Avec Legrand la voiture peut vérifier si les lumières de la maison sont éteintes

 |   |  815  mots
Raphaël Coing, directeur de clientèle chez Legrand.
Raphaël Coing, directeur de clientèle chez Legrand. (Crédits : DR-Legrand)
Directeur de clientèle chez Legrand, spécialiste des infrastructures électriques et numériques du bâtiment, seul groupe régional inscrit au CAC 40, Raphaël Coing, arrivé hier soir à Bordeaux, a accepté de répondre aux questions de La Tribune sur les avancées en matière de domotique.

Raphaël Coing devait remettre le prix de l'Ingénierie ce mercredi 14 mars dans le cadre du salon Aquibat qui se tient jusqu'à vendredi au Parc des expositions, à Bordeaux-Lac. Aquibat, qui annonce près de 350 exposants, cible cinq pôles clés de la filière du BTP  (gros œuvre, second œuvre, équipements techniques et nouvelles énergies, gros matériel, services et partenaires) et ouvre ses portes aux startups. Le Village de l'innovation qui leur est consacré n'aborde pas moins de six pôles : des applications numériques aux matériaux et équipements en passant par l'ensemble drone-robotique-cobotique.

Premier groupe consolidé de Nouvelle-Aquitaine, Legrand, à Limoges, est aussi un acteur international de premier plan sur son marché. L'an dernier le groupe limougeaud, dont Gilles Schnepp est le PDG, a ainsi réalisé un chiffre d'affaires de 5,6 Md€, en hausse de +10 % sur un an, pour un résultat net de 711 M€, à +13,2 % !

Raphaël Coing, pourquoi êtes-vous venu remettre le prix de l'Ingénierie ?

"Legrand est un groupe de Nouvelle-Aquitaine et Aquibat un salon qui réfléchit à la construction de demain, en particulier avec les bâtiments connectés. C'est pourquoi nous avons remis ce mercredi le 2ème prix de l'Ingénierie, qui est allé à la société d'ingénierie Enedeis, le 1er ayant récompensé Ertelia. Que ce soit dans le résidentiel, le tertiaire ou l'hôtellerie le bâtiment connecté, intelligent, c'est notre préoccupation. Avec les produits Legrand on arrive à piloter les bâtiments, que ce soit à la voix ou par smartphone. Nous sommes déjà interopérables avec tous les standards mobiles, qu'il s'agisse de Samsung ou Apple, mais également avec les enceintes connectées Echo d'Amazon (qui seront bientôt en vente en France avec leur assistant vocal Alexa - NDLR). Le bâtiment n'échappe plus à l'Internet des objets."

Pouvez-vous nous rappeler quelle est la stature internationale de Legrand ?

"Nous réalisons 900 M€ de chiffre d'affaires en France sur un CA total de 5,6 Md€ réalisé dans 170 pays. Dans chaque pays nous avons quasiment toujours un axe de produits où nous sommes leader, grâce à l'innovation. Nous employons 6.000 salariés en France, dont 1.000 en Nouvelle-Aquitaine, et 37.000 dans le monde. Je tiens tout de même à préciser que nous avons 22 site de production en France."

Vous avez parlé de bâtiment intelligent, quelle forme prend cette connectivité, par exemple dans les hôtels ?

"Se connecter, en France ou à Los Angeles, à sa chambre d'hôtel de la chaîne Marriott, avec laquelle nous travaillons, via son smartphone Samsung, Apple, c'est désormais possible grâce à Legrand. Ces chambres équipées (notamment d'enceintes connectées Amazon - NDLR) se commandent à la voix et peuvent mettre en œuvre divers scénarios à la demande. Ce qui est très facile quand la chaîne hôtelière connait déjà le client. Avec par exemple un scénario travail, qui va envoyer un certain type de lumière, mais aussi de musique, etc. Quand le client arrive dans sa chambre, tout est prêt pour l'aider à travailler. Plus largement il est possible de commander à la voix sa télévision, la lumière, la musique qu'on a envie d'entendre ou encore le room service..."

Le schéma est-il le même pour les particuliers ?

"Avec BNP Real Estate nous développons des maisons intelligentes. Quand la personne rentre chez elle, elle peut demander à la maison « Mets-moi la lumière dans la cuisine ». Grâce à l'Internet des objets la personne qui s'en va de son domicile peut depuis sa voiture demander à la maison de vérifier par exemple si toutes les lumières sont éteintes. A ce moment-là la maison peut répondre qu'il y a une pièce où la lumière est allumée, et demander s'il faut l'éteindre ou pas sachant qu'il n'y a personne."

Que représentent ces nouvelles technologies dans l'activité de Legrand ?

"Legrand travaille sur ce type de sujet depuis environ quatre ans et ces technologies ont généré l'an dernier près de 300 M€ de chiffre d'affaires pour le groupe. Nous investissons plus de 5 % de notre chiffre d'affaires en recherche et développement, soit près de 280 M€ l'an dernier. La gestion de la consommation électrique fait également partie de nos préoccupations et nous multiplions les outils de mesure dans les bâtiments : si je peux mesurer je peux contrôler."

Et les interrupteurs électriques, que deviennent-ils ?

"Nous fabriquons non seulement des interrupteurs en plastique, mais aussi en or ou en platine, pour les clients fortunés. Dans ce domaine le changement se voit surtout avec l'arrivée d'une nouvelle génération d'interrupteurs que l'on peut poser quasiment où l'on veut dans une pièce. Il suffit de préparer le bâtiment au préalable. Ces interrupteurs utilisent une technologie de communication par fréquence radio. Nous allons de l'électrique au connecté."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :