Banque de France : la bonne résistance de l’économie en Nouvelle-Aquitaine

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Systèmes d'information et hébergement de données continuent à booster la croissance dans les services marchands
Systèmes d'information et hébergement de données continuent à booster la croissance dans les services marchands (Crédits : © Stringer . / Reuters)
L’évolution de l’économie régionale que vient d’analyser la Banque de France pour le mois de novembre est plutôt positive malgré une baisse de tonus dans certains secteurs d’activité. La Nouvelle-Aquitaine a encore de la puissance en réserve sous le pied et devrait démarrer 2020 sous de bons auspices. (Réactualisé 13/12/2019)

Le bureau régional de la Banque de France en Nouvelle-Aquitaine vient de rendre publique son analyse sur l'évolution de l'économie néo-aquitaine en novembre. Les données que nous avons publiées précédemment concernant l'évolution tendancielle de l'économie régionale en 2019 avaient déjà été communiquées par la Banque de France. Nous les avons reprises par manque de vigilance, ce dont nous nous excusons, ces données ayant été présentées sur le site de la banque centrale comme datées du 12 décembre 2019.

L'évolution de l'indicateur du climat des affaires dans l'industrie s'inscrit en novembre en repli sans dévisser pour autant, la courbe rejoignant sa moyenne de longue période (indice 100), dans le droit fil de la tendance nationale. Cette évolution de l'indicateur du climat des affaires régional reste nettement supérieure dans les services marchands à la moyenne de longue période sur laquelle la tendance nationale s'est stabilisée.

La mécanique industrielle freinée par l'automobile

Le bureau régional de la Banque de France en Nouvelle-Aquitaine, dont Denis Lauretou est le directeur, souligne qu'en novembre le rythme de progression de la production industrielle dans la région « ralentit et se stabilise au niveau national ». Après une forte hausse en octobre la fabrication d'équipements électriques, électroniques et autres machines est freinée par la perte de dynamisme de marchés asiatiques et africains, souligne la banque centrale.

De même, l'industrie automobile mondiale connaît une atonie qui pénalise la mécanique industrielle, qui souffre également d'une pénurie de main d'œuvre. Et la fin d'année, souligne l'étude, « apparaît moins porteuse sur le segment parfum/cosmétique de la chimie, pénalisée par les tensions internationales ». La dynamique continue à être positive dans la fabrication de matériels de transport, aussi bien dans la carrosserie industrielle que dans la fabrication de véhicules utilitaires électriques. Alors que la construction navale maintient un haut niveau de production, « l'aviation comme le spatial ou le ferroviaire confirment leur redressement, accompagné de plans d'embauches ». Et puis l'industrie alimentaire profite d'une légère embellie sur le marché domestique.

Informatique et services d'information toujours dynamiques

La Banque de France ne cache pas cependant que, pour la fin de l'année, les tensions internationales et plus récemment nationales contribuent à des perspectives modérées ». L'évolution des carnets de commande est tributaire des « incertitudes extérieures ». Ces dernières pèsent sur les décisions d'achat des clients et finissent par influencer des carnets de commande qui perdent de leur densité. Le taux d'utilisation des capacités de production reste inchangé, à près de 80 %. Le dynamisme des services marchands ne se dément pas et ce secteur reste à la hausse. Tous les secteurs restent à la hausse, à l'exception des agences de travail temporaire qui font face à un nouveau repli de l'activité. Cette tendance devrait se maintenir en décembre et s'accompagner d'une hausse d'effectifs.

L'activité des agences de travail temporaire est affectée par une baisse notable dans le BTP, que ne permet pas de corriger le dynamisme de l'agro-alimentaire. Les prix et les effectifs évoluent peu. Si des allongements de délais de paiement sont parfois constatés, les trésoreries font l'objet d'appréciations positives, et les prévisions tablent sur une hausse de la demande en fin d'année. Secteur vedette des services marchands, les activités informatiques et services d'information maintiennent une croissance soutenue « dans la continuité des mois précédents ». Les prix sont orientés à la hausse et le niveau des trésoreries s'améliore, même s'il est encore jugé un peu faible. Cette tonicité du secteur devrait se poursuivre en décembre, même si un tassement est prévu pour la fin d'année.

Le bâtiment tiré par l'immobilier d'entreprise

Au 3e trimestre 2019 l'activité dans le BTP en Nouvelle-Aquitaine est à la hausse, aussi bien dans le bâtiment que dans les travaux publics, malgré de grosses différences en fonction des segments de marché. Pour le bâtiment l'activité de gros œuvre (ossature) reste à la hausse au cours de la période. Toutefois si la Banque de France pointe une hausse d'activité pour la construction « de locaux non résidentiels à destination de l'industrie ou de la grande distribution » et une stabilisation de la construction de maisons individuelles, elle souligne un tassement du côté des logements neufs, y compris dans la métropole. A cause d'une tension sur les prix qui pousse les intervenants à privilégier un recentrage du gros œuvre hors de la construction de logements pour préserver les marges, analyse la banque centrale.

La production est aussi handicapée par les difficultés de recrutement même si l'orientation des carnets de commandes est positive. Le secteur du second œuvre (finitions pour rendre le bâtiment habitable) connaît une progression d'activité plus marquée que pour le gros œuvre, avec une demande soutenue et faiblement impactée par les prochaines échéances électorales. Ce qui facilite le renouvellement du carnet de commandes. Là aussi les prévisions sont à la hausse pour le prochain trimestre. L'activité dans les travaux publics s'est accélérée au 3e trimestre, alimentée en partie par le déploiement de la fibre optique. Si les carnets de commandes « restent confortables » la demande tend à se stabiliser : avec « un impact grandissant de la diminution des appels d'offre en période pré-électorale ». Les difficultés de recrutement restent fréquentes et l'évolution des marges marquée par l'inquiétude avec le réexamen du projet d'exonération du gazole non routier. La production devrait toutefois s'accroître au cours du prochain trimestre.

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