Mobilité en Gironde : les écologistes demandent de l'aide à Nicolas Hulot !

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(Crédits : Benoit Tessier)
Obtenir un arbitrage clair sur l'abandon du grand contournement autoroutier de Bordeaux et de la LGV jusqu'à Toulouse. C'est l'objectif des élus écologistes de Bordeaux, Bordeaux Métropole, Gironde et Nouvelle-Aquitaine qui adressent une contribution commune au ministre de la Transition écologique dans le cadre des Assises nationales de la mobilité.

"Il faut mettre fin définitivement au projet de grand contournement autoroutier de Bordeaux, qui est un mirage mortifère et pas finançable, pour pouvoir enfin travailler sur la réalité", lance Anne-Laure Fabre-Nadler, la vice-présidente (EELV) du conseil départemental de Gironde en charge des mobilités. Au lendemain de l'adoption par le département d'une contribution sur "les nouvelles mobilités en Gironde" dans le cadre des Assises nationales de la mobilité, elle a réuni, mardi 19 décembre, les élus écologistes des quatre grandes collectivités girondines pour prendre position.

Ces derniers adresseront avant la fin de l'année à Nicolas Hulot une missive pour présenter leurs revendications et susciter un arbitrage du ministre de la Transition écologique en faveur de l'optimisation des infrastructures existantes et de l'arrêt des nouveaux projets. La consultation nationale des acteurs locaux doit participer à l'élaboration d'un projet de loi au premier semestre 2018.

"Le grand contournement est un écran de fumée"

"Les Assises de la mobilité visent à favoriser l'existant et l'émergence de solutions de mobilité modernes. Or, Alain Rousset et Alain Juppé reviennent toujours à leur vieilles lunes de la ligne à grande vitesse et du grand contournement qui sont des solutions du passé", considère Pierre Hurmic, chef de file des Verts à la métropole. Anne-Laure Fabre-Nadler va même plus loin à l'endroit du maire de Bordeaux :

"Alain Juppé sait qu'il ne verra pas le grand contournement de son vivant mais il le ressort de son chapeau pour masquer l'échec de sa politique de mobilité, notamment sur la rocade. Mais les Girondins ne vont pas attendre 20 ans dans les embouteillages que cet écran de fumée ne se dissipe !"

Le maire de Bordeux estime en effet qu'il ne peut agir seul sur ce dossier et interpelle l'Etat "qui doit assumer ses responsabilités sur la rocade et le grand contournement" et la région Nouvelle Aquitaine "qui doit agir sur les TER et les car express entre Bordeaux et les autres villes du département". Alain Juppé a néanmoins annoncé début décembre un plan de 200 M€ combinant différentes mesures pour désengorger le secteur de l'aéroport. Il multiplie également les initiatives avec un plan de déplacement des employés municipaux, adopté le 18 décembre, et un conseil métropolitain dédié à la mobilité et au logement le 21.

Des solutions multiples

De leur côté, comme le département de la Gironde, les élus écologistes privilégient toute une série de mesures complémentaires telles que le soutien au vélo et au vélo électrique, le développement des pistes et aménagement cyclables, la modernisation des TER, l'incitation au covoiturage, les horaires de travail décalés et le télétravail, des voies réservées aux bus et au covoiturage sur la rocade, des parkings de stationnement extra-rocade, l'interdiction des poids-lourds aux heures de pointe avec parking de délestage en amont, un péage urbain "positif", etc. "Sous réserve de ces évolutions, nous sommes favorable à l'élargissement de la rocade et à son financement par l'Etat", précise Pierre Hurmic.

Bien que le coût de ces différentes mesures ne soit pas chiffré, Anne-Laure Fabre Nadler assure que "la moitié du coût du grand contournement permettrait de régler de manière durable les problèmes de circulation en Gironde."

Quant à la création d'un syndicat mixte des mobilités à l'échelle du bassin de vie de l'agglomération bordelaise - afin de faciliter les décisions et les co-financements et de créer un titre de transport unique - elle fait l'unanimité tant chez les écologistes qu'au département et à la métropole. Mais pas du côté du président de région, Alain Rousset, qui préfèrerait une structure de gouvernance à l'échelle de la Nouvelle-Aquitaine.

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Commentaires
a écrit le 15/02/2018 à 22:24 :
Il est triste de constater que ce problème de mobilité en Gironde et plus largement en Aquitaine n'a fait qu'empirer depuis les années 2000. Lors des ateliers du SRIT ,( Schéma Régional d'Infrastructure des Transports) de nombreuses pistes avaient été envisagées, pour réduire la congestion des axes routiers, principalement sur Bordeaux et la périphérie; on retrouve les mêmes aujourd'hui, le constat est toujours le même, la congestion des réseaux routiers est principalement due aux déplacements domicile-travail, or depuis 2009, date de sortie des conclusions du SRIT, la situation n'a fait que s’aggraver du fait de l'augmentation de la population en périphérie de Bordeaux, alors que l'emploi est resté très concentré sur la métropole. Il faudrait commencer par redynamiser les villes moyennes périphériques afin que les gens puissent trouver de l'emploi au plus près de leur domicile. Cela réduirait considérablement le nombre de véhicules sur les routes aux heures d'embauche et de débauche. Pendant le même temps, l'offre de services publiques de transports en commun ne s'est guère améliorée depuis 20 ans. C'est par là qu'il faudrait porter les efforts avant de dépenser des milliards pour un contournement et une LGV tout aussi inefficaces que destructeurs.

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