La CEAPC mise plus de 50 M€ dans sa révolution numérique

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Thierry Foret et Jean-François Paillissé
Thierry Foret et Jean-François Paillissé (Crédits : DR)
La Caisse d’épargne Aquitaine Poitou-Charentes (CEAPC) a lancé hier un programme d’investissement de 50 M€ sur trois ans. Objectif : réussir son virage stratégique vers le numérique dans le cadre du projet "Réseau humain et digital".

Jean-François Paillissé, président du directoire de la CEAPC, à Bordeaux, a officiellement donné hier mercredi le top départ du programme d'investissement de 50 M€ sur trois ans, annoncé à Bordeaux le 31 octobre dernier en présence de François Pérol, président du groupe BPCE (Banque populaire Caisse d'épargne). Ce lancement officiel s'est fait au Rocher de Palmer, à Cenon (banlieue de Bordeaux), où se sont retrouvés les 377 directeurs d'agence de la CEAPC à qui la direction a présenté en détails le nouveau projet d'entreprise "Réseau humain et digital" (RHD).

"Avec ce projet d'entreprise, nous voulons offrir une nouvelle expérience bancaire enrichissante à nos clients dans le domaine digital. Cet investissement dans le digital concerne l'ensemble de notre réseau de 377 agences et va entraîner un développement des compétences de nos collaborateurs. Nous nous donnons trois ans pour déployer la totalité du dispositif", précise Jean-François Paillissé.


Le volet immobilier


La CEAPC compte 2 millions de clients et 2.871 salariés, dont les deux tiers en Aquitaine, pour un produit net bancaire (équivalent du chiffre d'affaires) de 533,8 M€ en 2013 (le bilan 2014 n'est pas encore connu) et un résultat net de 98,6 M€. Ce tournant vers le digital implique une importante refonte immobilière. "Les 50 M€ d'investissement ne concernent que ce volet immobilier. Car il n'est pas possible de quantifier le montant financier qui va être consacré à la partie purement digitale par la CEAPC, ce volet s'inscrivant dans un programme mutualisé", explique Thierry Foret, membre du directoire, en charge du pôle banque de détail et pilote du projet RHD. Les agences de la banque coopérative vont donc subir une refonte fonctionnelle et décorative, qui devrait aboutir à la création de lieux aux tonalités plus claires et à l'ambiance plus détendue.

Agence Caisse d'épargne Aquitaine Poitou-Charentes

Voilà à quoi devraient ressembler les nouvelles agences (DR)

Jean-François Paillissé le reconnaît volontiers, les agences de la CEAPC en zone rurale "souffrent depuis plusieurs années d'un manque d'investissement", retard qui va être comblé grâce au programme "La carte et le territoire", qui va notamment permettre d'équiper en distributeurs automatiques de billets les 25 agences du réseau qui n'en possédaient pas.


50 millions de connexions


"Le concept "La carte et le territoire" fait la synthèse entre modernité et ancrage territorial. Ces agences seront toutes décorées d'une carte Michelin du secteur accompagnée de photos locales", évoque Thierry Foret. La montée en puissance du numérique répond de son côté à plusieurs impératifs. "Les clients disent "donnez-nous les moyens d'être autonomes via les nouvelles technologies de communication", en contrepartie de quoi nous vous demanderons de nous accompagner sur des opérations lourdes", relève Thierry Foret. L'an dernier, les clients de la CEAPC ont généré 50 millions de connexions. La personnalisation attendue par la clientèle doit notamment se traduire pour eux par un resserrement des liens avec les conseillers. "Tous les liens d'un client avec son conseiller seront personnalisés. Qu'il envoie un mail, un SMS ou qu'il téléphone, le client tombera toujours sur son conseiller", illustre Thierry Foret.


La fréquentation à - 10 % par an


Ce redéploiement digital répond à la montée en puissance des nouvelles technologies de communication : chaque année la fréquentation par la clientèle des agences de la CEAPC baisse de 10 %. Pas question pour autant de fermer des agences.

"Notre réseau a de l'avenir car on dispense du conseil, il faut juste y créer de la valeur ajoutée. Dans les agences de moins de cinq personnes, l'activité guichet aura lieu le matin et le conseil l'après-midi. Dans toutes les autres agences, nous considérons qu'il y a assez de flux", argumente Thierry Foret.

Comme annoncé, le projet RHD passe par une évolution des compétences et les dirigeants de la CEAPC, qui rencontrent ce jeudi matin les syndicats pour en parler en détail, en font un enjeu central.

"Les métiers en agence montent tous d'un cran. Plus personne ne fera simplement de l'accueil et pas de conseil. Au Rocher de Palmer, nous venons d'annoncer 120 promotions", précise Pierre Macé, directeur de la région Estuaire (Libournais) de la CEAPC.


Florence Anquetil au pôle patrimonial


Suppression des affiches papier au profit d'un affichage dynamique (vidéo) et mise à disposition de tablettes numériques pour contractualiser - la caisse régionale en a acheté 2.000 l'an dernier-, par le biais d'une signature électronique du client (exception faite des dossiers d'emprunts immobiliers) : la CEAPC a décidé de réduire au maximum le volume des liasses papier. Dernier gros volet de ce virage stratégique : l'offensive de la CEAPC dans le secteur patrimonial. Pour diriger ce nouveau pôle, la caisse a recruté en début d'année une pointure, Florence Anquetil, qui dirigeait jusque-là Meeschaert gestion privée-Bordeaux et a créé un nouveau métier, celui de responsable clientèle.

"Les clients détenant entre 75.000 et 150.000 € à la CEAPC seront gérés par les responsables clientèle. Nous avons ainsi créé 135 postes par promotion interne. Au-delà de 150.000 €, le dossier passe en gestion privée. Depuis l'an dernier, nous avons lancé une activité de banque privée, dotée d'espaces spécifiques, qui va se déployer à La Rochelle, Bordeaux et Biarritz. Celle de Bordeaux est déjà ouverte et toutes les trois seront inaugurées le 9 juin prochain. En plus des 135 responsables de clientèle, nous avons renforcé l'effectif avec 9 experts. Notre objectif est de récupérer 200 M€ de collecte d'ici trois à cinq ans", détaille Jean-François Paillissé.

Ces initiatives de la CEAPC ont mûri pendant 18 mois avant de se traduire en plan d'action. Ne reste plus qu'à attendre la réponse du marché.

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