Comment la FRM appuie la recherche médicale

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Claude Cassagne, Frédérique Camize, Pier Vincenzo Piazza, Joëlle Amédée, Bertrand Cousin et Jean-Philippe Laville
Claude Cassagne, Frédérique Camize, Pier Vincenzo Piazza, Joëlle Amédée, Bertrand Cousin et Jean-Philippe Laville (Crédits : Agence Appa)
La Rencontre avec la Fondation pour la recherche médicale (FRM) a permis de découvrir l’importance des interventions de cet organisme où les chercheurs jouent un rôle déterminant.

La manifestation organisée ce mercredi matin par La Tribune - Objectif Aquitaine avec le Crédit agricole d'Aquitaine, représenté par Laure Lesme, directrice générale adjointe, également responsable de Crédit agricole Aquitaine Mécénat, à l'hôtel Mercure de la Cité mondiale, à Bordeaux, en partenariat avec Sud Hôtesses et Emagison, était consacré à la Fondation pour la recherche médicale (FRM). Cette rencontre, animée par Mikaël Lozano, rédacteur en chef de La Tribune - Objectif Aquitaine, réunissait un remarquable plateau constitué, du côté de la recherche universitaire bordelaise, par les professeurs Joëlle Amédée, directrice du laboratoire de Bio-ingénierie tissulaire, et Pier Vincenzo Piazza, directeur du Neurocentre Magendie (physiopathologie de la plasticité neuronale), qui étaient aux côtés de Frédérique Camize, directrice développement et communication en charge des relations avec les entreprises de la Fondation de la recherche médiale, Claude Cassagne, président du comité Aquitaine de la FRM, ainsi que de deux représentants du monde entrepreneurial : Bertrand Cousin, membre honoraire du Groupement des entrepreneurs talençais, et Jean-Philippe Laville, gérant du cabinet Alur Immobilier à Talence.

32 chercheurs aux commandes

Frédérique Camize a rappelé que la FRM, fondée dans l'immédiat après-guerre, en 1947, soutient les projets les plus prometteurs soit près de 1.000 équipes de recherche médicale et qu'elle s'appuie sur 400.000 donateurs réguliers.

"En 2013, la FRM a consacré 37 M€ aux équipes de recherche, ça peut sembler être une goutte d'eau, mais ce n'est pas vrai car cet argent tombe toujours au bon endroit", a résumé Frédérique Camize.

Si les trois-quarts des financements sont ouverts à tous types de recherche, des appels à projets thématiques complètent le mode d'intervention. La FRM s'intéresse ainsi à des projets importants mais insuffisamment soutenus, comme l'addiction (cigarette, drogue, jeux, etc.). Les décisions sont prises par un comité scientifique de 32 chercheurs et 30 % en moyenne des 1.500 demandes exprimées dans les appels à projet reçoivent une réponse positive. Lui-même ancien directeur de recherche, Claude Cassagne a précisé que le Comité aquitain de la FRM compte 12 membres, qu'il a soutenu 68 projets de recherche entre 2011 et 2014, moyennant 7,2 M€, dont 18 recherches pour 2,2 M€ en 2014, "ce qui est considérable", a-t-il relevé.

Reconstruire après un cancer de la voie orale

Claude Cassagne a ensuite précisé que l'appel d'offres national sur la physiopathologie de l'addiction a retenu 13 lauréats, dont 5 Bordelais, ce qui démontre le haut niveau d'expertise des chercheurs. "Nous n'agissons pas seuls, a complété Claude Cassagne, et notre soutien le plus important reste celui de Crédit agricole Aquitaine Mécénat."

Directrice du laboratoire de Bio-ingénierie tissulaire (45 personnes), Joëlle Amédée se focalise sur la régénération des tissus osseux et des vaisseaux, en travaillant sur le concept d'organes et de tissus bio-artificiels.

"Nous nous intéressons en particulier aux cancers de la voie orale. Enlever la tumeur entraîne une grosse perte d'os et de tissus irradiés, ce qui oblige à reconstruire. Grâce à un appel à projet de la FRM, le laboratoire a pu bénéficier d'une aide de 400.000 €, c'est important parce qu'il y a de fortes attentes des patients sur la reconstruction et qu'il faut former les étudiants sur le sujet en thèse comme en master", a expliqué Joëlle Amédée.

Démonter les mécanismes de l'addiction

Unité de pointe d'envergure internationale dont la constitution a été fortement soutenue par le Conseil régional d'Aquitaine, le Neurocentre Magendie, dirigé par Pier Vincenzo Piazza, compte 10 équipes de recherche (physiopathologie de l'addiction, pathologies du système moteur, physiopathologie de l'équilibre énergétique et obésité, etc.), un effectif de 190 personnes, dont 26 chercheurs, 13 professeurs et 5 maîtres de conférence, et un budget annuel de 11 M€. Pier Vincenzo Piazza a tout d'abord précisé dans quels domaines intervient le Neurocentre Magendie.

