Banque de France : en Nouvelle-Aquitaine, la croissance économique devrait se poursuivre

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Transformation du cacao, travail du grain ou encore fabrication de produits laitiers : l'industrie alimentaire a mené le bal en avril.
Transformation du cacao, travail du grain ou encore fabrication de produits laitiers : l'industrie alimentaire a mené le bal en avril. (Crédits : Syndicat du Chocolat 2015)
Le bureau régional de la Banque de France, dirigé par Denis Lauretou, vient de rendre publique l’enquête mensuelle du mois d’avril. Le diagnostic de la banque centrale est formel : les Néo-Aquitains ont le droit de s’autoriser une petite dose d’optimisme.

L'indicateur du climat des affaires industriel régional, qui synthétise le solde d'opinion des chefs d'entreprises néo-aquitains sondés par la Banque de France, conserve une trajectoire supérieure à sa moyenne de longue période (indice 100) alors qu'il est à l'équilibre au niveau national, souligne d'abord la banque centrale.

C'est encore plus net quand on se penche sur l'indicateur du climat des affaires des services marchands, supérieur de près de 10 points à sa moyenne de longue période. Après la consolidation du mois de mars, la production industrielle a retrouvé un rythme de croissance modéré, pointe le bilan mensuel. Les carnets de commandes "maintiennent une réelle consistance dans la plupart des secteurs", et les capacités de production sont davantage sollicitées.

L'écueil de la main d'œuvre qualifiée

Le tentaculaire secteur des services bénéficie de son côté d'une hausse en volume des prestations, avec cependant quelques contrastes marqués. Alors que l'hôtellerie rebondit l'activité des agences d'intérim, qui a progressé pendant de nombreux trimestres, fléchit. Contrairement à ce que l'on pourrait croire ce n'est pas un manque d'activité qui sape sa progression mais au contraire, éclaire le bureau régional de Banque de France, le manque de profils adaptés, c'est-à-dire bien formés.

Plus globalement les chefs d'entreprise de la région anticipent une poursuite modérée de l'affermissement de la croissance pour les prochaines semaines, pronostique l'analyse. L'enquête mensuelle de la banque centrale, qui se borne à une prise de température de la croissance, confirme la puissance de ce phénomène quasi-général de manque de candidats à l'emploi compétents, sans l'explorer plus avant.

La reprise dans le BTP se confirme

Si les facteurs sont multiples, il fait peu de doute que cet à-coup économique lié aux difficultés de recrutement par manque de compétences soit une des manifestations les plus turbulentes de la sortie de la crise de 2008. L'activité reprend avec vigueur mais comme les effectifs ont été taillés jusqu'à l'os pendant plus de six ans, avec la perte cumulative de compétences que cela implique, la reprise de la croissance est grinçante car les candidats formés ont disparu. Une évolution particulièrement nette dans le BTP, où les plans de formations massifs de filles et de garçons lancés au début des années 2000, avec de gros plans de recrutements à la clé, ont commencé à sombrer les uns après les autres à compter de 2008.

La crise dans l'immobilier neuf, amorcée fin 2011 avec la suppression du prêt à taux zéro, a achevé de porter ce choc dépressif à son plus haut. Une période qui semble derrière nous puisque, dans son résumé sur l'évolution du secteur du BTP au 1er trimestre 2019, la Banque de France souligne que la reprise d'activité à l'œuvre dans ce secteur depuis plusieurs mois se confirme, "tant dans le bâtiment que dans les travaux publics". Malgré les difficultés de recrutement les effectifs sont à la hausse mais "la réévaluation des prix ne se fait que très progressivement, notamment dans les travaux publics" avertit l'enquête mensuelle, qui observe toutefois que les carnets de commandes sont "confortablement garnis, laissant augurer une progression d'activité pour le second semestre 2019".

L'industrie alimentaire gagnante en avril

Concernant l'évolution de la production industrielle, l'enquête mensuelle pointe qu'elle a profité cette année du décalage des fêtes de Pâques, favorable à l'industrie alimentaire (segments de la transformation de la viande, du cacao, fabrication de produits laitiers et travail des grains). Sachant que l'utilisation des capacités de production est à la hausse dans toutes les branches et que le volume des carnets de commande est bien orienté. Les prix varient peu dans l'ensemble et les industriels prévoient une hausse progressive de l'activité. Le secteur des services marchands poursuit sa progression, éclaire l'enquête mensuelle.

Comme annoncé, la baisse d'activité des agences de travail intérimaire s'est poursuivie en avril, à cause d'une pénurie de personnel. Les trésoreries sont satisfaisantes et les professionnels anticipent un fort rebond de l'activité en mai. Si la demande est bien orientée dans les transports routiers de marchandises et entreposage, la demande varie peu et l'activité reste stable. Les hausses de carburant ne sont pas toujours refacturées, provoquant une contraction des marges mais le niveau des trésoreries est jugé correct.

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