Meshroom VR lève 1,5 M€ pour accélérer dans la visualisation 3D

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L'outil de visualisation 3D de Meshroom VR est très facile à prendre en main
L'outil de visualisation 3D de Meshroom VR est très facile à prendre en main (Crédits : La Tribune / Mikaël Lozano)
Meshroom VR s'est spécialisée dans le rendu 3D en temps réel et propose un logiciel très facile à prendre en main qui a déjà séduit Schneider, Decathlon, Michelin... La startup bordelaise vient de boucler un tour de table de 1,5 million d'euros pour s'imposer comme leader de la visualisation 3D dans l'industrie. Son fondateur André Doumenc explique à La Tribune sa stratégie.

Meshroom a passé l'été dans des locaux nichés sous les toits près de la place de la Victoire à Bordeaux. Mais ces bureaux, qui appartiennent à la structure qui l'accompagne dans son éclosion, Unitec, devraient rapidement s'avérer trop petits car la pépite a besoin d'un peu plus d'espace pour grandir. "Nous avons fait nos preuves avec une soixantaine de clients actifs dont Schneider, Decathlon, Michelin, Harley Davidson, énumère son fondateur André Doumenc. Assez rapidement, une quinzaine de comptes supplémentaires vont suivre et prévoient de déployer chacun de nombreuses licences. Nous sommes devenus une référence sur la visualisation 3D en temps réel, il est donc temps d'étoffer l'équipe. Nous cherchons donc des commerciaux, des spécialistes du marketing digital, des démonstrateurs 3D..."

La startup devrait s'appuyer sur un effectif d'une quinzaine de personnes d'ici la fin de l'année. La levée de fonds de 1,5 M€ qui vient d'être bouclée par la startup servira précisément à cela : embaucher rapidement pour avoir les ressources nécessaires face à la demande clients. Les fonds Aquiti, Irdi et Fa Dièse y ont participé.

La priorité de la jeune pousse est de réussir à imposer, en France en priorité, son logiciel de visualisation 3D en temps réel dans le monde de l'industrie. La startup a mis au point un moteur de rendu qui, couplé ou non à un casque de réalité virtuelle (VR), permet d'examiner et de modifier à la volée un projet à l'échelle un. La bibliothèque de matériaux, déjà bien fournie, peut être enrichie en quelques clics, à l'aide d'une simple photo de matériau réalisée avec son smartphone par exemple. L'ensemble permet de valider des projets 3D en s'affranchissant du prototypage toujours coûteux et fastidieux. Le fil conducteur est maintenant d'aller au-delà des grands comptes et de proposer cette technologie aux PME industrielles.

Simplifier au maximum l'usage de la 3D

"Les gens commencent à prendre la réalité virtuelle au sérieux, analyse André Doumenc. Les grands groupes ont eu le temps désormais de faire une solide étude de marché. Cette technologie est considérée comme utile, on est donc dans une phase de passage à l'échelle au sein des entreprises, avec des décisions qui se prennent en comité de direction car la réalité virtuelle induit des changements de process en interne." Meshroom, elle, mise notamment sur sa simplicité d'utilisation : "Notre principal atout est d'avoir réussi à simplifier l'usage de la 3D et de la rendre facilement accessible à des gens qui peuvent l'utiliser sans en être experts, poursuit André Doumenc. La réalité virtuelle à échelle un a un grand avantage, c'est qu'elle met la personne dans une situation où elle décèle facilement les erreurs car elle donne une meilleure perception des volumes par rapport aux photos".

Lire aussi : Meshroom VR, Holoforge et Projet Stars : trois usages différents des réalités virtuelle et augmentée


Les cas d'usage sont multiples : "Le logiciel est utilisé pour la validation des designs, mais aussi pour la conception de lignes de production industrielles. Dans ce cas de figure, elle peut être utilisée autant par le management que par les ouvriers qualifiés. Ces derniers, avec le casque de réalité virtuelle sur la tête, regardent sous toutes les coutures et peuvent repérer tout de suite les erreurs de conception, les éléments bloquants qui vont les empêcher de travailler correctement. Le 3e cas d'usage s'applique au commerce : il s'agit de former les vendeurs aux produits qui ne sont pas encore sortis et d'organiser les rayons en les visualisant." Decathlon notamment utilise ces dernières fonctionnalités.

Comme d'autres, André Doumenc a observé ces derniers mois que "la courbe d'adoption des casques de réalité virtuelle a été plus lente que prévue. Notre entrée sur le marché change donc en cherchant des clients non-VR, mais cette dernière reste au cœur de notre modèle." Le dirigeant mise sur "une croissance raisonnée" :

"Dans l'univers des startups, on défend un modèle un peu atypique au sens où l'on n'a jamais fait de POC (proof of concept, démonstration de faisabilité, NDLR), on a vendu des licences dès le début, ce qui nous a permis d'éviter les fluctuations de chiffre d'affaires qui vont avec et de le voir augmenter au fur et à mesure. On est aussi anti-open innovation... Cette levée nous permet de conserver la majorité du capital et nous donne du temps pour faire nos preuves sur certains points avant de faire un nouveau tour de table dans de meilleures conditions dans 18 mois, dans le cadre d'un marché qui aura mûri, afin de donner un grand coup d'accélérateur."

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Commentaires
a écrit le 27/09/2019 à 12:07 :
Incompréhensible car il y a déjà pléthore de solutions de visualisation de fichiers CAO pour les industriels et les designers sans parler des solutions fournies par les éditeur de logiciels CAO (DS, Autodesk, PTC, Siemens etc ....) qui sont déjà dans le murs de tous ces clients potentiels.
a écrit le 27/09/2019 à 12:06 :
Incompréhensible car il y a déjà pléthore de solutions de visualisation de de fichiers CAO pour les industriels et les designers sans parler des solutions fournis par les éditeur de logiciels CAO (DS, Autodesk, PTC, Siemens etc ....) qui sont déjà dans le murs de tous ces clients potentiels.

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