L’économie et les embauches vont progresser en Nouvelle-Aquitaine

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Le secteur des transports routiers a maintenu les recrutements en Nouvelle-Aquitaine.
Le secteur des transports routiers a maintenu les recrutements en Nouvelle-Aquitaine. (Crédits : Mikaël Lozano)
La note de conjoncture de la Banque de France tire un bilan très positif de l’activité en Nouvelle-Aquitaine en 2017, dans l’industrie, les services marchands, et même le BTP. Une tendance porteuse qui devrait durer en 2018.

La dernière enquête mensuelle de conjoncture du bureau régional de la Banque de France en Nouvelle-Aquitaine, que dirige Patrick Berger, datée de décembre 2017, montre que l'indicateur du climat des affaires dans l'industrie a connu une forte progression sur un an, pour s'établir à une moyenne de longue période à l'indice 110 (contre près de 100 en décembre 2016). Une tendance positive qui se retrouve aussi au niveau national. L'évolution de cet indicateur mensuel du climat des affaires est encore plus favorablement orientée dans les services marchands puisque sa moyenne de longue période se rapproche de l'indice 120 en Nouvelle-Aquitaine, contre un peu plus de 100 au niveau national.

L'enquête trimestrielle consacrée par la Banque de France au secteur du BTP (Bâtiment Travaux Publics) souligne que la dynamique retrouvée dans le Bâtiment ne s'est pas démentie au 4e trimestre 2017. Le courant d'affaire du second œuvre accélère plus vite que celui du gros œuvre. Si les prix demeurent bas et les marges encore faibles, appels d'offre et devis se multiplient, et les difficultés de recrutement de main d'œuvre qualifiée sont fréquentes. Le bureau régional de la Banque de France de Nouvelle-Aquitaine estime que cette tendance haussière dans le BTP devrait se confirmer au 1er trimestre 2018, les carnets de commandes étant bien étoffés.

Reprise d'activité dans l'aviation

L'activité de l'ensemble des secteurs de l'industrie néo-aquitaine (15,3 % de l'emploi régional total) était orientée à la hausse en décembre dernier en dépit, relève la Banque de France, "d'un repli ponctuel observé dans la construction navale et la filière bois". La demande, qu'elle soit française ou étrangère, ne fléchit pas et les carnets de commandes sont bien remplis. Les cours du cuivre, de l'acier et du bois sont entrainés à la hausse dans le sillage d'une augmentation des prix de l'ensemble des matières premières. Ce qui n'affecte pas l'optimisme des prévisions pour la totalité des segments industriels pendant les prochaines semaines.

Pour être plus précis, la progression de la production industrielle a été légèrement freinée en décembre à cause de raisons purement techniques, comme les opérations de maintenance. La dynamique industrielle est générée par la reprise de la demande dans l'aviation civile (où elle est encore frémissante) et militaire, qui, avec les secteurs pétroliers et automobile, participe à la hausse des affaires dans la fabrication métallique. La chimie est portée par la demande des résines de spécialité, des plastiques, de la parfumerie, tandis que le secteur pharmaceutique profite des pathologies hivernales.

Patrick Berger, directeur régional de la Banque de France en Midi-Pyrénées

Patrick Berger, directeur du service régional de la Banque de France Nouvelle-Aquitaine (DR)

Les capacités de production au plus haut

Si la production de volailles est sous la pression des nouvelles normes de biosécurité, qui pèsent sur les volumes produits, cette activité reprend toutefois de la consistance, estime la note de conjoncture. La bonne jauge des carnets de commande va de pair avec des stocks de produits finis considérés comme tout juste suffisants, ce qui pourrait finir par générer des tensions pendant l'année. Avec un taux d'utilisation des capacités de production proche de 80 % un point haut a été atteint dans l'industrie et, selon les secteurs, l'appareil productif donne des signes de surchauffe qui peuvent provoquer des pannes et des opérations de maintenance.

Le nombre de chefs d'entreprise désireux d'investir augmente mais la circonspection domine encore les esprits, dans l'attente de signes de reprise encore plus tangibles. Après une année 2017 en hausse continue, le secteur des services marchands, qui regroupe 18,1 % de l'emploi régional total, fait une pause en fin d'année, relève la note de la Banque de France, même si transports de marchandises et travail temporaire restent très actifs. Les difficultés d'embauches de personnels qualifiés perdurent, ce qui n'empêche pas les effectifs de progresser et les opérations de recrutement d'être envisagées en 2018.

Créations d'emplois en vue dans le BTP

Les segments de marché qui ont le plus ralenti en décembre, à cause d'un tassement de la demande, sont l'hôtellerie, la réparation automobile et les services informatiques. En décembre des recrutements continuent d'être réalisés malgré les difficultés, en particulier dans la réparation automobile et les transports routiers. Des intentions d'embauches sont évoquées dans les activités informatiques et plus ponctuellement l'hôtellerie. Le secteur du BTP (8,7 % de l'emploi régional total) reste bien orienté au 4ème trimestre 2017 et le bureau régional de la Banque de France observe que "les signaux d'une reprise durable, modérée dans l'ensemble, semblent se confirmer".

La reprise enregistrée dans le gros œuvre (murs, poutres, planchers...), très nette sur an, augure d'une tendance qui devrait être durable, décèle la note de conjoncture. L'orientation graduelle des devis à la hausse permet d'absorber une partie de la montée des coûts des matières premières et de préserver les marges. Le 1er trimestre 2018 devrait être marqué par une progression de l'activité et des emplois dans le gros œuvre. Le second œuvre (toiture, fenêtres, escaliers, électricité...) a connu une hausse d'activité au 4ème trimestre grâce à une demande privée soutenue, tandis que les commandes publiques reprennent plus faiblement en Nouvelle-Aquitaine que dans les autres régions. Les carnets de commande sont bien orientés et les professionnels tablent sur une hausse de la production en 2018.

Très affaibli par le recul de la commande publique, le secteur des travaux publics est reparti à la hausse depuis plusieurs trimestres, rappelle la Banque de France, qui précise que cette tendance positive s'est poursuivie en fin d'année. Néanmoins "la commande publique demeure hétérogène sur le territoire et contribue au maintien de prix bas ". La bonne tenue des carnets de commande devrait se traduire par une nouvelle hausse d'activité et de créations d'emplois en 2018, pronostique la note de conjoncture, qui dresse finalement un bilan positif de l'évolution économique en Nouvelle-Aquitaine.

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