Ford Aquitaine Industries stoppe brutalement la production à Blanquefort

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La production de boîtes de vitesses automatiques a définitivement cessé sur le site de Ford Aquitaine Industries, à Blanquefort, mercredi 24 août.
La production de boîtes de vitesses automatiques a définitivement cessé sur le site de Ford Aquitaine Industries, à Blanquefort, mercredi 24 août. (Crédits : Agence Appa)
Alors que l'usine Ford de Blanquefort fermera définitivement ses portes le 30 septembre prochain, la production est déjà à l'arrêt depuis le 24 juillet. Une décision unilatérale de la direction du site qui suscite un nouveau tollé de la part des syndicats comme des élus locaux. 849 emplois disparaîtront.

Voilà, c'est fini... Les salariés de Ford Aquitaine Industries, à Blanquefort, ont appris brutalement mercredi matin auprès de la direction l'arrêt définitif de la production de boîtes de vitesses automatiques qui devait théoriquement perdurer une semaine de plus, jusqu'au mercredi 31 juillet. Pour rappel, faute de repreneur après le désistement de Punch, cette usine qui emploie actuellement 849 salariés et est rentable fermera définitivement le 30 septembre prochain conformément à la décision du groupe Ford, qui souhaite se désengager du marché européen.

"La direction est totalement déshumanisée"

La CGT-Ford dénonce un ultime "coup fourré de la direction visant à court-circuiter les adieux des salariés à leur atelier, à leurs machines à café, à leurs collègues [...] Ford ne fait pas de sentiment, ce n'est pas un scoop mais ça montre à quel point les dirigeants font ce qu'ils veulent au mépris de tous. [...] La direction est totalement déshumanisée, arrogante et méprisante. Ford a fait la démonstration de sa rapacité, de sa totale déshumanisation, ce sont des patrons voyous responsables d'une catastrophe sociale que la CGT n'aura de cesse de dénoncer et de combattre !"

Les élus locaux ont également vertement réagit à cette annonce surprise jugée "non conforme aux engagements initiaux" de maintenir la production jusqu'au 31 juillet.

"Cette décision est inacceptable ! Nous déplorons cet acte très brutal et unilatéral, dans un contexte où nos collectivités territoriales ont engagé depuis plusieurs mois des échanges et des négociations avec votre groupe dans le souci permanent d'aboutir entre nous à un protocole d'accord répondant à un unique objectif celui de la réindustrialisation et de revitalisation de notre territoire", écrivent ainsi à Ford Alain Rousset (président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine), Jean-Luc-Gleyze (président du conseil départemental de Gironde), Patrick Bobet (président de Bordeaux Métropole) et Véronique Ferreira (maire de Blanquefort.

Les quatre élus exigent une rencontre avec le porte-parole de Ford France au mois d'août à Bordeaux. De son côté, la sénatrice de Gironde Nathalie Delattre (RDSE) juge que "le scandale continue. La façon de procéder de Ford nous choque tous. Encore une fois, c'est l'Etat qui va devoir continuer à agir pour sauver l'emploi parmi les entreprises sous-traitantes."

Un plan de licenciements à 211 M€

Selon la CGT, à l'issue d'une réunion avec la direction sur la situation de l'entreprise, l'entité Ford Aquitaine Industries est redevenue bénéficiaire en 2018, année de l'annonce de la fermeture du site. Les comptes 2018 sont pénalisés par deux provisions : la première de 231 M€ comprenant 211 M€ pour le plan de licenciements à venir (plan de sauvegarde de l'emploi) et 20 M€ pour la revitalisation du site ; la seconde de 4 M€ correspondant à la dépollution et au désamiantage du site.

"C'est donc au total 235 M€ pour financer le coût prévisionnel de la fermeture qui sont venus grever les comptes de FAI fin 2018. Sans ces provisions, le résultat d'exploitation de FAI est redevenu bénéficiaire et le résultat courant largement excédentaire de 31 M€. Ces chiffres démontrent la viabilité économique de FAI, alors que l'entreprise va fermer", considère ainsi la CGT-Ford.

Au 31 décembre 2018, l'effectif de FAI à Blanquefort était de 849 CDI dont 422 salariés encore actifs au mois de juillet 2019, les autres étant partis en retraites, préretraites, congés longue maladie mais aussi 81 en poste ailleurs, huit créations d'entreprises et 14 transferts au sein de l'usine sœur de GFT (Getrag Ford Transmission). Le plan de licenciements prévoit notamment des indemnités pour 566 personnes à hauteur 28,2 M€, des mesures d'accompagnement à hauteur de 92,1 M€ et des préretraites à hauteur de 71,5 M€.

Lire aussi : Ford condamné pour ne pas avoir respecté le seuil des 1.000 emplois à Blanquefort

Revitalisation du site

"Le démantèlement des machines, la démolition des bâtiments et la dépollution complète du site après excavation (retrait de la chape), conformément aux exigences de la DREAL (direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement), seront assurés par Ford dans un délai de 5 ans (environ un an pour le démantèlement des machines, un an pour la démolition des bâtiments et trois ans pour la dépollution) soit jusqu'en 2024. A l'issue de ces travaux, Bordeaux Métropole aura un droit de préemption", rappelle également la CGT.

Les discussions entre Ford et les collectivités locales sur les modalités de rachat puis de revitalisation du site de Blanquefort se poursuivent avec d'intenses négociations sur le prix du foncier, la contribution de Ford et le potentiel remboursement des aides publiques.

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Commentaires
a écrit le 30/07/2019 à 21:45 :
c est une histoire que je suis depuis très longtemp que j ai lu articles après articles comme les bonnes nouvelles et j espère que j aurais toujours des nouvelles des gens de la cgt ford fai

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