Bioéthanol, le nouveau produit qui monte

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Abengoa Bioenergy, plateforme de Lacq
Abengoa Bioenergy, plateforme de Lacq (Crédits : Abengoa)
L’arrivée du Superéthanol-E85 ménage de belles perspectives de croissance pour l’usine de bioéthanol de Lacq.

Le démarrage au printemps 2013 de l'unité de production de dioxyde de carbone (CO2), ou gaz carbonique, de Messer France (filiale du groupe allemand Messer), à Arance (64), sur la plateforme industrielle de Lacq, créée moyennant 12 M€ d'investissement, a engendré une forte synergie avec l'usine de bioéthanol du groupe espagnol Abengoa Bioenergy installée à proximité.

Messer France récupère le CO2 produit par la fermentation du maïs utilisé par Abengoa Bioenergy pour produire de l'éthanol (alcool). Une fois purifié, il est utilisé au service des industriels, en particulier dans l'agroalimentaire (bulles de sodas), mais aussi en surgélation. Messer France vise une production annuelle de 70.000 tonnes de CO2, volume qui devrait doubler à court terme, selon la direction.

Lancée entre 2007 et 2008, moyennant 190 M€ d'investissement, l'usine d'Abengoa Bioenergy a une capacité de production de 250.000 tonnes de bioéthanol par an et emploie un peu plus de 70 salariés.

525.000 tonnes

C'est l'une des plus importantes unités de production de bioéthanol en France et la seule à utiliser la fermentation du maïs.

"L'Aquitaine, qui exporte beaucoup de maïs, a dû faire face à la fermeture de nombreuses amidonneries dans les îles britanniques. Avec l'usine de bioéthanol d'Abengoa, elle a trouvé un débouché intéressant", résumait cet été Sylvain Demoures, secrétaire général du Syndicat national des producteurs d'alcool agricole (SNPAA), lors d'une tournée nationale consacrée au bioéthanol.

En plus du maïs et du blé, l'éthanol est produit à partir de la betterave à sucre et de l'alcool de vin. La plateforme de Lacq accueille ainsi la seule unité produisant en France de l'éthanol à partir de maïs, même si elle a aussi recours à l'alcool vinique. Elle a été mise en route par Abengoa Bioenergy en partenariat avec les grandes coopératives aquitaines (Euralis, Maïsadour, Lur Berri) et midi-pyrénéenne (Vivadour), dans le cadre de la société Oceol.

L'usine consomme chaque année 525.000 tonnes de maïs, soit 12 % de la production des deux régions : 4 millions de tonnes (Mt) en 2012, dont 2,8 Mt pour l'Aquitaine, premier producteur national. En plus du CO2 revendu à Messer France, l'usine aquitaine s'impose aussi comme l'unique fabricant français de drêches. Un sous-produit de la fermentation des céréales hautement protéiné et très recherché pour l'alimentation du bétail, dont Abengoa Bioenergy produit 150.000 tonnes par an. Intégré dans les carburants SP95 et SP95-E10 (jusqu'à 10 % d'alcool par litre d'essence), l'éthanol est fortement dosé (65 % à 85 % par litre) dans le nouveau carburant Superéthanol-E85, qui se développe en France, avec de belles perspectives de croissance.