"Notre travail porte sur l'invisible indispensable, sur ce qui vous frappe le plus en profondeur, vous rend triste, malheureux, pour savoir ce qui mène à l'addiction. Notre unité est l'un des meilleurs groupes de recherche sur l'addiction, son domaine est celui des maladies psychiatriques et cognitives, a pointé le directeur. Dans ce contexte je voudrais rendre un hommage total à la FRM, a-t-il poursuivi. Une structure privée qui est devenue aussi prestigieuse, voire plus, que les structures publiques."

Jusqu'à 80 % d'un projet

Pier Vincenzo Piazza a ensuite détaillé les grands postes de fonctionnement de son Institut pour mettre en relief le côté massif de l'ossature qui porte la recherche à ce niveau d'expertise. "Sur 11 M€ de budget, j'ai 7 M€ de salaires, 2 M€ de frais fixes, 0,6 M€ en chauffage, etc. Nous finançons les recherches avec ce qui reste. Je ne me plains pas, j'ai l'un des instituts les mieux financés du pays et toutes ces dépenses entrent dans la recherche. Mais il est facile de comprendre que l'apport de la FRM puisse être vital pour mes équipes et représenter parfois 80 % du financement d'un projet", détaille le patron du Neurocentre Magendie. La FRM, qui, comme l'a rappelé Frédérique Camize est largement contrôlée par les chercheurs, s'occupe aussi de faire revenir les post-doctorants de leurs stages à l'étranger, en leur trouvant des postes en France.

"On sait faire ça aussi, le soutien aux doctorants, l'aide à leur retour ou à leur arrivée à Bordeaux, pour assurer l'amorçage de jeunes équipes de recherche" a confirmé Claude Cassagne.

Transparence scientifique

Frédérique Camize est revenue sur les avantages qu'apporte le mécénat au mécène. Au-delà de l'avantage fiscal (60 % de réduction d'impôt sur le montant du don, jusqu'à 0,5 % du chiffre d'affaires hors taxes pour une entreprise), "le mécénat est aussi un outil de mobilisation des salariés en interne, sachant que 45 % des Français se sentent concernés par la recherche" a argumenté Frédérique Camize. S'assurer que le don aura un impact maximal, être capable de suivre le développement d'un projet scientifique : ces règles constitutives de la FRM font que la Fondation "est capable de dire à ses donateurs : voilà ce qui s'est passé grâce à vous, sachant que nous nous engageons aussi bien sur des disciplines que des territoires, comme l'Aquitaine, qui compte beaucoup de belles équipes", a observé la représentante de la FRM. Devenu donateur de la FRM par l'entremise de Nicole Durand, présidente de l'association organisatrice du meeting international d'athlétisme Décastar, à Talence, Jean-Philippe Laville n'a pas caché le plaisir que lui procurait le fait de soutenir les actions de la fondation et de pouvoir aller à la rencontre des chercheurs.

Soutien financier et logistique

Bertrand Cousin, membre du Groupement des entrepreneurs talençais (GET), présidé par Marc Labourdette, a confirmé qu'il avait lui aussi rencontré Nicole Durand puis l'association Mécénart, présidé par Maxime Lebreton, qui a convaincu le GET de soutenir la FRM.

"Nous aidons la FRM car la Fondation soutient des laboratoires du campus universitaire, tout proche, qui pourront ensuite devenir membres de notre groupement, c'est du recrutement à long terme" s'est amusé Bertrand Cousin, qui a souligné que pour le groupement "il s'agissait de faire le meilleur". Laure Lesme a expliqué que Crédit agricole Aquitaine Mécénat est le nouveau véhicule de la stratégie mécénat de la caisse régionale, qui a pris la suite du fonds commun de placement créé par la banque verte en 1994, qui reversait 1 % de sa collecte à la FRM.

"La santé et le vieillissement constituent l'un de nos quatre secteurs prioritaires de développement, et en plus d'une aide financière, nous apportons à la FRM un soutien logistique, comme avec l'organisation de la réunion de ce matin" a résumé Laure Lesme.

Quant à Maxime Lebreton, président de Mécénart, association impliquée dans le mécénat depuis 33 ans, il a expliqué que cette structure centrée sur le soutien aux artistes s'était ensuite ouverte, à la suite d'un contact convaincant avec Pier Vincenzo Piazza, aux actions de la FRM.

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