Gilets jaunes : les métallurgistes girondins et landais vont au charbon

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Les Gilets jaunes ce dimanche 18 novembre devant le péage de Virsac, au nord de Bordeaux.
Les Gilets jaunes ce dimanche 18 novembre devant le péage de Virsac, au nord de Bordeaux. (Crédits : Agence Appa)
S’ils comprennent les difficultés d’une partie des manifestants qui protestent en bloquant les routes avec leurs gilets jaunes contre la hausse du prix de l’essence et du gazole, les patrons girondins et landais de la métallurgie, très impliqués dans le suivi et la résolution des problèmes de circulation à Bordeaux Métropole, en appellent à la création immédiate par la préfecture d’une cellule de crise.

En plus de l'asphyxie routière provoquée depuis plusieurs mois par l'accumulation des chantiers, qui sont près de 1.500 sur le territoire de Bordeaux intra-muros, l'activisme des Gilets Jaunes et de leurs barrages routiers plus ou moins filtrants alarme l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Gironde-Landes (G-L). L'organisation patronale demande ainsi au préfet de mettre immédiatement sur pied "une cellule de crise associant les organisations professionnelles déclinées par circonscriptions départementales".

Parce que les métallurgistes estiment que les entreprises sont à la fois sous-informées sur le sujet et menacées dans leur activité à cause des perturbations créées par ce mouvement de protestation. Et ce d'autant plus que l'UIMM G-L s'efforce depuis plusieurs mois de coopérer de façon constructive avec les élus. Nicolas Foucard, directeur du site ArianeGroup du Haillan (Gironde), qui est depuis le 19 octobre le nouveau président de l'UIMM Gironde-Landes, a ainsi suivi avec attention le déroulement le 12 novembre du Grenelle des mobilités de Bordeaux Métropole.

Création d'un groupe "mobilité" à l'UIMM G-L

L'UIMM G-L met en avant trois éléments qu'elle juge marquants de ce Grenelle. Tout d'abord que les modes alternatifs de mobilité et les déplacements doux sont des stratégies "de niches, non substituables à la grande masse des déplacements en voiture et à pied", ensuite que "les espaces périphériques et périurbains restent négligés et sont révélateurs des mobilités orphelines" et enfin que "la question centrale doit être : quel est le projet pour la Métropole" ?

Dans ce cadre d'une projection vers dans l'avenir métropolitain, l'UIMM souligne avec insistance que "pour assurer une transition réaliste et efficiente vers la cité du futur" la question des déplacements urbains et des flux de circulation prend un caractère décisif.

"C'est la raison pour laquelle Nicolas Foucard, indique l'UIMM Gironde-Landes, a souhaité activer un groupe mobilité-circulation-activité économique au sein de l'organisation professionnelle".

Faire un constat des difficultés de circulation, acter les conséquences de ces problèmes sur l'organisation et la compétitivité des entreprises, faire un état des mesures mises en place par les entreprises pour corriger ce qui ne va pas et proposer au conseil de Bordeaux Métropole un ensemble d'actions pour améliorer la situation : tels sont les objectifs de ce groupe.

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Les Gilets jaunes près du péage de Virsac dimanche 18 novembre (Agence Appa)

L'UIMM G-L veut davantage de parcs relais

Les métallurgistes reviennent sur l'impact très négatif qu'ont les chantiers bordelais sur les salariés, qui sont stressés par la perte de temps sur le trajet domicile-travail et dont la vigilance au travail est altérée ou encore sur le coût de revient additionnel qui impacte les activités professionnelles. Les dirigeants de la métallurgie souhaitent ainsi que les chefs d'entreprises soient mieux informés, ils soutiennent notamment la proposition d'Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole, de les associer à une instance de pilotage "pour le suivi concerté de l'aménagement des infrastructures et de la gestion de la mobilité".

Comme la perturbation de la circulation est actuellement forte, l'UIMM G-L réclame un suivi coordonné en temps réel des travaux de voirie, une concertation opérationnelle concernant l'implantation et la localisation de nouveaux parcs relais (où l'on se gare avant d'aller prendre le tram), la création d'un service métropolitain de navettes par minibus aux heures de pointe, ou encore l'ouverture de nouvelles lignes de bus transversales, en particulier entre Saint-Médard et Mérignac. L'UIMM G-L martèle enfin sa volonté de voir immédiatement relancée l'étude sur le grand contournement de Bordeaux. Un projet qui a en son temps suscité une très vive opposition des habitants, qui selon le patronat mais aussi de nombreux élus avaient été sciemment intoxiqués par les services de l'Etat. Pour l'UIMM G-L c'est l'abandon de ce projet il y a une dizaine d'années qui a provoqué les problèmes de circulation que connait aujourd'hui Bordeaux.

Gilets jaunes moto

Des Gilets jaunes à moto sur la rocade de Bordeaux (Agence Appa)

Gilets jaunes : une accalmie jusqu'à samedi ?

Dans ce cadre des mobilités, les patrons de la métallurgie restent plutôt mesurés vis-à-vis du mouvement des « Gilets Jaunes ». Ils admettent tout d'abord qu'une partie des manifestants exprime de vraies difficultés liées aux surcoûts dus en particulier à l'éloignement domicile-lieu de travail. Des tensions attisées à Bordeaux Métropole par la forte hausse des prix sur le marché immobilier. Avant de condamner l'entrave que génère ce mouvement au bon fonctionnement des entreprises, qui menace l'emploi de salariés déjà impactés par la hausse du prix des carburants. L'UIMM G-L condamne "les exactions" commises, ainsi que le fait de "bloquer" ou "saboter" l'économie.

Puis l'organisation lance un avertissement sans frais aux structures politiques ou syndicales qui seraient enclines "à instrumentaliser, noyauter ou récupérer des détresses individuelles". Car à ce moment-là ces structures prendront "de lourdes responsabilités" devant le pays et son économie. L'impact des Gilets jaunes, qui est resté important jusqu'à mercredi près de Bordeaux, semble avoir été maximal ce lundi soir, quand pont d'Aquitaine, péage de Virsac (axe Bordeaux-Paris) mais aussi pont Chaba-Delmas, aux Bassins à flot, et rocade sud ont été paralysés, entrainant d'énormes perturbations à Bordeaux et dans de nombreuses communes métropolitaines.

Ce jeudi matin aucun point de barrage proche de la Métropole ne vient jouer la cerise sur le gâteau des déjà très fortes perturbations quotidiennes. Mais la crainte de vivre une nouvelle séquence chaotique, ce week-end, est dans toutes les têtes.

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Commentaires
a écrit le 23/11/2018 à 10:32 :
Il est desormais inevitable que ce conflit ne degenere. Micron droit dans ses pompes est dans de sales draps. Quoiqu'il fasse il est cuit.

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