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Commentaires
a écrit le 13/11/2014 à 17:33 :
Aquitaine, aquitaine... ce nom ne signifie-il pas "pays de l'eau" ? Amusant de constater que le pays de l'eau, à force d'agriculture productiviste intensive, en arrive à manquer d'eau. Bof, pas grave, on pourra toujours boire le pinard d'Aquitaine en conduisant des bagnoles roulant à l'éthanol. Pardon, au BIOéthanol ! Jusqu'où, ce délire ? Mais jusqu'à une bonne sécheresse, tiens ! On pourra alors profiter pleinement d'une sécurité alimentaire chèrement acquise grâce à ce genre d'énergie alternative... Je trouve quand même assez stupéfiant que des "responsables" puissent tenir ce genre de discours et orienter les producteurs dans cette direction sans qu'on leur passe une camisole de force.
a écrit le 12/11/2014 à 10:58 :
Que ne ferait-on pas pour faire rouler des "bagnoles", voler des avions, naviguer de bateaux! Le maïs a besoin de beaucoup d'eau pour pousser, d'où des barrages comme Sivens par exemple...c'est pour cela qu'on le fait pousser dans le grand Sud-ouest en déficit chronique d'eau, qu'on épuise les nappes phréatiques pour l'arroser, grâce au soutien de l'Europe et du lobby des constructeurs de systèmes d'arrosage et des pro-maïs et s'il le pouvaient pro-ogm. Le maïs Ogm se généralisera d'ailleurs en entrant par la porte de la production du bio-éthanol...Les engrais chimiques, herbicides, pesticides se développeront à la même vitesse...Et pendant ce temps, on importe du maïs et du soja OGM de l'autre bout de la planète...et on s'étonne que le système économique ne fonctionne plus.
Quant à l'idée même de transformer une denrée alimentaire en substitut du pétrole, c'est tout simplement révoltant.
Réponse de le 12/11/2014 à 15:11 :
On n'a jamais trop de mais et de céréales, comme on n'a jamais trop d'énergie dans un monde ou le nombre d'habitants augmentent considérablement ( 12 milliards d'ici 2050), d'autan plus que les tensions géopolitiques rendent difficiles les approvisionnements énergétiques ( boycott Russe, guerres Moyen Orient etc...) on a besoin de pétrole, d'énergie alternative et de sécurité alimentaire.
Réponse de le 12/11/2014 à 15:16 :
Paradoxalement, produire du bio-éthanol permet d'avoir de la sécurité alimentaire.
a écrit le 11/11/2014 à 17:20 :
Eh patate ce n'est pas du BIO öthanol mais c'est de AGRO öthanol. Retornez a votre ENA et non ~^_^
a écrit le 11/11/2014 à 11:33 :
Ça évite d'importer du pétrole, mais à part ça... En faire avec des ordures, des résidus, oui, à partir d'une matière première comestible, non. Les surfaces cultivables diminuent (constructions), et on va en "bloquer" une partie pour faire rouler les voitures....
Ne pas oublier aussi un débouché assuré pour l'huile de palme, vertueuse ou non, il y a en a dans le carburant (presque un litre pour un plein, ça dépend aussi des pays, le taux varie).
a écrit le 11/11/2014 à 11:18 :
L'UE importe chaque annee des millions de tonnes de mais pour l alimentation animale.
Subventionner la production d ethanol a base de ce produit est une heresie economique, ca n'a aucun sens et n'est que le fruit d'un lobbying de paysans persuades de detenir le petrol vert...
a écrit le 10/11/2014 à 20:15 :
Le Bio Ethanol est une connerie sans nom....

Convertir de la bouffe et de la biomasse en ethanol pour voiture ça n'a pas de sens.

EN plus on utilise des engrais pour tout cela engras qui sont le fruit d'usage intensif de chimie et d'hydrocarbures...

Dans quel monde vit on ??? Aucun respect pour la nature qui nous entoure ???
Réponse de le 11/11/2014 à 14:28 :
Tout a fait d'accord... On marche sur la tete
a écrit le 10/11/2014 à 19:56 :
Ce maïs ne pourrait pas servir à nourrir des animaux ? Au lieu d'importer du soja OGM (bilan carbone, écotaxe, etc...) ?
Le CO2, dans les extincteurs (pour feu électrique) ou la neige(glace) carbonique (-78°C).
a écrit le 10/11/2014 à 19:15 :
Sauf que déjà le mélange d'essence avec du bio éthanol bousille les conduits en caoutchouc
a écrit le 10/11/2014 à 19:08 :
Et le bioplastique, on espère que ca va arriver aussi, car c'est biodégradable donc éco-amical.
a écrit le 10/11/2014 à 14:35 :
impossible de trouver un modèle de voiture en e85 flexfuel en france en 2014, seule une transformation avec passage aux mines est possible actuellement
Réponse de le 10/11/2014 à 19:24 :
Je roule depuis 3 ans avec une Dacia qui est équipée d'origine d'un moteur flexible fuel qui permet l'utilisation de l'E85 ou du sp 95 : le coût d'achat d'un litre d'E85 est de 0,90 euros / litres : écologique et économique !
Réponse de le 10/11/2014 à 20:46 :
Attendez de voir comment elle va vieillir... Les Punto 1 roule parfaitement avec de l'E85 sauf quand vous repassez a l'essence normal. Là elle cale au démarrage, broute jusqu’à ce que le mélange n'existe plus... Et finalement elle fini a la casse avec à peine 150 000km au compteur. Et tous ca pour 1cent d'euro du litre???

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