Internet très haut-débit : Orange déploiera la fibre dans toute la Gironde pour 669 M€

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Jean-Luc Gleyze, le président (PS) du Département de la Gironde, a dévoilé, jeudi 25 janvier, l'opérateur retenu pour le plan Haut Méga : Orange.
Jean-Luc Gleyze, le président (PS) du Département de la Gironde, a dévoilé, jeudi 25 janvier, l'opérateur retenu pour le plan "Haut Méga" : Orange. (Crédits : La Tribune Bordeaux)
D'un montant de 669 M€, dont 90 M€ d'argent public, ce chantier titanesque prévoit le raccordement à l'internet très haut-débit de 100% des foyers girondins au cours des six prochaines années. C'est finalement l'opérateur Orange qui été retenu par Gironde Numérique pour déployer ce réseau d'initiative publique (RIP) de fibre optique dans tout le département.

Fabriquer et déployer 28.800 km de fibre optique pour raccorder en six ans les 410.000 foyers girondins situés en dehors de Bordeaux Métropole et de Libourne. C'est le défi que devra relever l'opérateur Orange qui a remporté, le jeudi 25 janvier 2018, l'appel d'offres lancé par le syndicat mixte Gironde Numérique (structure publique qui réunit le département, les intercommunalités et la région). Cinq autres candidats étaient sur les rangs pour réaliser ce réseau d'initiative publique (RIP), baptisé "plan Haut Méga" par le Département : SFR, Axione, Covage, TDF et le groupement NGE/Altitude. Objectif : raccorder les fameuses zones blanches, ces territoires sur lesquels les opérateurs privés ne veulent pas investir seuls, jugeant leur rentabilité insuffisante.

Une délégation de service public sur 25 ans

Cette délégation de service public (DSP) d'une durée de 25 ans correspond à un investissement de 669 M€ dont 90 M€ apportés par les pouvoirs publics (département, région, intercommunalités, Etat et Union européenne) selon une clef de répartition qui n'est pas encore arrêtée. Le reste des investissements sera financé par Orange via la commercialisation des offres auprès des particuliers et des entreprises au fur et à mesure du déploiement du réseau. Compte-tenu de la superficie de la Gironde, il s'agit du plus important contrat de RIP départemental en France.

Après le plan d'urgence lancé des dernières années pour raccorder 39 communes prioritaires, cette DSP permet de passer à la vitesse supérieure et desservira directement les logements et entreprises (FTTH et FTTE). Les 1.224 chantiers nécessaires pour remplacer ou installer tout le réseau de fibre optique mobiliseront plus de 500 emplois en six ans. "Toutes les intercommunalités de Gironde verront un chantier démarrer dès la première année, c'est à dire dès 2018", a promis Pierre Ducout, le président de Gironde Numérique, lors de la présentation du lauréat qui s'est faite en absence de représentant d'Orange.

Fibre optique Gironde

Chantier de creusement d'un fuseau pour installer la fibre optique en Gironde (Crédits : CD 33).

Les collectivités locales seront propriétaires du réseau

"Nous allons brancher plus de foyers que prévu initialement, plus vite et pour moins cher", s'est félicité Jean-Luc Gleyze, le président (PS) du conseil départemental. Initialement, l'appel d'offre visait le raccordement des 410.000 foyers en dix ans avec 221 M€ de fonds publics. Le Département a décidé en 2016 de résilier le partenariat public-privé qui le liait à Orange depuis 2009 pour déployer la fibre afin de relancer un appel d'offres plus global l'an dernier afin de faire jouer la concurrence. "Les offres des candidats, y compris celle d'Orange, ont beaucoup évolué au cours de la négociation qui a duré un an", détaille Matthieu Rouveyre, le vice-président du département en charge notamment de l'accès au numérique, soulignant que "le modèle économique des opérateurs a aussi été largement remanié avec la multiplication des usages numériques liés au très haut-débit". 

