Ford Aquitaine Industries : les syndicats corrigent le plan du groupe Punch

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Le plan de reprise de FAI par le groupe Punch, qui sera revu et corrigé par les syndicats lundi prochain, est loin d'avoir été accepté par Ford.
Le plan de reprise de FAI par le groupe Punch, qui sera revu et corrigé par les syndicats lundi prochain, est loin d'avoir été accepté par Ford. (Crédits : J. Philippe Déjean)
Les syndicats de FAI (Ford Aquitaine Industries) s’apprêtent à finaliser les modifications qu’ils veulent voir figurer sur le plan de reprise porté par le groupe belge Punch. Une correction de copie dans laquelle la CFTC insiste fortement sur le futur business plan.

La dernière réunion organisée à la préfecture de la Gironde montre que gouvernement, services de l'Etat, syndicats et élus veulent que l'usine Ford de Blanquefort, spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques, qui emploie aujourd'hui 872 salariés, soit reprise pour rester en activité. Alors que Ford Motor Company (FMC) privilégie la fermeture de l'établissement (qui n'a jamais perdu d'argent) avec à la clé un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), arguant du fait qu'aucun repreneur assez solide n'a pu être trouvé.

Lire aussi : Ford Aquitaine Industrie : Ford veut la fermeture, pas la reprise

Du côté des salariés, comme l'a confirmé Philippe Poutou, délégué CGT, les plus âgés (à partir de 55 ans) préfèreraient jouer la carte du PSE et d'un départ en préretraite plutôt que de remettre le couvert avec un nouveau repreneur. Personne n'a encore précisé combien de préretraités pourraient être concernés. Au global, en incluant des transferts dans l'usine voisine GFT (Getrag Ford Transmission - groupe Magna), 472 salariés pourraient quitter FAI, laissant au repreneur un effectif de 400 personnes. Le plan de reprise divulgué par le groupe belge Punch, seul candidat connu pour la reprise de FAI, prévoirait le transfert de 150 salariés de FAI à GFT.

Préciser le seuil de rentabilité

Ce plan de reprise est au centre de l'attention des syndicats de FAI qui se réuniront le lundi 5 novembre pour établir une plateforme revendicative, qui doit corriger de façon très substantielle la première offre faite par Punch. Autre grand moteur historique depuis dix ans, avec la CGT, de la lutte pour le maintien du groupe Ford dans l'usine de Blanquefort, le syndicat CFTC, représenté par Jean-Luc Gassies, secrétaire adjoint au comité d'entreprise de FAI, exige des clarifications poussées sur la façon dont Punch anticipe le futur économique de l'usine.

"... Avant toute chose nous devons avoir eu l'analyse du cabinet d'expertise Sécafi Alpha du comité d'entreprise de Ford Aquitaine Industries sur le business plan (plan de financement initial, compte de résultat prévisionnel, seuil de rentabilité, plan de trésorerie, plan de financement à 3 ans, étude de marché, concurrence, prix, plan commercial, fournisseurs, risques, plan de personnel, écarts des coûts de main d'œuvre selon Punch...)" égrène ainsi la CFTC.

Un niveau de précision qui aurait sans doute été apprécié dans le dossier de reprise par le fonds d'investissement américain GACP du Football Club des Girondins de Bordeaux (FCGB)...

L'Etat devra garantir la reprise

Comme ils l'avaient déjà évoqué, les syndicats réclament par ailleurs la création de comptes séquestres abondés par Ford et compartimentés, pour permettre le retrait des fonds au fur et à mesure des investissements mais aussi la garantie des mesures sociales en cas d'échec de la reprise. Les syndicats veulent aussi que le constructeur automobile américain s'engage sur la période 2019-2026 notamment via une continuité d'exploitation dans le même cadre juridique, avec maintien de 400 contrats de travail à durée indéterminée.

Ils refusent également que leurs droits sociaux soient remis en question. La CFTC insiste sur les conditions qui seront faites aux préretraités mais aussi pour que la période de chômage partiel, qui devrait toucher l'entreprise en 2019 et 2020, soit prise en charge par l'Etat, qui doit également être garant de la reprise. Il faudra attendre le 5 novembre pour connaître l'ampleur des modifications du plan de reprise exigées par l'intersyndicale de FAI.

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Commentaires
a écrit le 31/10/2018 à 19:40 :
Les syndicats veulent imposer leurs conditions!!! Je crois rêver quand je lis ça. Qu'ils reprennent la boite et ils feront ce qu'ils veulent.

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