Cestas (33) boosté à l’énergie solaire

La plus puissante centrale photovoltaïque d’Europe est en construction à l’ouest de l’agglomération de Bordeaux, achevant ainsi un projet porté au départ par le groupe américain First Solar.

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Quatre ans après le défrichement du terrain par First Solar, Neoen va achever le parc photovoltaïque de Cestas.
Quatre ans après le défrichement du terrain par First Solar, Neoen va achever le parc photovoltaïque de Cestas. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Neoen, à Paris, vient de boucler le tour de table financier auquel participent huit autres investisseurs, ce qui lui a permis d'annoncer hier la mise en construction du parc photovoltaïque de Cestas. C'est le consortium formé par Clemessy (groupe Eiffage), Schneider Electric et Krinner qui a décroché, au 1er trimestre 2014, la construction de cette nouvelle unité de production électrique. Soit un marché de 285 M€ pour le consortium, qui sera également chargé de la maintenance du site pour un investissement global de plus de 360 M€.

"Avec une puissance de 300 MW (mégawatt) crête, correspondant à la puissance maximale d'énergie produite par les panneaux solaires, ce parc photovoltaïque sera le plus puissant d'Europe", résume Paul-François Croisille, directeur général de Neoen.

Selon le tableau international consacré aux centrales photovoltaïques par Wikipédia, le parc photovoltaïque de Cestas devrait même se situer au sixième rang mondial en terme de puissance, entre les centrales de Longyangxia (320 MW crête - China Power Investment Corp. en Chine continentale) et Agua Caliente (290 MW crête - First Solar en Arizona).

Trois fois moins cher

Les travaux de construction du parc photovoltaïque de Cestas sont officiellement lancés depuis mardi. Ce parc, qui est structuré autour de plusieurs centrales solaires pour une emprise légèrement inférieure à 300 hectares, doit être raccordé au réseau électrique très haute tension en octobre 2015. Neoen détiendra en propre 120 MW de puissance cumulée sur les 300 MW qui vont être installés.

"A l'époque de First Solar, il y a quatre ans, le coût de production d'un mégawatt photovoltaïque s'élevait autour de 300 €. Il est aujourd'hui de 105 € et nous allons démontrer que même près de Bordeaux, qui n'est pas la ville la plus ensoleillée de France, il est désormais possible de délivrer une énergie de 350 gigawatts/heure par an grâce à l'énergie solaire. Soit de quoi alimenter une ville comme Bordeaux en électricité", se réjouit le directeur général.

Située à l'ouest de l'agglomération bordelaise, Cestas voit ainsi un vieux projet arriver à son terme, puisque le parc photovoltaïque de Neoen reprend le site qu'avait fait défricher il y a cinq ans le groupe américain First Solar pour y implanter une centrale solaire. First Solar avait annulé tous ses projets (y compris la construction d'une usine à Blanquefort) suite au changement de réglementation sur le prix de rachat de l'énergie solaire en France et restructuré ses activités, fermant même son usine allemande ultra moderne de Francfort-sur-l'Oder (fabrication de panneaux photovoltaïques), à la frontière polonaise.

Arbres replantés

Quatre enquêtes d'utilité publique, du déboisement jusqu'au permis de construire, ont déjà été réalisées à Cestas. La forêt des Landes de Gascogne étant cultivée, tous les hectares déboisés ont été compensés par la plantation d'un nombre équivalent de parcelles. Dirigée par Xavier Barbaro, la société Neoen est contrôlée par Impala (58,6 %), que dirige Jacques Veyrat, un patron très en vue, qui a notamment dirigé Neuf Cegetel et la maison de négoce Louis-Dreyfus, par ailleurs administrateur de la Fnac ou encore de Direct Energie. La société parisienne de gestion de fonds Omnes Capital détient 25,5 % de Neoen, tandis que Bpifrance a fait son entrée à son capital, le 21 octobre dernier, à hauteur de 15,4 %.

Neoen a déjà développé de plus petites unités de production d'électricité photovoltaïque en France et utilise la technologie des trackers, qui assure le suivi du soleil par les panneaux, développée par l'entreprise girondine Exosun.

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Commentaires 3
à écrit le 06/06/2015 à 0:19
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la transition énergétique à bon dos, c'est une arnaque de haut vol, de la spoliation qui détruit en plus notre systéme électrique et contre productif au co2. En effet un peu de technique sur la stabilité du réseau electrique, c'est comme la dynamo d...

à écrit le 04/06/2015 à 22:52
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On sait faire d'excellents panneau en France , alors pourquoi des panneaux chinois ? 5 millions de chômeurs , et on continu à importer, il n'y a que le fric qui motive ces gens , l'écologie n'est qu'un pretexte

le 07/06/2015 à 23:10
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Ils ont pris des penneaux chinois car les entreprises européennes sont incapables de fournir autant de panneaux solaires en si peu de temps. Dommage que se soit yingli et pas solarworld.

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