Airbnb, Dropbox, Reddit... dans leurs jeunes années. Unitec n'a pas pour objectif premier de contribuer à la naissance de licornes, mais bien d'une myriade d'entreprises pérennes qui contribuent à dynamiser et fertiliser le territoire métropolitain. Et comme "sans mesures, point de progrès", la technopole s'est livrée à l'exercice du bilan chiffré depuis 1989, appelé à devenir annuel. Il ressort du document publié en ce début 2019 que sur les 447 startups "nées" à Unitec, 322 sont toujours actives, soit un taux de pérennité de 72 %, bien au-dessus des standards moyens.

"Ce chiffre grimpe de 14 points, à 86 %, sur la pérennité à 5 ans, précise Stéphane Rochon. Tous ces éléments montrent que le taux de survie d'une entreprise qui est accompagnée est supérieur. »

Parallèlement, ces 322 startups toujours en activité ont créé 4.221 emplois. Si la moyenne globale est de 13 emplois par entreprise interrogée, certains poussent beaucoup plus loin comme le spécialiste des lasers Amplitude Systèmes, accompagnée en 2002 et qui emploie aujourd'hui 185 salariés. Ce total de 4.221 emplois n'inclut pas les emplois générés par les sociétés qui ont essaimé à partir d'anciens accompagnés. Stéphane Rochon relève également que "91 % des sociétés nées dans l'agglomération bordelaise restent en Gironde et s'y développent " Précisément, 49 % sont aujourd'hui installées à Bordeaux ou à Pessac. En y ajoutant les villes voisines de Martillac, Mérignac et Talence, on arrive aux deux-tiers de ces entreprises accompagnées. Seules 8 % ont fait le choix de quitter la Nouvelle-Aquitaine.

44 dossiers retenus en 2018 sur 140 présentés

Œuvrant lors de la création de l'entreprise (incubation), lors de sa structuration (pépinière) et lors de son accélération (via le programme UpGrade), Unitec emploie 20 personnes dont 12 "startups managers" et est partenaire de 21 sites d'hébergement. La fusion avec l'agence AEC Communication et Fontaulab, dispositif qui relie entreprises innovantes et utilisateurs, est désormais "digérée". Elle opère sur trois verticales : les sciences de l'ingénieur (46 % des emplois depuis 1989), les sciences de la vie (32 %), et le numérique (22 %). Attention toutefois tant le numérique est soluble dans la plupart des activités et se révèle porteur ces dernières années, montant plutôt à 50 %. "Il génère pour l'instant de petites boîtes, même si c'est en train de changer", estime Stéphane Rochon.

Unitec a gardé 44 dossiers l'an passé parmi les 140 projets reçus, portant à 128 le nombre de startups accompagnés sur 2018. Globalement, "nous voyons arriver moins de projets numériques « lights », la 25e place de marché ou de mise en relation, au profit de plus de dossiers porteurs d'une vraie innovation technologique ou d'usage, protégeable et plus tangible", observe Stéphane Rochon. Le directeur général d'Unitec souligne, comme beaucoup, que si le premier tour de table ne pose généralement pas de problème, c'est plutôt le second, "la tranche de 2,5 à 5 millions, qui n'est pas évidente. Il nous faut être vigilant car c'est là que les startups pourraient partir à Paris."

Deux priorités sont fixées : la première concerne le programme UpGrade lancé par le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine et opéré par Unitec. Dédié aux startups en cours d'accélération (la phase de "up" qui arrive après le "start"), il doit amener les sociétés accompagnées à franchir des caps importants, les menant jusqu'à la cinquantaine de salariés et à se positionner à l'international entre autres. Un appel à candidature sera lancé pour la 3e promotion durant ce mois de mars. Stéphane Rochon juge également prioritaire le travail sur un meilleur financement des entreprises post-amorçage, encore souvent fragiles :

"Le timing de cette première véritable levée de fonds est très difficile. Si elle arrive trop tôt, les fondateurs vont se retrouver méchamment dilués au capital. Si elle arrive trop tard et que l'entreprise n'est pas rentable, le risque est qu'elle prenne plus de temps que prévu et que pendant ce temps, la startup aille dans le mur."

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