Charcuterie Bordelaise, le tribunal de commerce la liquide

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En 2014 Arnaud Chedhomme annonçait la constitution d'un troupeau de 200 brebis, 20 vaches Bazadaises et 20 Blondes d'Aquitaine en zone Natura 2000.
En 2014 Arnaud Chedhomme annonçait la constitution d'un troupeau de 200 brebis, 20 vaches Bazadaises et 20 Blondes d'Aquitaine en zone Natura 2000. (Crédits : DR)
Dans le délibéré rendu hier mercredi le tribunal de commerce de Bordeaux a décidé de la mise en liquidation de la Charcuterie Bordelaise. Suite à l'incendie de l'entreprise, Arnaud Chedhomme a été mis en examen et laissé en liberté sous contrôle judiciaire.

Il se murmurait au tribunal de commerce, dans la matinée d'hier, que les juges consulaires attendraient le dernier moment pour prendre leur décision. Même si les précisions manquent il semble bien qu'ils se soient tenus à une stratégie de ce type puisqu'Arnaud Chedhomme, gérant salarié de la Charcuterie Bordelaise était au tribunal de grande instance de Bordeaux quand la décision consulaire est tombée.

"Il a dix jours à compter d'hier pour faire appel de la liquidation. Mais cet appel ne sera pas suspensif à moins qu'Arnaud Chedhomme ne dépose une demande de suspension", précise-t-on au tribunal de commerce de Bordeaux. La proposition de reprise de la Charcuterie Bordelaise par le groupe agroalimentaire catalan Sudagro, à Saint-Esteve (Pyrénées-Atlantiques), a fait long feu. Etait-ce un coup de bluff pour impressionner les juges consulaires ?

"Nous avons vu un mail qui faisait état de pourparlers entre Arnaud Chedhomme et Sudagro, avec un certain intérêt marqué par le groupe agroalimentaire pour la Charcuterie Bordelaise, mais à quel moment cela s'est-il passé ?, personne ne le sait exactement" resitue la syndicaliste Corinne Lantheaume (CFDT agroalimentaire Gironde).

Prêts à manifester si la liquidation est suspendue

La mise en liquidation de la Charcuterie Bordelaise va en tout cas libérer les 49 salariés qui n'ont toujours pas été payés de leurs salaires de février et mars. Ils étaient jusqu'ici victimes du bras de fer entre l'assureur de l'entreprise, le groupe Axa, qui refusait d'activer la couverture du fonds de perte d'exploitation de la Charcuterie Bordelaise après l'incendie, au motif qu'il lui manquait des pièces comptables essentielles, et Arnaud Chedhomme qui plaidait sa bonne foi.

En l'absence de liquidation, impossible aux salariés de rêver de toucher leurs salaires puisque l'AGS (Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés) ne pouvait être activée, ou même de pouvoir s'inscrire au chômage ! Une situation ubuesque dont les salariés ne veulent plus entendre parler.

"Si Arnaud Chedhomme fait appel de la liquidation et qu'il arriver à suspendre la décision du tribunal de commerce, nous irons manifester pour que la société soit liquidée !", prévient Corinne Lantheaume, parfaitement consciente de l'incongruité apparente d'une telle revendication, qui pourrait toutefois devenir incontournable en cas de nécessité.

Le 26 avril le cas de l'Atelier du boucher sera tranché

Suite à l'incendie qui a détruit la Charcuterie Bordelaise dans la nuit du 16 au 17 février, et comme nous l'avons relaté dans l'article d'hier, le procureur de la République a procédéà l'ouverture d'une information judiciaire à l'encontre d'Arnaud Chedhomme pour "destruction par moyen dangereux" et requis à son encontre un placement en détention provisoire. Le procureur de la République a également ouvert une information judiciaire pour complicité visant un commercial de l'entreprise, et requis à son encontre un placement sous contrôle judiciaire.

Finalement Arnaud Chedhomme a été mis en examen par le juge d'instruction hier mercredi après-midi pour le chef de destruction par moyen dangereux, mais laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Le commercial de l'entreprise a été mis en examen pour complicité, et également laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Par ailleurs Arnaud Chedhomme est également président de la société Atelier du boucher-Garonnaise de viandes, à Bègles (Bordeaux Métropole), qui est en redressement judiciaire depuis le 19 octobre dernier. Sur ce dossier aussi le tribunal de commerce de Bordeaux va devoir trancher et décidera le 26 avril prochain si cette société doit être ou non liquidée.

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