Très haut-débit : sept départements de Nouvelle-Aquitaine présentent leur réseau de fibre optique

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Le réseau d'initiative publique régional s'étend sur sept départements de Nouvelle-Aquitaine. 500.000 prises doivent être commercialisées d'ici 2022.
Le réseau d'initiative publique régional s'étend sur sept départements de Nouvelle-Aquitaine. 500.000 prises doivent être commercialisées d'ici 2022. (Crédits : NATHD)
Commercialiser 450.000 prises en fibre optique en cinq ans afin d'atteindre une masse critique susceptible de séduire les fournisseurs d'accès à internet : c'est l'objectif du réseau d'initiative publique (RIP) de très haut-débit porté par sept départements ruraux de Nouvelle-Aquitaine et la Région au sein d'une société publique locale. Les premiers branchements sont prévus dès le mois de septembre.

C'est une application littérale du vieil adage "l'union fait la force". Sept départements ruraux de Nouvelle-Aquitaine (Charente, Corrèze, Creuse, Dordogne, Landes, Lot-et-Garonne et Haute-Vienne) et la Région ont décidé de s'associer pour déployer un réseau d'initiative publique (RIP) de fibre optique sur leur territoire par le biais de la société publique locale Nouvelle-Aquitaine très haut-débit (NATHD). Qualifié de "plus grand réseau de fibre optique du Sud-Ouest", ce projet d'envergure a été présenté à une vingtaine d'opérateurs privés conviés, ce vendredi 23 mars, au Conseil régional.

1,4 Md€ d'investissements

"A partir du moment où un opérateur vient sur notre réseau, il sait qu'il aura accès à terme à près de 500.000 clients potentiels. Cet effet de masse est un argument à la fois technique et commercial en faveur de notre réseau qui sera ouvert à tous les opérateurs, quelle que soit leur taille", explicite Mathieu Hazouard, président de NATHD et conseiller régional en charge du très haut-débit et de l'économie numérique. A titre de comparaison, la couverture du seul département de la Gironde hors Bordeaux Métropole représente plus de 400.000 prises contre exactement 456.000 pour l'ensemble de ces sept départements.

Ces 456.000 raccordements, qui représentent un investissement public de 1,4 Md€, apportés par les communautés de communes, les départements, la Région, l'Etat et l'Union européenne, ne constituent cependant qu'une première tranche qui court jusqu'en 2022. Les premiers branchements devraient intervenir dès septembre 2018 avant de s'échelonner jusqu'en 2022. La suite reste encore floue notamment dans l'attente d'une confirmation financière de l'Etat attendue pour le second semestre.

La mise en commun permet, d'une part, d'assurer aux opérateurs des conditions d'accès identiques sur le territoire des sept départements et, d'autre part, de garantir aux futurs clients, particuliers ou entreprises, un même tarif partout.

Un meccano institutionnel complexe

En coulisse, le meccano institutionnel est loin d'être simple. Le réseau en lui-même sera construit par les cinq syndicats mixtes numériques actionnaires de la société publique locale NATHD (Périgord numérique, Syndicat d'équipement des communes des Landes, Lot-et-Garonne numérique, Charente numérique et Dorsal, le service public du numérique en Limousin). Ces cinq acteurs publics seront les propriétaires du réseau dont ils confieront la gestion en concession à NATHD et son partenaire technique Axione-Bouygues énergies & services. C'est donc la SPL qui se chargera de la commercialisation des prises et du reversement des futures recettes aux actionnaires. "On a été prudent sur les prévisions de recettes mais on peut tabler sur un équilibre de la SPL en 2020/2021 une fois qu'un nombre significatif de prises auront été commercialisées", indique Mathieu Hazouard. Chacun des cinq actionnaires utilisera ensuite ces recettes comme il le souhaite en fonction de ses projets et priorités politiques.

"La Charente est un département rural à 95 % et très rural à 30 ou 40 %. Ce réseau commun permettra d'éviter une couche de fracture supplémentaire en matière d'accès au numérique alors même que les territoires ruraux ont des besoins très importants pour accéder aux services publics en ligne, à la télémédecine, etc.", détaille Jacques Chabot, le président du syndicat mixte Charente numérique. Une préoccupation partagée par Mathieu Hazouard, au titre de la Région Nouvelle-Aquitaine : "La fibre permettra de faire vivre des entreprises et des activités économiques partout sur le territoire pour éviter les effets de concentration et favoriser un équilibre entre territoires." Pour rappel, dans ces sept départements, les zones couvertes par les opérateurs privés, c'est-à-dire les centre-ville et zones denses, ne représentent que 9 % du territoire et 30 % de la population.

Dans le détail, les 456.000 prises qui devront être opérationnelles d'ici 2022 se répartissent comme suit :

  • 155.000 prises en Haute-Vienne, en Corrèze et dans la Creuse,
  • 107.000 prises en Charente,
  • 90.000 prises dans les Landes,
  • 64.000 prises en Dordogne,
  • 40.000 dans le Lot-et-Garonne.

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Commentaires
a écrit le 26/03/2018 à 11:54 :
Encore des travaux effectués par le contribuable pour des profits seulement pour les actionnaires privées.

Pourquoi continuer de nous saigner pour des milliardaires ?

Cette compromission hommes d'affaires politiciens est aussi aberrante que abjecte.

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