Une panne informatique à l’origine de la paralysie du tram bordelais pendant 16h

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La circulation des tramways reprend progressivement après la panne générale.
La circulation des tramways reprend progressivement après la panne générale. (Crédits : Objectif Aquitaine / Mikaël Lozano)
Toutes les rames du tram de la métropole bordelaise ont regagné les dépôts, sans voyageur et à petite vitesse vers 19h hier soir. Les premières ne sont ressorties qu’aujourd’hui en fin de matinée. Une panne informatique rarissime a touché le réseau.

C'est un Alain Juppé passablement énervé qui a réagi à la panne majeure survenue sur le réseau de tram de la métropole bordelaise. Les trois lignes ont été paralysées dès 19h15 hier soir et jusqu'aux environs de 11h ce matin. Heure à laquelle le trafic reprenait progressivement sur la ligne A entre Galin et La Gardette. Une telle paralysie est une première à Bordeaux depuis la mise en service du tram en 2003. "Une première aussi, de mémoire, sur le réseau géré par Keolis en France", reconnait Hervé Lefèvre, directeur général de Keolis Bordeaux Métropole.

En cause ? Une panne informatique majeure qui a touché le poste central de commande (PCC) du tramway qui permet de gérer le réseau en temps réel. Elle se situe précisément au niveau d'un commutateur central où sont connectées les différentes boucles d'information du réseau informatique. "On a identifié ce que l'on appelle une tempête de broadcast, et donc la saturation des serveurs à cause d'un problème de branchement à un endroit du réseau qui fait 60 kilomètres. Il a fallu vérifier tous les boîtiers de jonction", explique Hervé Lefèvre. "La panne a été identifiée à 5h. Ensuite, comme pour un ordinateur, il a fallu relancer le système d'exploitation, à la seule différence que cela prend plusieurs heures."

Un poste de commande aveugle

Cette panne avait rendu le poste central de commande aveugle, d'où la décision prise par Keolis d'arrêter totalement le réseau. "Concrètement, on ne pouvait plus visualiser les rames, aucune communication n'était possible avec les conducteurs. Cette panne a également engendré une absence de contrôle des feux de circulation du tramway et de l'énergie électrique utilisée pour faire rouler les tramways."

Conséquence, entre 13 et 15 bus de substitution ont été réquisitionnés par ligne de tram. Des bus ont également été prélevés sur lignes principales, les lianes. "Ce qui a inévitablement conduit à une dégradation de la desserte en bus", a expliqué Christophe Duprat, vice-président de Bordeaux Métropole en charge des transports et du stationnement. "Il n'y avait plus un bus dans les dépôts."

30 à 40 M€ de maintenance par an

"C'est une panne électrique qui a été détectée, la pièce défaillante avait d'ailleurs été changée en 2010. Elle ne concerne pas les boîtiers d'alimentation par le sol et n'est aucunement liée à l'usure", insiste Alain Juppé. "Ce tram fonctionne depuis 15 ans. En revanche, effectivement, il s'use. C'est d'ailleurs pour cela que nous investissons entre autres dans de nouvelles rames." De quoi du coup s'interroger sur le coût de la maintenance de ce réseau. "Plus on l'étend, plus ce coût est difficilement supportable", reconnait Alain Juppé. Cela représente entre 30 et 40 millions d'euros par an.

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