La Charcuterie bordelaise sera-t-elle liquidée ?

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Vue d'un atelier de la Charcuterie bordelaise avant la destruction des 9.000 m2 bâtis de l'entreprise par un incendie en février dernier.
Vue d'un atelier de la Charcuterie bordelaise avant la destruction des 9.000 m2 bâtis de l'entreprise par un incendie en février dernier. (Crédits : DR)
La liquidation de la Charcuterie bordelaise pourrait être décidée demain mercredi par les juges consulaires du tribunal de commerce de Bordeaux. Pourtant une offre de reprise, dont le périmètre n’est pas connu, pourrait être déposée et changer la donne.

Demain mercredi, la Charcuterie bordelaise, à Villenave-d'Ornon (Gironde), fondée en 2000 par Arnaud Chedhomme, fera l'objet d'une audience à huis clos au tribunal de commerce de Bordeaux à l'issue de laquelle l'entreprise risque d'être liquidée. Sans travail depuis le terrible incendie qui a ravagé les locaux de l'entreprise, dans la nuit du 16 au 17 février dernier, les 49 salariés de la Charcuterie bordelaise font face à de graves problèmes. L'assurance, qui doit normalement abonder le fonds de perte d'exploitation pour payer les salaires, refuserait d'agir au motif que les pièces nécessaires à son intervention sont manquantes. Une absence de documents qui serait due à la destruction de l'entreprise par les flammes, plaiderait la direction. Avec des conséquences très graves à la clé pour les salariés.

"Les salaires de février n'ont toujours pas été versés et ceux de janvier payés très en retard. Certains salariés sont tellement abattus qu'ils ont démissionné sans pour autant que ça les aide à payer leurs factures. Avant que les ennuis commencent l'entreprise employait 70 salariés", éclaire un des salariés qui préfère garder l'anonymat.

Les tribulations d'un patron

Placée en redressement judiciaire en 2015, avec un plan de continuation, la Charcuterie bordelaise a dû faire face à la découverte, en décembre de la même année, d'un lot de grattons contaminés par la listéria. Si aucun consommateur n'est tombé malade, cet épisode a valu à Arnaud Chedhomme une condamnation à un an de prison avec sursis et trois ans d'interdiction de gérer une entreprise. Une sentence dont il a fait appel, ce qui a suspendu la sanction. Et puis, comme si le sort s'acharnait désormais sur Arnaud Chedhomme, le 25 janvier 2017 la préfecture de la Gironde ordonnait "l'arrêt immédiat des activités de production et de distribution des produits à base de viandes prêts à être consommés", suite à la détection de la présence de listéria.

Arnaud Chedhomme

Arnaud Chedhomme (DR).

Incroyable mais vrai : Arnaud Chedhomme fait appel de cette décision et obtient gain de cause en février auprès du tribunal administratif de Bordeaux, qui tranche dans le vif en estimant que "les constations opérées par l'administration ne justifiaient pas l'arrêt immédiat de la production sans mise en demeure, les différents travaux ou contrôles pouvant être réalisés très rapidement, rien ne faisant apparaître l'extrême imminence d'un danger pour le public". Cerise sur le gâteau pour Arnaud Chedhomme, la préfecture de la Gironde est condamnée à verser 1.500 € à l'entreprise !

Proposition de reprise déposée ?

C'est après ce dernier épisode sanitaire qu'en février la Charcuterie bordelaise est ravagée par un incendie. En l'absence d'outil de production il n'est pas facile de spéculer sur la décision que vont prendre demain les juges consulaires, sachant qu'il semble exister une offre alternative.

"Depuis plusieurs mois la Charcuterie bordelaise était en contact avec l'entreprise Sudagro, basée dans le Midi, implantée à Toulouse et aussi pas loin de Bordeaux, qui était intéressée pour entrer au capital. Sudagro reprend des entreprises en difficulté pour garder leur savoir-faire. Mais il m'est impossible de vous dire si cette offre sera vraiment déposée demain", observe ce salarié de l'entreprise.

Fondée par Arnaud Chedhomme, la Charcuterie bordelaise avait réussi à faire de son nom une marque parfaitement bien installée dans les rayons de la grande distribution. Ses pâtés ou encore ses boudins, pour ne citer que ces produits, avaient réussi à s'imposer dans un segment de marché moyen/haut de gamme où elle était bien visible. Un succès d'autant plus méritoire que ce marché, où les rillettes voisinent avec les pâtés et les jambons, attire de grandes marques disposant de très gros moyens publicitaires.

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