Lisea veut optimiser le parcours du dernier kilomètre

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Grégoire Lanaud, Hervé Le Gaignec, Jean-Baptiste Boneu
Grégoire Lanaud, Hervé Le Gaignec, Jean-Baptiste Boneu (Crédits : J. Philippe Déjean)
Grâce au concours lancé par la fondation Lisea carbone, trois startups vont expérimenter jusqu’à janvier prochain des applications innovantes concernant la mobilité à partir de la gare Bordeaux Saint-Jean.

Hervé Le Gaignec, président de Lisea (Ligne à grande vitesse Sud-Europe Atlantique), concessionnaire de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Tours, a présenté ce mercredi 20 septembre à la gare de Bordeaux Saint-Jean, les trois startups qui ont remporté le Lisea startup contest lancé en 2016 par la Fondation Lisea carbone, en partenariat avec Bordeaux Métropole et le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine.

Objectif : tester de nouvelles solutions facilitant les déplacements sur le segment "dernier kilomètre gare-domicile ou travail". Haïku, Tako et OuiHop' sont les noms des trois startups sélectionnées à l'issue du concours et donc retenues pour cette phase d'expérimentation bordelaise grandeur nature de leurs innovations.

Haïku connecte le vélo au smartphone

La startup Haïku, installée à Paris et Chambéry, a développé l'application du même nom qui permet de déporter sur un petit boitier interactif doté d'un écran, clipsé sur le guidon d'un vélo ou d'un scooter, des fonctions de son smartphone et en premier lieu le GPS. Il suffit de taper son lieu de destination pour que le parcours soit calculé et affiché sur l'écran du boitier au fur et à mesure de la progression. Haïku ne comprend pas d'itinéraire précalculé mais cela pourrait changer.

Comme l'a expliqué Grégoire Lanaud, cofondateur de Haïku, la jeune entreprise ne s'est pas contentée de développer l'application logicielle, elle a également lancé la fabrication des boitiers. Stockée dans une armoire en libre-service où le boitier Haïku peut-être rechargé, cette innovation sera proposée comme un service à la gare de Bordeaux, moyennant une caution de 129 €. Grégoire Lanaud précise que la startup a déjà vendu 1.000 de ces boitiers interactifs et que l'objectif final est la vente, et non la location en tant que service.

Ouihop' ou l'autostop 2.0

Autre startup, Ouihop', à Paris, propose une solution d'auto-stop urbain sécurisée qui fonctionne en temps réel. Un covoiturage urbain pour de courtes distances, de 1 à 25 km, qui prévoit un système de récompense sous forme de points pour le chauffeur. Du côté du voyageur l'application transforme "une voiture en bus de trois places" comme l'a illustré Jean-Baptiste Boneu, créateur de Ouihop'. L'application est connectée au GPS communautaire et gratuit Waze. Quand il déclenche Ouihop', le chauffeur de la voiture susceptible de covoiturer devient visible pour tous les piétons branchés sur l'application : il publie le parcours qu'il va suivre et peut être contacté.

Le marcheur candidat au covoiturage s'abonne à l'application via un pass, moyennant 2 € pour 30 jours. Ouihop' rend ce dernier totalement transparent sur le parcours qu'il est appelé à suivre. Piéton et chauffeurs entrent en communication via une alerte sonore et Ouihop' s'appuie sur un système de sécurité qui permet de vérifier numéros de téléphones et adresses de courriels. Les récompenses proposées au chauffeur sont variées, elles comprennent aussi bien des lavages gratuits de la voiture, que l'offre de 10 € de carburant par mois ou de réductions, ceci en fonction des régions et des partenariats noués sur place par Ouihop', qui revendique une communauté de 40.000 personnes, à Paris et dans plusieurs villes de France, mais aussi à Montréal (Québec).

Tako, le taxi partagé

La troisième et dernière startup qualifiée à l'issue du Lisea startup contest s'appelle Tako. Elle a été cofondée par Arnaud Choukroun, Benjamin Nabet et Julien Texier, a développé une application qui permet de localiser et de contacter le taxi le plus proche, sans avoir à payer de frais d'approche. En plus d'une garantie zéro euro au compteur, Tako permet à deux inconnus utilisant ce service de prendre le même taxi, sans aucun risque d'arnaque, ni pour eux ni pour le chauffeur. C'est la promesse des fondateurs de l'entreprise.

L'application de Tako s'appuie sur un calculateur d'itinéraire qui génère la route optimale à suivre pour les deux clients du taxi qui vont partager l'addition au prorata du chemin parcouru. Le passager qui descend du taxi en premier paie sa course via l'application, qui transfère la somme due sur le compte du deuxième voyageur, qui sort le dernier et règle la note au chauffeur. L'application intègre également un espace dédié aux chauffeurs de taxi afin que tout soit transparent. Les organisateurs feront le point en janvier prochain pour voir quelle application aura rencontré le plus vif succès et proposer une nouvelle aide financière. Si ces nouvelles applications progressent toutes les trois de façon comparable, alors il devrait y avoir trois gagnants.

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