Lutte contre le cancer : Matwin, plus court chemin entre l’idée et l’espoir ?

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Président de la fédération Unicancer, directeur de l'Institut Bergonié (Bordeaux), le professeur Josy Rieffers est le président de Matwin depuis sa création.
Président de la fédération Unicancer, directeur de l'Institut Bergonié (Bordeaux), le professeur Josy Rieffers est le président de Matwin depuis sa création. (Crédits : Matwin)
Diminuer les délais entre la découverte du chercheur et la mise sur le marché, suite à un transfert industriel, d’un traitement pour le patient atteint d’un cancer : telle est la raison d’être de Matwin, programme initié, à Bordeaux, en 2009, devenu national en 2012 mais dont la portée est aujourd’hui mondiale.

Le programme Matwin (Maturation & accelerating translation with industry), programme national de sourcing et d'accompagnement à la maturation de projets en oncologie, a pour vocation première d'identifier et d'accompagner des projets en oncologie afin d'accélérer le transfert de la recherche académique vers l'industrie pharmaceutique. Créé en 2009 par le Cancéropôle du Grand Sud-Ouest et présidée par le professeur bordelais Josy Reiffers, qui a initié sa création, Matwin est une plateforme de partenariat public-privé unique en Europe, dont les capitaux sont détenus par le Cancéropôle du Grand Sud-Ouest et la Caisse des Dépôts en Consignations.

Sept projets ont fait l'objet d'une déclaration d'intérêt industriel

Les 24 et 25 mai, à Bordeaux, son board mondial, réunissant des chercheurs académiques et des acteurs mondiaux de l'industrie pharmaceutique (le laboratoire français Pierre Fabre et l'allemand Bayer Healthcare viennent tout juste de rejoindre ce board où les plus grands groupes pharmaceutiques sont présents) a planché sur six projets innovants portés par des chercheurs académiques, des cliniciens dont les découvertes en oncologie sont parvenus au stade du dépôt de brevet. "Depuis 2008, 37 projets ont été soumis par Matwin à ce board" assure Lucia Robert, directrice de Matwin. "19 ont été auditionnés et sept ont bénéficié d'une déclaration d'intérêt industriel. Deux sont en cours de maturation et cinq ont motivé la création d'entreprises start-up."

En 2011, le laboratoire Roche a décidé de porter un de ses projets qui concerne le traitement du cancer du pancréas.

"Dans le domaine de la recherche médicale, les délais sont énormes entre les découvertes et leurs applications. Matwin en intervenant entre les académiques et les industriels, contribue à réduire les délais", explique sa directrice.

Ouverture vers de nouveaux acteurs

Si Matwin a d'abord ciblé les grands laboratoires mondiaux pour composer le board qui examine les dossiers innovants, le programme va, dans les mois qui viennent, s'ouvrir aux petits laboratoires du secteur, aux acteurs des biotech et même aux start-up. "Il y a des projets qui ne sont pas dimensionnés pour des grands groupes, par contre, certaines petites structures peuvent identifier des projets à leur portée… qui susciteront ensuite, pourquoi pas, l'intérêt des grands acteurs", explique Lucia Robert.

Plus que jamais, si Matwin, qui n'apporte pas de financement, se positionne comme l'animateur d'un écosystème médical au service de la cancérologie, le programme s'affiche clairement comme un guichet unique favorisant les collaborations précoces entre recherche et innovation.
Et tout le monde sait qu'en matière de cancer, le temps gagné est un allié de l'espoir.

www.matwin.org

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