Réalisé par un opérateur privé, le réseau de fibre optique sera cependant la pleine propriété des collectivités locales qui auront donc la pleine maîtrise des coûts et pourront proposer, via des groupements fermés d'utilisateurs (GFU), des services à tarifs réduits aux structures publiques (écoles, collèges, lycées, bibliothèques, maisons des services publics, SDIS, etc.). "Cela doit aussi nous permettre d'innover pour les usages particuliers comme professionnels et de proposer de nouveaux services numériques pour les habitants", note Matthieu Hazouard, le président d'Aquitaine THD et conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine.

Partisan d'une "politique coup de poing" pour déployer le très haut-débit en zone rurale, le Département se montre particulièrement satisfait d'avoir fait jouer la concurrence :

"Le résultat de cet appel d'offres est quasi-extraordinaire, j'en suis très heureux. C'est l'aboutissement d'un projet collectif, d'une volonté politique et d'un savoir-faire technique", a ainsi martelé Jean-Luc Gleyze. "L'accès à internet n'est pas reconnu par la loi comme un service public mais nous revendiquons, en Gironde, un droit à l'internet et aux outils numériques pour lutter contre les fractures sociales et territoriales."

Recettes commerciales et pénalités de retard

Sur le plan juridique, le contrat de DSP prévoit le versement d'une redevance aux collectivités locales par Orange si les recettes de commercialisation des prises dépassent un certain seuil. "On peut raisonnablement espérer récupérer entre 50 et 70 M€ sur les 25 ans de DSP", indique Matthieu Rouveyre. Par ailleurs, une seconde redevance est prévue pour financer des actions d'inclusion numérique et devrait rapporter 340.000 € par an pendant 25 ans.

Enfin, le Département et Gironde Numérique suivront de près le déroulement des chantiers et ont inscrit dans le contrat, selon Matthieu Rouveyre, "de très lourdes pénalités si Orange n'atteint pas les objectifs annuels du nombre de foyers raccordés." Néanmoins, Pierre Ducout, de Gironde Numérique, se montre résolument optimiste : "Orange s'est engagé tant sur la fabrication que sur la pose de la fibre. Sa proposition était la plus crédible en termes de mobilisation de ses ressources humaines et nous connaissons ses sous-traitants en qui nous avons toute confiance."

L'opérateur a promis de raccorder 75 % des foyers en cinq ans et 100 % en six ans ainsi que les nouveaux foyers qui n'existent pas aujourd'hui. Le chiffre total devrait donc approcher les 500.000 branchements sur la durée de la DSP. Les deux-tiers du réseau seront souterrains tandis que le dernier tiers, en particulier pour connecter les maisons isolées, se fera par câbles aériens. Le réseau est prévu pour durer "une bonne cinquantaine d'années".

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Commentaires
a écrit le 27/01/2018 à 6:28 :
et la 5g
a écrit le 26/01/2018 à 18:09 :
Bravo mais un regret, c'est d'avoir accepté dans la négociation de conserver un tiers du réseau en aérien, alors qu'on sait que sur le long terme, c'est rentable car insensible aux intempéries et inbattable quant aux temps de coupure .
Réponse de le 26/01/2018 à 19:11 :
sans doute que c'est plus rapide et facile à gérer, en haut des poteaux. Creuser c'est lourd (ai vu des tranchées faites en Suède, dans les champs, pour la fibre (en retrait de la route pour pouvoir l'élargir un jour ?)). Mais à l'abri des ennuis (y a peu, des gens ont perdu l'accès au web, un camion a percuté/frôlé un poteau, ça a demandé du temps à réparer la fibre coupée).
Mais en cas de besoin d'y accéder, enterré, c'est moins évident.
Ici, on a la téléphonie en hauteur (en ville), la fibre passera au même endroit, il ne vont pas creuser le rocher. Souvent (en ville) ça passe par les goulottes filaires/cuivre/ADSL, y a la place.

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