Gestion de l'eau : les Bassines poitevines déclenchent un coup de grisou

La gestion des ressources en eau n’est pas un long fleuve tranquille mais plutôt un champ de bataille où les affrontements deviennent plus intenses. Ce qui est le cas dans le Marais Poitevin avec un projet qui provoque des fissures sans précédent dans la majorité de Nouvelle-Aquitaine.

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Alain Rousset, président de Nouvelle-Aquitaine doit faire face à la bronca des élus EELV.
Alain Rousset, président de Nouvelle-Aquitaine doit faire face à la bronca des élus EELV. (Crédits : Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine - Françoise Roch.)

Alors que les premières restrictions préfectorales sur l'usage de l'eau ont été prises fin avril dans le département des Deux-Sèvres, à proximité du Marais Poitevin (sous-bassin Aume-Couture), que le collectif "Bassines non merci" s'est mobilisé le 1er mai pour rappeler qu'il ne lâcherait pas l'affaire, après avoir organisé une journée de formation à la désobéissance civile début mars à La-Grève-sur-Mignon (Charente- Maritime), le projet des Bassines reste sur les rails.

Ce projet consiste à créer des retenues qui permettront aux agriculteurs de stocker en hiver l'eau dont ils auront besoin en été pour irriguer leurs cultures. Porté par Coop de l'eau 79, ce plan consistait au départ à créer 19 bassines pour y stocker 8,6 millions de mètres cubes (Mm3) d'eau, pompés à dix mètres de profondeur moyennant 60 M€ d'investissement. Suite à la pression du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, présidé par Alain Rousset (PS), allié de très longue date des écologistes d'EELV (Europe Ecologie Les Verts), qui ne voulait pas participer au financement d'un projet aussi gourmand en eau, Coop de l'eau 79 a revu ses ambitions à la baisse.

Le mea culpa d'une élue de la France Insoumise

La taille du projet a ainsi été ramenée à 16 bassines, pour un prélèvement annuel de 6,8 Mm3 et un investissement de 50 M€, que la Région devrait financer à 25 %, de concert avec l'Agence de l'eau Loire Bretagne et Coop de l'eau 79.

réservoir Passy

Hors des centre-villes la création de retenues d'eau est à la fois un enjeu agricole et environnemental (DR).

Pour arriver à ce résultat, Alain Rousset a multiplié les réunions de concertation. Un travail de fond qui ne l'a pas protégé de la crise politique qui a ensuite frappé sa majorité. Ainsi depuis le 9 mars, et c'est du jamais vu, le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine est poursuivi devant le tribunal administratif par quatre élus EELV : Monique Johnson (Poitou-Charentes), Jean Lissar (Aquitaine), Serge Morin (Deux-Sèvres) et Dominique Normand (Limousin).

Du jamais vu parce qu'Alain Rousset, plusieurs fois élu président d'Aquitaine, a toujours ménagé ses alliés d'EELV. L'onde de choc est assez forte pour avoir provoqué la démission d'une partie de leurs mandats de deux vice-présidents (EELV) de la Région : Nicolas Thierry et Nicolas Gamache. Mais aussi le mea culpa d'une élue France Insoumise de Mauléon (Deux-Sèvres et non Pyrénées-Atlantiques), Elisabeth Jutel, qui a publiquement reconnu fin mars avoir fait une erreur en votant, en décembre 2018, pour le protocole d'accord sur les Bassines porté par Alain Rousset. D'autre part plusieurs communes du périmètre concerné refusent toujours de signer le permis d'aménager, ce qui bloque le début des travaux.

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Au cours des prochains jours, nous publierons notre dossier complet, "Eau, électricité, alimentation : les plans du Grand Bordeaux pour sécuriser sa croissance" paru dans La Tribune Hebdo datée du 5 avril 2019. Il est possible de consulter la version numérique en format pdf ici.

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Commentaires 4
à écrit le 06/11/2020 à 8:54
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les sécheresses et les inondations ne sont pas des fatalités mais le résultat logique d'une très mauvaise gestion des eaux de surface ! La France ne manque pas d'eau, la consommation (potable, industrie et agricole) ne représente que 2.5% des préc...

à écrit le 23/07/2019 à 5:44
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170 000 m3 d’eau distribués en moyenne chaque jour dans la métropole de Bordeaux ( 62 millions de m3 par an ... c'est 40 fois le barrage de Sivens .... ) , cette eau douce repart dans la mer après traitement (on garde les boues toxiques pour les cham...

à écrit le 13/05/2019 à 19:41
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Cet article ne dit pas pourquoi EELV refuse le projet. C'est dommage. Je ne comprends pas les enjeux du coup.

à écrit le 07/05/2019 à 15:42
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Rousset fait de la politique depuis bien trop longtemps maintenant, c'est certainement de bonen foi mais c'est complètement en décalage avec les besoins actuels.

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