GFT Blanquefort : l'intersyndicale déclenche un droit d'alerte

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La boite de vitesse MX65, notamment fabriquée en Gironde, équipe quatre modèles, dont les Ford Focus.
La boite de vitesse MX65, notamment fabriquée en Gironde, équipe quatre modèles, dont les Ford Focus. (Crédits : Ford)
D'ici l'an prochain, la coentreprise Getrag Ford Transmissions (GFT), commune aux groupes Ford et Magna, aura vécu. A Blanquefort, en Gironde, Magna va racheter les parts de Ford et devenir le propriétaire unique de l'usine GFT, qui fabrique des boites de vitesses pour Ford. Jugeant manquer d'informations et craignant une fermeture de l'usine dès 2023, trois syndicats se sont unis pour déclencher un droit d'alerte

Le déclenchement du droit d'alerte à l'usine Getrag Ford Transmissions (GFT), à Blanquefort (Gironde/Bordeaux Métropole), qui était en passe de devenir une Arlésienne, est désormais validé depuis ce mercredi 14 octobre. Les syndicalistes s'étaient rapproché de cet objectif en juin dernier, bien avant l'annonce officielle de la fin de la coentreprise GFT -qui était déjà dans l'air-, avec une mobilisation générale dans le cadre d'une intersyndicale CGT, CFTC, FO, CFDT, CFE-CGC, qui a permis de faire connaitre les inquiétudes des salariés. Mais sans réussir à passer l'été.

Car c'est bien l'intersyndicale actuelle CGT, FO, CFTC, qui vient d'obtenir le lancement du droit d'alerte et qui avait appelé à 24 heures de grève le 9 septembre dernier. Naturellement ce retrait de la CFDT et de la CFE-CGC chagrine les autres syndicalistes, qui auraient aimés être encore plus forts. Les comptes 2019 de GFT viennent d'être communiqués aux représentants des salariés et un CSE (conseil social et économique) extraordinaire devait se tenir ce jeudi 15 octobre en début d'après-midi.

Une démarche qui n'est pas allée de soi

"L'intersyndicale CGT, FO et CFTC a imposé la poursuite de la procédure du droit d'alerte et désigné un cabinet d'expertise pour l'accompagner tout au long de cette procédure. Nous avons ainsi remporté un combat de deux ans ! Comme vous le savez déjà, Magna arrive à 100 % sur notre site sans aucun projet, ni perspective d'avenir à court et moyen termes", déclarent notamment les trois centrales dans leur tract commun.

Rappelons que c'est le 28 août dernier que l'annonce de la fin de la coentreprise GFT, dont le siège se trouve à Cologne (Allemagne) et qui est commune au constructeur automobile Ford et à l'équipementier canadien Magna, a été faite.

En savoir plus sur de nombreux sujets

L'usine girondine de GFT, qui emploie près de 900 salariés, fabrique des boîtes de vitesses MX65 dont la production devrait s'arrêter fin 2023. Mais à l'heure actuelle, comme ont pu le relever les syndicats, Magna n'a annoncé le lancement d'aucun nouveau projet industriel.

Or, comme il faut deux ans pour lancer ce type de projet et que les contours de la reprise totale de l'usine par Magna ne sont pas encore connus, l'intersyndicale a décidé d'y voir plus clair en déclenchant un droit d'alerte. L'intersyndicale réclame des informations sur "les bases financières et légales qui constitueront [la] nouvelle société", les risques associés ou encore les perspectives en termes de production et d'emplois.

L'intersyndicale ne fait pas confiance aux actionnaires

Une inquiétude qui se comprend puisque la disparition de la coentreprise GFT, qui n'était à Blanquefort qu'un établissement secondaire, va entrainer la création d'une toute nouvelle société, de plein exercice.

"Aucune information précise n'a été communiquée à ce jour sur ces questions : le droit d'alerte ouvre un nouveau périmètre d'action", argumente l'intersyndicale, qui souligne qu'aucun expert ne travaille "sur ces sujets dans le cadre de la cession entre Ford et Magna" et que les actionnaires de la société ne font preuve d'aucune transparence.

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