La Caisse d'épargne Aquitaine Poitou-Charentes recrute 100 CDI

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Le directoire : de gauche à droite au premier plan : Patrick Dufour et Jean-François Paillissé. Au second plan : Pierre Décamps (en charge du pôle finances), Roland Béguet et Thierry Foret
Le directoire : de gauche à droite au premier plan : Patrick Dufour et Jean-François Paillissé. Au second plan : Pierre Décamps (en charge du pôle finances), Roland Béguet et Thierry Foret (Crédits : DR)
La Caisse d’épargne Aquitaine Poitou-Charentes (CEAPC), à Bordeaux, vient de mettre un pied dans le grand bain des startups en signant une convention de partenariat avec l’accélérateur Héméra mais aussi Technowest. En 2017 la CEAPC recrute 100 salariés à durée indéterminée.

La présentation ce mardi matin à Bordeaux de l'activité en 2016 de la Caisse d'épargne Aquitaine Poitou-Charentes (CEAPC-groupe BPCE), dont Jean-François Paillissé est le président du directoire, a pris un tour original symboliquement fort. A la suite de l'annonce des chiffres 2016 Jean-François Paillissé a ainsi annoncé la création par la CEAPC de Néobusiness, une toute nouvelle offre qui s'appuie sur un dispositif ciblé dans l'accompagnement des startups d'Aquitaine et Poitou-Charentes.

Cette annonce s'est concrétisée par la signature d'un contrat de partenariat avec Héméra, l'accélérateur de startups cofondé à Bordeaux par Julien Parrou, figure iconique de la French Tech Bordeaux, créateur et dirigeant de Concoursmania. A cette occasion le patron de la CEAPC a annoncé que sa caisse abondait à hauteur de 300.000 € la levée de fonds de 2 M€ qu'est en train de réaliser Héméra. Patrick Dufour, membre du directoire de la CEAPC en charge de la Banque de développement régional de la caisse et signataire de cet accord de partenariat, a expliqué les raisons du rapprochement.

Une offre spécifique pour les startups

"Dans le cadre de Néobusiness nous voulons faire avec les startups, et pas à côté. Notre approche consiste à partir des besoins des startups, avec la mise en place de circuits de prise de décision aussi courts que possible, avec une forte réactivité, des réponses ciblées", a cadré Patrick Dufour.

La CEAPC privilégie deux axes de développement pour les startups : une offre de service à l'international et une autre en opérations de haut de bilan.

"Nous déployons notre action à partir de quatre briques : expertise, offre, partenariat, processus. Nous avons formé deux chargés d'affaires experts dans les startups en Gironde. Notre approche est néanmoins transversale et nous avons aussi des experts startups à la direction des risques ou au marketing. Pour construire notre offre Néobusiness et répondre aux attentes des startups nous avions besoin de "sachants", d'où la signature de contrats de partenariats avec les technopôles Bordeaux Technowest, Bordeaux Unitec et l'accélérateur Héméra", éclaire Patrick Dufour.

C'est ainsi que la CEAPC a également mis 100.000 € dans la corbeille de son contrat de partenariat avec le technopôle Bordeaux Technowest.

3,7 Md€ de crédits accordés

Cette immersion de la CEAPC dans le monde la French Tech a été conçue pendant une année 2016 qui n'a pas été très favorable aux banques, a jugé Jean-François Paillissé, en particulier à cause de taux d'intérêts faibles et d'une croissance molle.

"Les taux ont été historiquement bas, quand ils n'étaient pas négatifs. Et puis la réglementation bancaire est devenue de plus en plus dure. Un contexte défavorable qui ne nous a quand même pas empêché d'enregistrer une nouvelle progression", a relevé le président du directoire.

Avec 3,7 Md€ de crédits injectés en 2016 dans l'ensemble des marchés la CEAPC progresse de +6,9 %, maintenant une tendance très bien orientée depuis 2015 où le montant des crédits versés, à 3,5 Md€, avait alors bondit de +26 %. La CEAPC a quand même un peu souffert du contexte défavorable de 2016 puisque son produit net bancaire a légèrement reculé de 2,3 %, à 526,3 M€, tandis que son résultat net restait stable, à 99 M€ (108 M€ en 2015).

"Notre solidité financière est bien établie. Nous avons collecté 95 M€ de parts sociales l'an dernier et le montant de nos capitaux propres est de 2,3 Md€, ce qui nous donne un ratio de solvabilité de 18,6 % (fonds propres sur risques -NDLR) en belle progression. Depuis trois ans nous sommes dans cette dynamique forte", a souligné Jean-François Paillissé.

100 recrutement en CDI cette année

La CEAPC emploie 2.800 salariés et développe une stratégie de proximité combinant services en ligne et maillage physique qui la pousse à recruter. "Notre effectif est stable. Nous avons recruté 126 collaborateurs à durée indéterminée l'an dernier et nous en recruterons 100 en 2017, dans les mêmes conditions", relève Roland Béguet. La banque coopérative maintient la stabilité de l'effectif en remplaçant les départs à la retraite et conserve ses 378 agences qui maillent Aquitaine et Poitou-Charentes. Une stratégie résumée par le sigle RHD, pour réseau humain et digital, qui a donné son nom au plan de redéploiement opéré par la banque.

"Nous devons répondre à l'évolution et aux attentes de la clientèle, qui veut de l'autonomie au quotidien, en passant par la banque en ligne, mais aussi du conseil personnalisé. Le "tout faire soi-même" n'est pas un modèle de développement en France. D'où la nécessité d'avoir une expertise par segments de clientèle, du généraliste à la gestion de fortune", décrypte Thierry Foret, membre du directoire en charge du pôle banque de détail.

Santé, silver economie, énergie verte

Le taux de fréquentation des agences baisse de 10 % par an, mais comme ces visites en réalité ont peu d'impact sur la productivité de la banque, la CEAPC a décidé de développer une stratégie active de prise de contact avec la clientèle. "Nous avons augmenté notre nombre de rendez-vous de 100.000 l'an dernier, soit une hausse de +15 % par rapport à la moyenne habituelle (de l'ordre de 700.000)", observe Thierry Foret, après avoir précisé aussi que depuis janvier 2017 un crédit consommation est contractualisé à distance, puisqu'il est désormais possible de dématérialiser les signatures.

La Banque de développement régional, qui dirige Patrick Dufour, et qui englobe à la CEAPC le marché des clientèles entreprises, collectivités locales, logement social, promotion immobilière, économie sociale et solidaire se porte plutôt bien. La CEAPC dispose par ailleurs de filiales qui ont fait leurs preuves dans les opérations en haut de bilan, comme Expanso Capital (ex société de développement régional indépendante-NDLR), qui a réalisé plus de 2 M€ de prises de participation l'an dernier, mais aussi Helia Conseil, coentreprise spécialisée dans l'ingénierie financière créée l'an dernier par la CEAPC avec la Caisse d'épargne de Bretagne Pays de Loire (CEBPL) à Orvault, près de Nantes.

Helia Conseil, dont le siège se trouve dans les locaux de la CEBPL, devrait injecter "plus de 100 M€ en 2017 dans les secteurs de la santé et de la silver économie et 90 M€ dans le green business, en particulier la production d'énergie alternative", déroule Patrick Dufour. Avec son entrée dans le monde des startups la CEAPC a opéré un virage encore modeste qui pourrait s'avérer déterminant pour son avenir.

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