Meet2Win, un Meetic sous le signe du cancer

 |   |  664  mots
Contre le cancer, la recherche aussi doit jouer contre la montre... Matwin et Meet2Win sont là pour ça.
Contre le cancer, la recherche aussi doit jouer contre la montre... Matwin et Meet2Win sont là pour ça. (Crédits : iStock)
Créé en 2009 à Bordeaux, par le Cancéropole Grand Sud-Ouest, le programme Matwin d’accélération de l’innovation en matière d’oncologie dispose, depuis 2015, d’un nouvel outil : une convention d’affaires dédiée aux rencontres entre chercheurs, financiers et big pharma : Meet2Win. Sa deuxième édition vient de se dérouler à Bordeaux.

En 2009, Matwin (Maturation & Accelerating Translation With Industry), initié par le Cancéropole Grand Sud-Ouest, la Caisse des Dépôts et le professeur bordelais Josy Reiffers, aujourd'hui disparu, a pour vocation première d'identifier et accompagner des projets en oncologie afin d'accélérer le transfert de la recherche académique vers l'industrie pharmaceutique. Plateforme de partenariat public privé unique en Europe, dont les capitaux sont désormais détenus par le seul groupe Unicancer (qui rassemble l'ensemble des Centres de Lutte Contre le Cancer français), Matwin et son board mondial, qui réunit des chercheurus académiques et des acteurs mondiaux de l'industrie (le top management de 12 (1) des 15 big pharma que compte le monde), planche sur des projets innovants portés par des chercheurs académiques, des cliniciens dont les découvertes en oncologie sont parvenues au stade du dépôt de brevet. Dans les faits, donc, Matwin se positionne comme l'animateur d'un écosystème médical au service de la cancérologie. A ce jour, selon Matwin, 20 startups ont vu le jour, accompagnées par ce programme.
Une plateforme qui ne distribue pas d'argent... du moins pas encore.

"Nous aimerions bien pouvoir rapidement attirer des fonds d'investissement susceptibles de développer les projets. Nous nous sommes récemment rapprochés du Pierre Fabre Fund for Innovation qui a bien vu la synergie de nos actions ", confie Lucia Robert, directrice de Matwin.

Matwin ne fait pas gagner d'argent... mais du temps

"En attendant, Matwin ne distribue pas d'argent... mais fait beaucoup plus en faisant gagner beaucoup de temps aux projets innovants en matière de lutte contre le cancer", poursuit Lucia Robert qui ajoute : "Nous rapprochons les acteurs, les structures de valorisation, les startups... pour accélérer dès son stade le plus précoce la recherche et, de fait, en bout de chaîne, son aboutissement."

On aimerait aussi qu'il puisse accélérer la baisse des prix des traitements... mais ce n'est hélas pas la vocation de Matwin.
Ce n'est pas non plus, le rôle de Meet2Win, qui depuis deux ans, a permis à Matwin de franchir un nouveau cap en matière d'accélération de projets. Meet2Win est, depuis sa création en 2015 par Matwin, l'unique convention d'affaires française rassemblant les acteurs de l'innovation en oncologie, les industriels, investisseurs, chercheurs... pour favoriser l'accroissement du nombre de projets de R&D public/privé.

Meet2Win : 85 % des rendez-vous fructueux ?

L'an dernier la 1re édition avait rassemblé 130 participants. L'édition actuelle mobilise 200 personnes, 400 rendez-vous d'affaires sont programmés entre le monde académique et l'industrie.

"Le Meet2Win de Bordeaux est un succès. A l'issue de la 1re édition, nous avons sondé les participants. 85 % nous ont assuré que les rencontres allaient déboucher sur des avancées significatives pour leurs projets", souligne Lucia Robert.

Pendant que les chercheurs et porteurs de projets se rencontrent et se rapprochent, pour accélérer leurs innovations en matière de lutte contre le cancer, d'autres profitent de cette convention pour passer leurs projets au crible du board de Matwin, qui s'est déroulé à Bordeaux en marge de Meet2Win. Cette année, 7 dossiers au fort potentiel de développement, pouvant ouvrir la voie à de nouvelles solutions thérapeutiques, ou diagnostiques, ont tenté de décrocher le label qui voient les grands acteurs industriels s'intéresser et suivre leurs travaux. Parmi eux, deux projets bordelais, dont un est  porté par le professeur Christophe Grosset (Inserm - Bordeaux) concernant un cancer (carcinome hépatocellulaire) qui tue 800.000 personnes par an dans le monde et pour lequel il n'existe aucun traitement curatif. Le professeur Jean-Jacques Toulmé (Inserm également) porte le second projet bordelaise autour du développement biotechnologique d'aptamères (qui constituent une alternative validée aux anticorps monoclonaux et présentent des avantages uniques pour leur manipulation, leur production et leur coût).

(1) Amgen, AstraZeneca, Bayer Healthcare, Bristol-Myers Squibb, Celgene, GlaxoSmithKline, Janssen, Novartis, Pfizer, Pierre Fabre, Roche, Sanofi)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :