Le département de la Gironde encourage les PME à prendre part à ses marchés publics

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Le Département de la Gironde a organisé une rencontre, en partenariat avec La Tribune, pour sensibiliser les TPE et PME aux marchés publics.
Le Département de la Gironde a organisé une rencontre, en partenariat avec La Tribune, pour sensibiliser les TPE et PME aux marchés publics. (Crédits : Agence APPA)
Pour inciter les dirigeants de PME à se familiariser avec l'univers des marchés publics et à profiter de cette opportunité, le Conseil départemental de la Gironde a organisé une rencontre, en partenariat avec La Tribune, pour les aider à décrypter les subtilités de l’achat public, à démystifier certaines idées reçues et à permettre aux entreprises de mieux cibler leurs besoins en présentant les futurs chantiers.

La commande publique, estimée à 8 % du PIB représente un marché considérable pour les petites et moyennes entreprises. En revanche, la faible réponse des TPE/PME pour ces marchés persiste et s'obstine, malgré les récentes mutations favorables aux entreprises. « 260 millions d'euros d'investissements pour 2020. Un chiffre hors norme par rapport aux années précédentes », annonce Jean-Luc Gleyze, président du Département de la Gironde, avant d'ajouter quelques précisions :

« Nous accueillons 1600 collégiens de plus par an. Le Plan collège prévoit 640 millions d'investissements d'ici 2024, avec treize nouveaux collèges et dix collèges en réhabilitation. 670 millions d'euros sont également prévu pour installer la fibre optique. Ces volumes financiers proposent une énorme diversité d'achats. Nous avons publié la liste de nos intentions d'achat 2020 qui balaye tous les secteurs et précise les dates clés pour anticiper et répondre. Elle est à la disposition des entreprises. Nous comptons sur les fédérations pour relayer ces éléments et nous allons également créer à titre expérimental un référent-entreprise unique au sein du département, interlocuteur de proximité pour faciliter les démarches. »

Soucieux d'orienter la commande publique vers les opérateurs économiques locaux, Jean-Luc Gleyze a ensuite décliné les cinq bonnes raisons de répondre à un appel d'offre : garanti de paiement à 31 jours, opportunité pour se développer et accroissement de sa notoriété, variété des secteurs, démarches administratives simplifiées et unions d'entreprises possible.

L'appel est lancé, car en effet aujourd'hui, le taux de réponse diminue et des difficultés pointent à l'horizon sur certains lots qui peinent à trouver des propositions. « Les PME ne représentent que 20 % en valeur de la commande publique alors qu'elle constituent 44 % du PIB », confirme Edwin Le Heron, professeur des université à Sciences Po Bordeaux et grand témoin de la matinale, rappelant le rôle structurant de la commande publique dans le développement des territoires et des entreprises qui se doit de concrétiser le fameux slogan «  penser global, agir local », véritable base de la fonction publique. Parmi les grands enjeux, l'économiste a mis en avant la nécessité d'intégrer la dimension sociale et environnementale, la notion d'achat durable et vertueux ainsi que la question de l'accompagnement des entreprises innovantes. S'interrogeant également sur une nuance fondamentale « le moins-disant financier n'est pas forcément la bonne solution. Il faut être capable de faire des offres au mieux-disant ».

La matinale était également l'occasion de revenir sur les facteurs de blocage et les freins dans l'accès à la commande publique. « Nos études et devis ne sont pas rémunérés, c'est un poids en terme administratif et d'investissement, tant financier qu'humain... j'ai le sentiment que le choix se fait à 80 % au moins-disant.... », expose un dirigeant. D'autres expliquent leur volonté de maitriser leur croissance et avouent faire face à des difficultés de recrutements et de formation. Un arbitrage est fait en fonction de la qualité du dossier, des critères d'analyse, des délais d'exécution, autant d'indicateurs pour les donneurs d'ordres publics pour travailler à l'attraction de leurs marchés.

Problèmes d'anticipation, de calendrier, d'issue incertaine dans un contexte de recrutement complexe, ces obstacles récurrents étaient ce mardi entendus par les donneurs d'ordre, leur permettant d'échanger sur des aspects très concrets. La matinale s'est terminée par l'annonce de la programmation détaillée de quelques chantiers à venir : la construction d'un Pôle territorial à Langon, à énergie positive, chauffage bois, panneaux photovoltaïque, un centre routier de 8.500 m2 à Beychac et Cailleau, la reconstruction du collège de Lussac à la conception E3C2, ou encore la restructuration du collège de Lacanau : des sites en mal de candidats que le Conseil Départemental a décidé de mettre en valeur dans le jeu des appels d'offre publics. Une aubaine pour les PME présentes à cette matinale, qui, au regard des prises de notes, semblaient prêtes à postuler...

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