Gilets jaunes : comment l’Etat veut aider les entreprises en Nouvelle-Aquitaine

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Une demi-douzaine de comparutions immédiates ont été ordonnées à la suite de l'occupation, des vols et dégradations au péage de Virsac (Gironde -ci-dessus)
Une demi-douzaine de comparutions immédiates ont été ordonnées à la suite de l'occupation, des vols et dégradations au péage de Virsac (Gironde -ci-dessus) (Crédits : Agence Appa)
Demandes de chômage partiel, besoin d’être rassurés sur l’étalement des échéances fiscales et sociales, soutien financier de court terme, renforcement des garanties bancaires offertes par Bpifrance : le programme des aides ouvertes ou bientôt activées au profit des entreprises est copieux.

Alors que la puissance d'impact des perturbations générées par le mouvement des Gilets jaunes sur le tissu socio-économique ne cesse de s'amplifier Isabelle Notter, directrice Nouvelle-Aquitaine de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte), a tenu à éclairer l'éventail des mesures prises pour venir en aide aux entreprises.

"Ces mesures ont été prises à la demande du préfet depuis la semaine dernière, parce que nous sommes l'interlocuteur du monde économique. Dès le 19 novembre nous étions en situation d'alerte, avec la création d'une cellule de suivi au contact des entreprises, des organisations patronales, des chambres consulaires, des fédérations", a déroulé Isabelle Notter le mercredi 5 décembre.

La directrice régionale a ainsi fait savoir que la Direccte était en mesure de traiter en direct et rapidement les demandes d'activité partielle faites par les entreprises, par le biais de ses antennes départementales (les ex directions départementales du travail et de l'emploi). Elle a précisé qu'en Nouvelle-Aquitaine deux départements étaient particulièrement touchés par ces demandes de chômage partiel suite au mouvement des Gilets jaunes : la Gironde, avec 25 demandes sur 69 reçues, et la Dordogne (19), "ensuite ça tombe à 6 dossiers et puis 3..." a observé Isabelle Notter.

Jusqu'à -60 % de chute d'activité

Les entreprises concernées varient énormément en taille, de 4 à 240 salariés pour les grands centres commerciaux. La plus grosse demande vient de Dordogne et il s'agit justement d'un centre commercial dont la directrice régionale n'a pas voulu donner le nom. Mais il est clair que le blocage du rond-point La Cavaille, à Bergerac, qui dessert un hyper Leclerc a eu un impact massif sur les commerces desservis. La banlieue de Bordeaux connaît aussi une situation très tendue au centre commercial Grand Tour, à Sainte-Eulalie (Rive droite), dont un autre hyper Leclerc est la locomotive.

"En général les chiffres d'affaires ont baissé de -25 à -35 % mais c'est vraiment très variable. En fonction des blocages l'activité peut chuter jusqu'à -60 %. Nous n'avons pas de retours des magasins en centre-ville. A Sainte-Eulalie c'est la fréquentation qui a baissé entre-20 et -60 %, à cause des barrages filtrants", évoque Isabelle Notter qui explique manquer de données factuelles mais qui sait que dans certains territoires, comme à Limoges, des commerces voient leur activité fléchir alors qu'ils n'ont connu aucun blocage.

Une des demandes latentes qui se détache des préoccupations exprimées par les organisations patronales et autres fédérations concerne l'étalement des échéances fiscales et sociales.

La bienveillance des banques requise

Pour le moment il n'y a pas grand-chose à faire puisque la prochaine échéance fiscale tombera le 17 décembre a souligné la directrice régionale, mais un examen au cas par cas des demandes est bien au programme. Les ouvertures exceptionnelles le dimanche ne seront pas, comme c'est le cas pour les procédures normales -calées un an avant date-, accordées par le maire mais par le préfet via les antennes départementales de la Direccte. Le gouvernement a demandé aux banques d'être bienveillantes concernant les demandes de financement à court terme. Bpifrance va de son côté devoir faire un effort dans son activité de garantie de prêts bancaires.

Les garanties apportées par la banque publique d'investissement aux banques privées concernant des emprunts accordés à des entreprises mises entre temps en difficulté par le mouvement des Gilets jaunes devraient ainsi passer de 40 % à 70 %. Il est encore un peu tôt pour connaitre avec précision la situation des entreprises qui se retrouvent dans le dur à cause de la fronde sociale, mais la Médiation du crédit (lancée après la crise financière de 2008) fonctionne toujours, même si c'est à régime ralenti, et reste un recours potentiel.

A noter qu'en marge du traitement économique et financier de la fronde sociale des Gilets jaunes, le bureau de la procureure de la République, Marie-Madeleine Alliot, souligne que plusieurs enquêtes diligentées par la section de recherche de la gendarmerie ont, depuis le 5 décembre, abouti à la comparution immédiate d'au moins une demi-douzaine de personnes en correctionnelle pour les chefs de vols par effraction, vols aggravés et dégradations par incendie survenus au péage de Virsac (Gironde) dans la nuit du 19 au 20 novembre.

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