Refit aux Bassins à flot à Bordeaux : le dossier débloqué ?

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Christophe Masson, président du directoire du Grand Port maritime de Bordeaux
Christophe Masson, président du directoire du Grand Port maritime de Bordeaux (Crédits : Agence Appa)
Après plusieurs mois de bataille, il y a désormais consensus pour développer une activité de refit de yachts et plus largement de réparation de paquebots fluviaux aux Bassins à flot, quartier bordelais en plein développement. C'est ce qu'a annoncé ce matin Christophe Masson, président du directoire du Grand Port maritime de Bordeaux, lors du Petit Déjeuner interactif organisé par La Tribune - Objectif Aquitaine en partenariat avec le Crédit agricole.

Initialement, ça ne semblait pourtant pas bien parti. L'idée d'une activité de refit (réparation - NDLR) de yachts dans les formes de radoub des Bassins à flot n'est pas nouvelle mais elle se heurtait jusque-là à l'opposition des promoteurs immobiliers, des riverains de ce quartier en pleine reconstruction, et de certains élus dont le maire de Bordeaux, Alain Juppé, très circonspect au sujet des nuisances pouvant être générées par cette industrie. Président du directoire du Grand Port maritime de Bordeaux, Christophe Masson, interviewé par Jean-Philippe Déjean, journaliste à La Tribune, a pourtant annoncé ce matin, lors de notre Petit Déjeuner interactif organisé à la Cité mondiale, que le dossier fait désormais consensus et qu'il était en bonne voie.

"L'activité se répartirait sur trois sites. Les plus gros yachts, d'une longueur supérieure à 80 mètres, seraient traités dans la forme de radoub de Bassens. Ceux de 60 à 80 m, notre cœur de cible, seraient réparés et rénovés aux Bassins à flot pour des refits légers, c'est-à-dire nécessitant des travaux à l'intérieur du bateau ou dans la forme elle-même, en-dessous du niveau du sol. Les refits les plus lourds auraient lieu à Bacalan où des terrains sont disponibles. Les compétences locales existent, des entreprises locales sont intéressées mais également des chantiers de renommée internationale."

Tous d'accord ?

Christophe Masson estime également que ce volet réparation doit aller bien plus loin que le traitement des yachts :

"La question se pose pour les paquebots fluviaux. Nous en accueillons 3 cette année, 7 à 9 l'an prochain. Il faut apporter des solutions locales aux compagnies, notamment pour réparer les bateaux en cas d'avarie en période estivale. Nous voulons donc remettre le plus vite possible en état les formes du bassin n°1 des Bassins à flot qui nous permettrait d'assécher les grands paquebots et mener les premiers refits de yachts. Aujourd'hui, toutes les collectivités locales et les promoteurs sont d'accord. Il faut être clair : si on ne remet pas en service ces formes, l'activité paquebots va décroître."

Le président du directoire est également intervenu sur les investissements massifs menés sur les différents terminaux, mais a également partagé ses craintes relatives à la pérennisation des voies ferroviaires de fret, vieillissantes, qui desservent le Grand Port maritime.

"Ce ne sont pas celles qui rapportent le plus à Réseau ferré de France, sourit Christophe Masson. La voie d'Ambès a été fermée la semaine dernière, j'espère pour peu de temps. Nous travaillons avec RFF et les chargeurs pour définir de nouveaux schémas de gestion afin de pérenniser ces voies. Pour se développer, nos filières céréales et granulats en ont besoin. Le montant des travaux nécessaires sur la ligne d'Ambès, la voie ferroviaire de fret la plus circulée du Sud-Ouest et qui dessert plusieurs industries de la presqu'île, est de 35 M€. Si l'on ajoute la ligne Auch - Agen, l'investissement monte à 50 M€."


Le poids économique du Grand port maritime de Bordeaux

7 terminaux
100 km d'estuaire et 200 km de berges à gérer
48 M€ de chiffre d'affaires
9 millions de tonnes : trafic enregistré en 2013, meilleure année depuis dix ans
350 personnes employées par le GPM, plus de 4.000 par les entreprises présentes sur le port. En ajoutant les emplois indirects et induits, 15.000 emplois sont générés par l'activité portuaire.
14 M€ de dépenses par an liées au dragage

Les investissements à mener, la concurrence des autres ports... Retrouvez le compte rendu complet de ce Petit Déjeuner interactif dans le prochain numéro de La Tribune - Objectif Aquitaine, en kiosque le 7 novembre et sur abonnement.

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