Ford Aquitaine Industries : rendez-vous de la dernière chance avec Bruno Le Maire ?

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Denis Barthe, Philippe Poutou et Gilles Lambersend avec la nouvelle formule de La Tribune, qui traite de FAI, et dans laquelle Bruno Le Maire dévoile son plan pour l'industrie
Denis Barthe, Philippe Poutou et Gilles Lambersend avec la nouvelle formule de La Tribune, qui traite de FAI, et dans laquelle Bruno Le Maire dévoile son plan pour l'industrie (Crédits : J. Philippe Déjean)
Les syndicalistes de Ford Aquitaine Industries (FAI) opposés à la fermeture définitive de cette usine de Blanquefort (Gironde), filiale du groupe Ford, ont rendez-vous lundi 18 février avec des hauts fonctionnaires de Bercy puis avec Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances. Ce dernier va-t-il, comme il s’y est engagé dans les colonnes de La Tribune, continuer à soutenir la poursuite d’une activité à FAI ?

Gilles Lambersend, secrétaire général (CGT) du comité d'entreprise de Ford Aquitaine Industries (FAI), et Philippe Poutou, délégué CGT de FAI ont organisé, ce vendredi matin, dans le mythique Café des Arts, à Bordeaux, une conférence de presse en compagnie des musiciens de The Hyènes, groupe de rock landais qui compte deux ex de Noir Désir : Denis Barthe (batterie, chant) et Jean-Paul Roy (basse). Adhérents de la CGT Gilles Lambersend et Philippe Poutou font partie de l'intersyndicale CFE-CGC, FO, CGT qui se bat contre la fermeture définitive au mois d'août par Ford de sa filiale girondine, spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques.

"Nous accueillons les musiciens de The Hyènes qui vont participer au concert de solidarité pour le maintien d'une activité à Ford Aquitaine Industries, organisé le 2 mars prochain à la salle des fêtes du Grand Parc, à Bordeaux. Nous avons de moins en moins de raisons d'espérer, même si notre rendez-vous avec le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, est bien calé ce lundi 18 février", confirme Philippe Poutou, qui avait lancé il y a quelques jours un appel à une réunion d'urgence avec le ministre.

Dernier délai pour l'homologation du PSE : le 4 mars

Bruno Le Maire l'a entendu mais le temps ne travaille pas vraiment pour les salariés de FAI qui souhaitent le maintien d'une activité dans l'usine. Le nombre de ces partisans de la poursuite d'une activité à FAI est évalué à près de 400 et correspond à peu près à celui des licenciements prévus. Car sur les 850 salariés actifs dans l'usine, 150 devraient être mutés dans l'usine sœur de GFT (Getrag Ford Transmissions) et 300, âgés de 55 ans ou plus, partir en préretraite.

"Nous devons éviter la catastrophe annoncée et les délais pour y arriver sont très serrés. Ford a relancé la procédure pour faire valider son PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) et nous n'avons plus, au maximum, que jusqu'au 4 mars, qui est la date limite d'homologation du PSE par la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l'emploi) de Nouvelle-Aquitaine. Nous espérons qu'avant le 2 mars l'Etat puisse engager un bras de fer avec Ford, ne serait-ce que pour sauver près de 400 emplois", déroule avec inquiétude Philippe Poutou.

Cette dernière est alimentée par le fait que le groupe Punch, seul repreneur en lice pour continuer une activité industrielle à Ford Aquitaine Industries, est apparemment de moins en moins convaincant.

Le repreneur lui-même semble défaillir

"Le groupe belge avoue lui-même que ses commandes ne se concrétisent pas... et que les quelques pistes trouvées ont tendance à s'effriter. L'Etat doit prendre les choses en main. Donc le concert du 2 mars n'est pas une façon sympathique de se dire au revoir comme le croit Didier Super (chanteur, humoriste, comédien...)", prévient Philippe Poutou.

Apprendre que, dans les colonnes de la nouvelle formule de notre hebdomadaire La Tribune le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, renouvelle son soutien à Ford Aquitaine Industries arrache un petit sourire incrédule à Philippe Poutou et Gilles Lambersend, qui n'ont pas hésité à poser avec le journal dans leurs bras.

"Ce concert ce n'est pas simplement une fête, pas simplement un concert revendicatif parce que ce qui manque aujourd'hui c'est la solidarité. Quand je vois les Gilets jaunes, ce qui me gêne c'est qu'il y a 25 ans, après autant d'arrestations dans leurs rangs, il y aurait eu 250.000 personnes dans la rue pour réclamer leur libération. Et là, il ne se passe rien. La solidarité est en train de s'émietter", avertit Denis Barthe.

En plus de The Hyènes, le concert du 2 mars accueillera Cali et de nombreux autres artistes.

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Commentaires
a écrit le 16/02/2019 à 15:57 :
la dernière chance pour Poutou de devenir patron !!!Avec ses petits camarades il ne lui reste plus qu'à racheter la boite ......... ça ne le tente pas ??
a écrit le 16/02/2019 à 10:14 :
Saisissez cette entreprise en compensation des "aides de l'Etat et des droits acquis et formation pour reclassement par tout son personnel" et revendez-la au nouveau prétendant, ça n'est tout de ^me pas trop difficile d'être cohérent Mr. Lemaire.
a écrit le 15/02/2019 à 23:48 :
Avec la CGT, on sait déjà comment cela va se terminer, tout le monde direction pôle emploi.

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